FAVEUR DE CONCINI
être versés à roccasion de leur mariage. Ce fut le premier bénéfice de l'association de convoitises et d'intrigues conclue en pleine cour de France par ces deux étrangers (1).
A dater du jour du mariage, la vie devint plus pénible encore dans le ménage royal. Marie de Médicis, lasse de tout, ne se séparait plus de ses confidents : « Elle avait certaines paillasses à terre , où elle se couchait , l'été , durant les chaleurs des aprèsdhiées, avec des habits légers et beaux, et étant ainsi étendue, appuyée sur le coude , montrant ses bras et sa gorge , elle avait des complaignans de cette beauté admirable et admirée de tout le monde , méprisée et délaissée pour les laides et mal faites » (2) . Concini était parmi ces assidus. Henri IV, à son tour, montra de la jalousie. La présence constante de ce bellâtre l'exaspérait. Il faisait des sorties bruyantes, « juroit qu'il la renverroit en Italie avec son Concini ». On dit qu'il avait donné huit jours à l'Italien pour déguerpir, quand il fut lui-même surpris par la mort.
Le roi disparu, les Concini restèrent maîtres de la place. Tous les témoignages concordent pour reconnaître qu'au début ils se tinrent plutôt sur la réserve. Ils ne se sentaient pas encore assez assurés du terrain et ne songeaient qu'à gagner une grande fortune, sans viser à une influence directe sur les affaires. Un contemporain donne la note exacte en ces termes : « Le Concino se maintient dans sa faveur accoutumée , mais plus comme courtisan que comme conseiller intime (3). »
Fontenay-Marcuil nous présente un curieux détail des habitudes de vie de Marie de Médicis, qui permet de préciser exactement le rôle des deux favoris dans l'emploi de ses journées : « Le matin, la reine tenoit une sorte d'audience où la cour avoit accès auprès d'elle. De onze heures à midi, elle recevoit ses ministres et parloit d'affaires avec eux. Après le dîner, elle recevoit encore et par-
(1) Le contrat de mariage a été passé, le 12 juillet 1601, à Saint-Germain-en Laye, par devant M« Ferrant, notaire et tabellion royal. La somme de soixante-dix mille livres n'a été versée que par acompte et M. Charavav a publié, dans la Revue des Documents historiques (t. I, p. 39), un reçu, signé « Léonora Dori » et « Concino », emportant quitus d'une somme de 13.333 écus, faisant le solde définitif de la somme due par la reine aux deux époux.
(2) Extrait des confidences de Sully à BuUion. Vie de Marie de Médicis (t. I, p. 52G).
(3) Dépêche de Mvtteo Botti, du 19 juin 1610, citée par Zeller (p. 54).
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