‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 294 sur 367 · LEMERCIER SO · texte numérisé non relu

LEMERCIER SO

aurait officié, en 1631, à la première messe dite dans l'église, en présence du Roi, de la Reine, de la Cour.

Richelieu connaissait donc très bien Lemercier. Il avait trouvé, en lui, son homme pour le grand projet qui s'était fixé dans son esprit dès l'heure où il arrivait au pouvoir : construire dans Paris, et, d'abord, rebâtir la vieille Sorbonne.

En qualité d'évêque de Luçon, il avait été élu proviseur de Sorbonne, le 29 août 1622, et avait été salué dès lors, par le doyen Roquenant, comme « le bienfaiteur de la maison », « son puissant patron et proviseur », C'est à ce titre que le cardinal, avait pensé à faire restaurer les vieux bâtiments de la Sorbonne et à construire une chapelle en l'honneur de la Divinité.

Les premiers plans lui furent présentés, le 28 juin 1626; il les approuva le 30 juillet, et le gros œuvre fut entamé dès le 18 mars 1627, tant le ministre avait hâte de voir se réaliser sa pieuse pensée. Les premiers projets ne nous sont pas parvenus; on ne peut dire si le dessin de la chapelle, avec la coupole, y figurait déjà.

Ce qui est certain, c'est que le cardinal, tout le long de sa vie, se tint au courant de la marche des travaux qui ne furent pas d'ailleurs, sans être suspendus à certains moments, les entrepreneurs ayant abandonné le chantier au cours de l'année 1631, comme si l'on hésitait avant d'aborder définitivement la construction de la chapelle.

C'est seulement le 3 novembre 1634 que Richelieu passe enfin le marché relatif à ce travail. Lemercier s'y emploie, dès lors, avec ardeur et pousse rondement les entrepreneurs. En septembre 1640, Léonor d'Estampes de Valençay, évêque de Chartres, familier de Richelieu, écrit à celui-ci que la nef est achevée, que le dôme s'élève à dix-huit pieds au-dessus de la corniche et que les deux côtés du dôme sont couverts. Au mois de septembre 1642, quelques semaines avant sa mort, Richelieu écrit à Sublet de Noyers pour que l'on achève le travail et que notamment l'on dégage les vues de la chapelle.

Conformément à sa volonté testamentaire, ses entrailles furent déposées, le 10 décembre 1642, à la chapelle, dans un caveau envisagé derrière le maître-autel, en attendant que le corps prît la

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