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LES VIOLENTS DU PARTI

tions, avec modération et respect pour obtenir quelque adoucissement ».

Ces «enragés », ces « loups-garous », il les énumère. C’est, à Montauban, Chamier, « accrédité factieux », et Berault, « quinese pesoit pas ». Dans le Haut-Languedoc, c’est Voisins et Baulx, « fusils, allumettes de guerres, instruments très pernicieux de faction, auteurs de grands malheurs tombés sur les pauvres églises, principaux organes de leur ruine et désolation ». Il incrimine aussi le député de la noblesse, Fabas, « extrêmement intéressé dans ses affaires », et d’une vaste ambition, qui compromit la cause dans les plus dangereuses intrigues.

Un autre sage, parmi les Réformés, parle des mêmes hommes avec la même sévérité : « Je ne sais quelle conscience et religion peuvent avoir tant de pasteurs que nous avons qui, au lieu de détourner les peuples de tant d’imaginaires appréhensions qu'on leur donne sous mille faux prétextes, les y portent avec fureur. Sans ceux-là, véritablement, les gens de guerre auroiïent fort peu de

pouvoir. Dieu veuille inspirer chacun au bien (1)! »

De tous les grands seigneurs du parti, un seul pousse les Églises réformées à la lutte : c’est La Force. Mais 1l s’agit de sa propre cause : il était furieux de la disgràce de son fils, Montpouillan ; il craignait de perdre touteinfluence sur ses coreligionnaires du Béarn. Et, surtout, se tenant très exactement au courant de tout ce que tramait le parti des Grands et de la reine mère, il pensait que l’autorité du Roï étaitaffaiblie pour longtemps et qu'elle étaitimpuissante

(1) Bourrarp DE Mapiane (p. 11). — Cfr. lettre d'un autre réformé du temps, publiée d’après les archives de Lacger \ibid., p. 14, note), et Levassor (t. 11, p. 282). — Voici sur le parti, en 1614, l'opinion du vieux Sully : « Quant à ceux de la religion, nul ne saurait dire ce qu'ils feront, tant chacun abonde en son sens; il est hors de leur puissance de prendre une résolution générale, ni de bien ni de mal, qu’il y ait un autre ordre parmi eux; car, autant de têtes, autant d'opinions; et autant de gens de service, autant de présomptueux. Chacun pense mieux valoir que tout autre ». SuLLzy à La Force, 22 fév. 1614. Mémoires de LA Force (t. Il, p. 386). — D'AUBIGNÉ dit que « le baron des Adrets avait quitté le parti, parce que M. l'amiral (Coligny) avait disposé de la guerre par des maximes ministrales et vouloit donner les diseurs pour juges aux faiseurs » (t. I, p. 154.)— OUVRÉ (p. 25.) — Rohan lui-même n’est pas moins sévère. Impatienté par l'opposition des ministres de Nîmes, il leur dit » qu’ils tranchoient tous du Roy, qu'ils étoient des républicains et leurs peuples des séditieux et qu'il aimeroit mieux

conduire un troupeau de loups qu’une troupe de ministres ». Anne RULLMAN, 1"° narration, Cité par ANQUEZ, Nouv. chap. (p. 387).

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