TRIOMPHE DES IDÉES GALLICANES
voulu pousser plus loin et traquer les ministres jusque dans le silence où ils abritaient leurs hésitations. Les plus sages conseillèrent de s’en tenir là, et leur voix fut écoutée. Le clergé remporta ainsi officiellement la victoire. Le tiers dut se contenter du succès quil obtenait auprès de l'opinion.
Ce succès fut grand. L'article, en effet, avait proclamé Ia doctrine du droit divin avec son corse la puissance absolue des rois. Dans un esprit d'autonomie ombrageuse et de méfiance à l'égard des influences extérieures, la nation donnait au pouvoir qui la représentait une force dont il pouvait se servir contre ellemème. Ainsi que l’observe l'historien de Richer, si l’article du tiers ne fut pas inscrit parmi les lois fondamentales du royaume, il fut gravé désormais dans le cœur de tous les Francais et, par le triomphe des idées gallicanes, les maximes qu'il contenait devinrent, pour le pays, pour la royauté, pour le clergé luimême, la pierre de touche du patriotisme et de la fidélité au service du prince.
Au cours de cette discussion importante, le clergé avait montré un esprit de décision et une vigueur qui indiquaient la confiance qu’il avait en ses forces. Il:se sentait maitre de la cour et ses ambitions ne connaissaient plus de bornes. On le vit bien à la facon dont il traita d’autres questions brülantes, notamment celles qui touchaient à la situation financière du royaume. Il se prononça nettement pour une sérieuse revision des dépenses, et il rendit au tiers la monnaie de ses mauvaises dispositions en réclamant avec insistance la suppression de la paulette. L'ordre ecclésiastique fit aussi. un puissant effort pour obtenir l'acceptation du Concile de Trente. Ici encore, 1l suivait avec passion les conseils venus de Rome; mais il dépassait les sentiments d’un certain nombre de prélats et il heurt{ait l'opinion de la majorité influente du pays. |
Parmi les évêques, il y en eut mème de plus ardents, qui, revenant à l'attitude prise dès le début, parurent vouloir s'emparer, de haute lutte, d’une autorité qui s'était bien affaiblie dans les
été gagnés ou par des présents ou par des promesses ne firent plus de résistance. Mais qu'y gagna-t-on? On dissimula les véritables intérêts du Roi et on les abandonna. » (T. X, p. 602.)