‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 316 sur 479 · MAXIMILIEN DE BAVIÈRE · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN DE BAVIÈRE

un engagement écrit de son sang et qu'il portait toujours sur lui, voué à la Vierge. Ses mœurs étaient pures; il n’aimait guère, sur terre, que les affaires, les fleurs et la chasse. Dans toute la force du terme, un homme d'action; instruit, de jugement prompt, il était excellent au conseil, excellent à la guerre; écoutant, consultant, mais se décidant par lui-même. Comme sa famille et comme la Bavière tout entière, il restait fermement attaché au catholicisme; cependant, il était toujours disposé à accueillir les ouvertures d’où qu'elles vinssent et cherchait des voies diverses pour arriver à ses fins qui étaient immuables : en cela, digne élève des Jésuites (1).

Tout l'effort du protestantisme n'en consista pas moins à essayer de le séparer des Habsbourg, par l’alléchante tentation de la couronne impériale. Il n’était pas électeur ; mais son frère, l'électeur de Cologne, lui eût donné sa voix. Si, en outre, les trois électeurs protestants votaient pour lui, l'élection était faite. IL est vrai qu'il était Le propre beau-frère de Ferdinand de Styrie. On eüt passé outre. Mais — et c'était là le principal — ses desseins et ses ambitions étaient ailleurs.

Il ne se nourrissait pas de fumée. Avec son camarade Tilly, qui n'était pas non plus un songe-creux, il armait et se tenait prêt pour intervenir, au besoin, dans les mouvements quil était facile de prévoir. En 1609, 1l s'était mis à la tète de la Lique catholique allemande constituée spécialement pour défendre le catholicisme contre l'Union protestante. Ainsi, il était exactement à l’opposite de son voisin, le comte palatin. Or, celui-ci, suivant l’idée de détruire l’unité du parti catholique, ne cessait de le harceler pourlui offrir la couronne impériale. Maximilien accueillait d’un sourire le bouillant jeune homme et le laissait dire, pensant, à part soi, que la dignité électorale de Frédéric V et même tout ou partie du Palatinat feraient parfaitement son affaire. Ainsi, tandis que le Palatin s'employait si activement à le faire élire empereur, il ne songeait qu’à dépouiller le Palatin. Jamais le chat n’a joué plus froidement avec la souris.

(1) Sur Maximilien de Bavière, consulter ScureiBer, Maximilian I der Kalholische. und der dreissigjährige Krieg, Munich, 1868, in-8°.

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