‹ Histoire du Cardinal Pitra, bénédictin de la Congrégation de FranceChapitre 76 sur 91 · S4 HISTOIRE DU CARDINAL PITRA · texte numérisé non relu

S4 HISTOIRE DU CARDINAL PITRA

UUl'âg&e de Dieu, où, par l'exfjresse volonté de WKt divia Fondktaor, deux ordres distincts sont établis de la &ÇIM1 la plut oetto : l'Ëglise enseignante et l'Ëglise ensËignée, leiPastean etle troujjeau, et parmi les pasteurs, l'un d'eatre MX qui 8St pour tonfe le Chef et le Pasteur suprénse. Aux paatonra seuls a Hé donné l'entier pouvoir d'enseigner, de juger, dedirigar; aux fidèles a été imposé le devoir de suivre ces .enseîgnwnent», de su soumettre avec docilité à ces jugements, de se laisser gouvoner, corriger et conduire au salut.

Ainn, il est d'absolue nécessité que les simples fidèles se soumettent d'esprit et de cœur h leurs pasteurs propres, et ceoid avec euxaaCSief et au Pasteur suprême.

De cette subordination, de cette obéissance, dépendent l'ordre et la^vie de l'Eglise. Elle est lu condition indispensable pour fiùre le biea et pour arriver heureusement au port. Si, au contrtire, les simples ndèles s'attribuent l'autorité, s'ils prétendent t'étigtt en juges et en docteurs ; si des inférieurs préArent ou tuitsnt de faire jirévaioir, dans le gouvernement de l'Eglise unlTerselle, une direction dllférente de celle de t'antorit4sqirtaie,c'est, de leur part, renverser l'ordre, porter la confusion dans un grand nombre d'esprits et sortir du droit chemin.

Et il n'est pas nécessaire, pour manquer à un devoir aussi sacré, de faire acte d'opposition ouverte soit aux évéques, soit au chef de l'Eglise ; il suffit de cette opposition qui se fait d'une manière indirecte, d'autant plus dangereuse qu'on cherche davantage à la voiler par des apparences contraires. On manque aussi à ce devoir sacré lorsque, tout en se montrant jaloux du pouvoir et des prérogatives du Souverain Pontife, on ne respecte pas les évéques qui sont en communion avec lui, ou on en interprète défavorablement les actes et les intentions avant tout jugement du Siège Apostolique. C'est également une preuve de soumission peu sincère que d'établir une opposition entre Souverain Pontife et Souverain Pontife. Ceux qui, entre deux directions difTérentes, repoussent celle du présent pour s'en tenir au passé ne font pas preuve d'obéissance envers l'autorité qui a le droit et le devoir de les diriger, et ressemblent sous quelques rapports à ceux qui, après une condamnation, voudraient en appeler au futur concile ou à un Pape miens informé.

Ce qu'il faut tenir sur ce point, c'est donc que dans le gouvernement général de l'Eglise, en dehors des devoirs essentiels du ministère apostolique imposés à tous les Pontifes, il est libre à chacun d'eux de suivre la règle de conduite que, selon les temps et les autres circonstances, il juge la meilleure. En cela il est le seul juge, ayant sur ce point non seulement des lumières spéciales, mais encore la connaissance de la situation et des besoins généraux de la catholicité, d'après lesquels il convient que se règle sa sollicitude apostolique. C'est lui qui doit procurer le bien de l'Eglise universelle, auquel se coordonne le bien de ses diverses parties, et tous les autres qui sont soumis à cette coordination doivent seconder l'action du Directeur suprême et servir à ses desseins. De même que l'Eglise est une, que son Chef est unique, de même unique est son gouvernement, auquel tous doivent se conformer.

De l'oubli de ces principes résulte, pour les catholiques, une diminution du respect, de la vénération, de la confiance envers celui qui leur a été donné pour chef. Les liens d'amour et d'obéissance qui doivent unir tous les fidèles à leurs pasteurs, et les fidèles ainsi que leurs pasteurs au Pasteur suprême, s'en trouvent affaiblis. Et cependant, c'est de ces liens que dépendent principalement la conservation et le salut de tous. Lorsqu'on oublie et qu'on n'observe plus ces principes, la voie la plus large s'ouvre aux dissensions et aux discordes parmi les catholiques, et cela au très grave détriment de l'union, qui est le caractère distinctif des fidèles de Jésus-Christ. Cette union devrait être toujours, mais particulièrement dans ce temps, à cause de la conspiration de tant de puissances ennemies, l'intérêt suprême et universel, en présence duquel devrait disparaître tout sentiment de complaisance personnelle ou d'avantage privé.

Un tel devoir, s'il incombe à tous sans exception, est d'une manière plus rigoureuse celui des journalistes, qui, s'ils n'étaient animés de cet esprit de soumission et de docilité si nécessaire à tout catholique, contribueraient à étendre et à aggraver de beaucoup les maux que Nous déplorons. L'obligation qu'ils ont à remplir en tout ce qui touche aux intérêts religieux et à faction de l'Eglise dans la société, est donc de se soumettre pleinement, d'esprit et de cœur, comme tous les autres fidèles, à leurs propres évêques et au Pontife romain,

4tt HUTOinX DU CÂBDINfL PITmA.

d'an ntivre et d'en re[Mwlaire les eoseignementi, d'en seconder de tout cœur l'impaUion, d'ea respecta- et d'ea &ire reipeeter les intentioQS. Les écrivains qui egirùeat antremnit, pMir servir les vues et les intérêts de oeus dont Nous avoei rfpntuTé dans cette lettre l'esprit et les tendances, nuuiqner^ent i leur noble missioD, et ils se flatteraient aussi vainem^ de Mrrirpar I& les intérêts et la cause de l'Eglise que cenxqtd obarobereient & atténuar «t à diiaiouer la vérité cMholique, h à M ■'m filtre que les soutiens trop timides.

Nous avons été comiuils à vous entretenir rie tels sujets, Notre cher Fils, non seulement par l'opportunité qu'ils peu-r venl avoir pour la France, mais encore par la connaissonce. que Nous avons de vos sentiments et par la conduite que voQî:' avez su tenir dans les moments et dans les conditions les plusdifficiles. I

Toujours ferme et courageux dans la défense des inlérétt religieux et des droits sacrés de l'Eglise, vous les avez encore, dans une occasion récente, virilement soutenus et défemius publiquement par votre parole lumineuse et puissante. Mais ii la fermeté vous avez su joindre toujours cette mesure sereine et tranquille, digne de lu noble cause que vous défende?., et vous y avez toujours porté un esprit libre de toute passion, pleinement soumis k la direction du Siège Apostolique et entièrement dévoué à Notre personne. Il Nous est donc agréable de pouvoir vous donner un nouveau témoignage de Notre satisfaction et de Notre bienveillance très particulière, regrettant seulement de savoir que votre santé n'est pas telle que Nous le désirerions ardemment. Noua adressons sajis cesse au Ciel avec ferveur des vceux et des prières pour qu'elle redevienne entièrement bonne et vous soit longtemps conservée. Et pour gage des divines faveurs que Nous appelons sur vous avec abondance, Nous donnons de tout Notre cceur à. vous. Notre très cher Fils, à voire clergé et à votre peuple tout entier, Notre bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 17 juin 1885, huitième année de Notre Pontificat,

LÉON XIII, Pape.

Préface v

Documents et sources xii

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