‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 4)Chapitre 22 sur 157 · ULTRAMONTAINS ET GALLICANS · texte numérisé non relu

ULTRAMONTAINS ET GALLICANS

Richelieu s'empara de ces déclarations. Il revint dans la chambre ecclésiastique , disant que « le particulier duquel messieurs de la noblesse se plaignaient s'était fort étendu et expliqué et que , tous ayant témoigné et protesté n'avoir eu mauvaise intention pour offenser messieurs de la noblesse, le différend devait être accommodé. « La querelle fut arrangée, en effet. Mais, de part et d'autre, les esprits étaient aigris, les cœurs blessés, et si les plaies, en apparence, étaient fermées, le virus restait au fond (1).

Cependant nous arrivons au point culminant des délibérations de cette assemblée , au débat de principes où se heurtèrent les opinions des deux seuls partis d'action représentés dans les Etats , le parti papiste et espagnol, le parti politique et gallican. La victoire resta indécise; mais la lutte fut si vive et les opinions soutenues des deux parts, si tranchées que le pays s'éclaira soudain sur ses propres sentiments : ce conflit d'idées eut pour effet d'orienter, pour près de deux siècles, la politique de la France monarchique.

Il s'engagea à propos de la rédaction de l'article T' du cahier du tiers état. Cet ordre et surtout les partisans de Condé avaient compris qu'ils n'avaient de chance de briser l'union redoutable du clergé et de la cour qu'en portant l'attaque sur un point où le clergé et la cour ne pouvaient s'accorder. En agissant ainsi, les meneurs de la campagne voulaient regagner une sorte de popularité et s'assurer le concours ardent de la bourgeoisie, surtout de la bourgeoisie parisienne.

Les hommes de robe en France n'ont jamais aimé Rome. Cette hostilité , née de la concurrence des prétoires , dans les ténèbres de la basoche médiévale , s'était nourrie , à travers les siècles , de toutes les rancunes accumulées par la rivalité des intérêts et des doctrines, par l'alternative des succès et des revers. Elle n'a pas peu contribué à déterminer un des principaux caractères de la politique

(t) Savaron publia, à quelque temps de là, un court Traité de la souveraineté du Roi à messieurs les députés de la noblesse, Pierre Chevalier, 1615, dans lequel, il les invita à obéir au Roi et à défendre sa couronne. Toutes ces querelles se terminaient toujours par un recours à la royauté et par un nouvel accroissement de son pouvoir.

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