‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 4)Chapitre 152 sur 157 · RICHELIEU VIENT AU LOUVRE · texte numérisé non relu

RICHELIEU VIENT AU LOUVRE

Luçon était chez un de ses amis, recteur de Sorbonne, où la nouvelle fut apportée par un autre sorboniste qui venait du Palais. 11 dit lui-même qu'il fut surpris et qu'il n'avait pas prévu que ceux qui étaient auprès du roi eussent assez de force pour machiner uue telle entreprise. Il revint par le Pont-Neuf et apprit, du frère du Père Joseph, que le roi Iç faisait chercher. Il se rendit, auparavant , chez la reine , où il trouva Barlnn et Mangot , dans les écuries, très effrayés. On disait que le roi était surtout excité contre Barbin, Il fut décidé que Luçon, évêque et moins compromis, irait devant. Gagnant donc la galerie du Louvre, il vit le roi, monté sur un billard, au milieu de toute la cour très échauffée et multipliant , à grand bruit, les protestations de fidélité.

Le roi distingua l'évêque parmi ces porte-épée. Du plus loin qu'il le vit, il l'appela et lui cria : « Eh bien, Luçon! enfin me voilà hors de votre tyrannie. » Sans le laisser répondre, le roi ajouta : « Allez, allez, ôtez-vous d'ici. » Le prudent Luynes, qui était près du roi, intervint. Il donna l'assurance que Luçon avait toujours bien conseillé la reine mère et Concini. L'évêque se sentait sauvé; il parla à son tour et même, si on l'en croit, avec quelque dignité, puisqu'il essaya d'intervenir en faveur de ses collègues, Barbin et Mangot. Mais on ne voulut pas l'entendre. Le roi lui dit seulement de se rendre au Conseil, où déjà s'étaient réunis les ministres nouveaux , qui n'étaient, en somme , que les

cette déposilion du valet de chambre, Desdiguiôres : « La dite dame avoit à son service un nommé Montalte, médecin juif de religion et qui en faisait profession;... depuis sa venue, il vit ladite maréchale changer d'humeur et ne se souciait plus de visiter les églises, même d'oiiir la messe comme elle avait accoutumé... et quitta le confesseur qu'elle avait et ne faisait plus de bien aux Carmes déchaussés... Dit aussi avoir reconnu que, depuis ledit temps, elle devint d'humeur fâcheuse et mélancolique et s'imaginait qu'on la pouvait ensorceler en la regardant fixement et qu'en lisant des lettres, on la pouvait empoisonner... qu'elle s'amusait à faire de petites boulettes de cire qu'elle mettait dans une boette, et puis les mettait dans un coffre. « (f» 58). Un sieur Philippe Dacquin dépose que « ledit Monlallo l'entretenait .«ouvent d'un livre qui se nomme, en langue hébraïque, Cepher Gheissira, qui vaut autant à dire que Livi-e de la création, qui contient les fondemens plus i)articuliers de la cabale hébraïque, qui est proprement la Magie; que, par cette science, le Thalmud et les rabbins croient qu'un homme qui en sait la pratique, peut comme de nouveau créer un homme à sa dévotion, changer ses humeurs et habitudes, s'en faire aimer, de sorte qu'il ne lui puisse rien refuser... u (f° G4). C'est sur ces misères que l'on établit le procès et la condamnation de la pauvre femme. Au fond, on en voulait à sa forlune et les Lujnes avaient hâte de se partager

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