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L'ARBITRAGE DE LA FRANCE

risque d’un refus. A la rigueur, on eût pu prêter à certaines des

parties intéressées un appui limité, mais prendre en charge tout le poids du débat, c'était assumer une responsabilité hors de proportion avec l'intérêt réel du pays, avec ses forces, avec l'autorité lont la France disposait en Europe. Prétendre résoudre, d'un seul coup, comme l'indiquait la proposition, toutes les questions pendantes en Italie, c'était compliquer encore l’objet de l'intervention française, et en affaiblir d'avance l'effet utile; c'était rechercher, en un mot, un de ces succès de prestige qui échappent presque toujours à ceux qui les poursuivent.

Richelieu, une fois ses vues arrètées, déploie, 1l faut le recon-.

naître, une grande activité personnelle pour les faire aboutir : Lettres à tous Les ambassadeurs leur expliquant en détail les intentions du roi; efforts pressants à Paris, près du nonce, près de l’ambassadeur d’Espagne, près des ambassadeurs vénitiens pour les déterminer à recommander cette combinaison à leurs gouvernements; missions spéciales à des hommes de confiance se rendant à Madrid (1) et à Vienne pour chercher à convaincre les cabinets rivaux.

Quant à Lesdiguières, dont l'intervention en Piémont a été tout d’abord blâmée par la cour, Richelieu comprend quele coup de tête du vieux huguenot peut lui servir. Le corps d'occupation qui opère dans la haute Italie représente, en somme, le seul instrument efficace dont la France dispose dans une affaire où elle prétend s’arroger le premier rôle. Lucon tient donc en suspens l'approbation ou le désaveu que l’on réclame de la cour de France. Le roi écrit à Béthune : « Monsieur, J'ai vu, par votre lettre du 29 décembre, la peine en laquelle vous êtes pour ne savoir comment vous devez vous gouverner avec M. Lesdiguières, ayant appris que Leurs Majestés n’agréent son voyage. Je n’ai rien à vous dire là-dessus sinon que votre prudence vous y fournira de plus suffisante instruction que ce qu'on vous en pourroit donner. Quant audit sieur Lesdiguières, 7e ne sais pas ce qu'il fera en pays où il va; mais d’une chose suis-je bien assuré, que Sa Majesté saët bien ce qu’il doit faire, étant certain que tant s’en faut qu’elle ait approuvé

(1) Il fut question d'envoyer le marquis de Richelieu en Espagne, puis Marillac, puis La Rochefoucauld. Ambass. Vénit. (vol. 1770, f° 234).

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