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LA FRANCE ET L’ALLEMAGNE

Maximilien rencontrait, en outre, une opposition plus imprévue et autrement redoutable pour lui, celle de l'Espagne. L'Espagne, à travers ces complications, poursuivait toujours la réalisation du programme qui visait à relier ses possessions d'Italie à ses possessions de Flandre. Or, la constitution, au centre de l’Allemagne, d'un État puissant réunissant à la Bavière la partie la plus riche des États du Palatin, — cet État füt-il catholique, — serait pour elle un obstacle insurmontable. Elle formula donc son veto au transfert de la dignité électorale dans la famille du duc de Bavière. :

Par une singulière coïncidence, elle était, sur ce point particulier, en conformité de vues avec Jacques l°; celui-ci, en elfet, ne cherchait qu’à retarder une échéance fatale pour son gendre, le Palatin. Ainsi, l'Espagne et l'Angleterre se rapprochèrent. Les choses allèrent si loin qu'on crut un instant, de part et d'autre, à la possibilité d’un union entre les deux familles souveraines. Le prince de Galles traversant la France, dans un incognito qui ne trompait personne, se rendit à Madrid pour demander la main de l’infante. Si ce mariage se faisait, la grande puissance catholique et la grande puissance protestante étaient unies et peut-être alliées (1).

Toutes ces circonstances travaillaient à La fois contre la France.

Sa politique cependant restait incertaine, ballottée par les événements. Du temps de Luynes, les actes étaient des fautes. Sous ses successeurs, l’abstention était une faute non moins grave. Les Sillery écoutaient le vent, répondaient par des paroles évasives aux demandes contradictoires des ambassadeurs.

Des déplacements d'influence se produisaient en Allemagne; un nouvel État catholique se constituait à nos portes; les anciens alliés de la Couronne étaient écrasés. La Hollande, de 3 nouveau en guerre avec l'Espagne, sollicitait des secours en

(1) 1 y a une relation très curieuse de l'arrivée du Prince de Gallesà Madrid dans les a: Mémoires et Négociations secrètes de M. ne Rusporr, conseiller d'État de Frédéric V, comte palatin et roi de Bohême. Leipzig, 1789, in-8° (t. I, p. 5). — Voir aussi, sur les difficultés que rencontra le mariage, Aurery, Mémoires de Richelieu, in f (t. J, P. 58). |

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