ROLE DES FEMMES
Dans une cour où une reine commande, où la principale actrice des événements est une favorite, où les Italiens ont apporté leur sens aigu du jeu des passions intérieures, dans ce milieu où des
prêtres au geste doux, et des vieillards aux paroles ouatées, re-:
nouent sans cesse des fils rompus trop souvent par la brutalité des hommes d’action , il n'est pas étonnant que les femmes aient joué un grand rôle. On les admettait, à la suite de la reine mère, dans les réunions où les destinées de l’État se discutaient si futilement,. On s’était étonné, d’abord, de leur présence. On remarquait que cela n'arrive pas dans les autres pays, « où, les femmes étant plus particulières et nourries seulement dans les choses de leur métier, elles en peuvent pas prendre tant de connaissance des affaires pu- :bliques ». Maïs on se consolait en pensant que, laissées au dehors, elles feraient encore plus de mal : « car, étant ordinairement ambitieuses et vaines et ne se trouvant pas assez considérées tant que les choses demeurent dans l’ordre, elles font le plus souvent tout ce qu'elles peuvent pour le troubler » (1).
À partir de février 1616, cette agitation a pour centre la petite ville de Loudun. Tous les princes rebelles s’y étaient réunis ou y avaient envoyé leurs représentants. La cour avait délégué ses ministres et ses hommes d'État: Villeroy, Pontchartrain, le maréchal de Brissac, l’illustre de Thou. Tous les mécontents, tous les ambitieux, tous ceux qui avaient à réclamer, à espérer ou seulement à se plaindre, étaient accourus. Les intermédiaires, les officieux, les donneurs d'avis, les inutiles, Les agités étaient là. On y rencontrait
dû antérieurement épouser Mle de Beaupréau que M. de Retz avait pris pour femme par la suite; aussi Montmorency appelait l’autre, au lieu de duc de Retz, duc de mon reste. Chez la Choisy, on se retrouva rivaux ; mais dans le même ordre à ce qu’il semble ; car Montmorency dit, en parlant à son rival : « Vous êtes accoutumé d'avoir mon reste. » Duel hors des murs : « M. de Montmorency tirant une estocade à M. de Retz pare si fort que l'épée de M. de Montmorency lui tombe ; en même temps, il saisit de la main gauche l’épée de M. de Retz, se jette sur lui et le passe par terre. Ainsi M. de Retz étant dessous, et M. de Montmorency n'ayant point d'épée, comme ils virent qu'ils ne se pouvoient que faire l’un à l’autre, ils s’accordèrent et furent séparer les seconds qui étoient aux prises. Puis M. de Retz baïille son cheval à M. de Montmorency et monte en trousse, et tous vinrent déjeuner à l'hôtel Montmorency et diner à l'hôtel de Retz. » Ainsi, après comme avant, Retz venait toujours par derrière.
(1) Je ne me serais pas permis ces réflexions ; je les emprunte au judicieux FONTENAY- Mareuiz, Mémoires (p. 104).
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