‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 110 sur 367 · DE THOU AU CHEVET DU CARDINAL · texte numérisé non relu

DE THOU AU CHEVET DU CARDINAL

qui ont affaire à lui. Depuis dix jusques à onze, il travaille. Après cela, il entend sa messe et dîne. Jusques à deux, il s'entretient avec M. le Cardinal Mazarin et d'autres. Depuis deux

jusques à quatre, il travaille et puis il donne audience Il n'a

jamais plus agi qu'il a fait pour l'affaire de Perpignan, qui continue à tenir les esprits merveilleusement en suspens (1). » Il déclare lui-même aux deux secrétaires d'Etat qui ont suivi Louis XIII dans son voyage de retour: « Quatre choses m'ont travaillé l'esprit : la maladie du Roi, le siège de Perpignan, le procès de M. le Grand et mon mal (2). » Et de fait, quelques jours auparavant, il avait mandé auprès de son lit M. de Thou, qui était emprisonné au château de Tarascon, mais l'interrogatoire avait été peu fructueux et Son Eminence avait confié à ses deux correspondants ordinaires : « M. de Thou a suivi le style de tous les criminels, niant tout absolument (3). »

Le mardi 15 août 1642, il leur annonça : « Après avoir fait tout ce que je puis pour le service de Perpignan, quoique je ne sois pas guéri, je me suis résolu de partir dimanche et de gagner Valence par le Rhône. J'emmènerai M. de Thou avec moi, et ferai partir, cinq ou six jours après, M. le Grand, avec la cavalerie qui a amené M. de Bouillon d'Italie, avec toutes les précautions requises pour une sûreté entière (4). »

Si le cardinal estimait que la « pièce décisive de cette campagne était Perpignan (5) », il ne se désintéressait nullement de ce qui se passait en Lorraine et en Alsace, où le duc Charles « faisoit le mauvais (6) », où l'on craignait qu'il n'assiégeât Saverne et Haguenau. Le comte du Hallier, qui avait reçu l'ordre de l'arrêter, était contraint de lui faire la guerre.

Richelieu, avait écrit à Chavigny et à Noyers, le 30 juillet : « Si La Mothe peut tomber cet hiver, c'est toujours une nouvelle épine arrachée de la Lorraine, qui doit être considérée comme un membre

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VII, page 69, note.

(2) Ibidem, page 63.

(3) Ibidem, page 17.

(4) Ibidem, page 93.

(5) Ibidem, page 64.

(6) Ibidem, page 85.

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