‹ Histoire du château d'ArquesChapitre 121 sur 141 · ENCEINTE BASTIONNÉE · texte numérisé non relu

ENCEINTE BASTIONNÉE

archéologique par cette première enceinte , ce qui devait paraître plus naturel au lecteur, qui, entraîné par nous, semblait en détourner à regret ses pas et ses yeux , c'est que nous avons voulu , imitant ce que nous avions fait pour la partie historique de cet ouvrage, prendre notre point de départ du château normand pour arriver à la citadelle française, nous placer, tout d'abord , au milieu des constructions du xi" siècle , pour redescendre ensuite à celles des xu c , xiv e et xvi e siècles , et passer ainsi en revue, par échelons , la chronologie du monument.

Cette marche devenait d'autant plus nécessaire , que l'état de ruine de ces vastes et nombreux remparts en rend l'étude plus difficile , plus obscure, plus incertaine. Nous ne pouvions donc apporter trop d'ordre et de méthode dans notre examen.

Si le lecteur nous a suivi avec quelque attention dans la revue monumentale que nous venons de passer ; si ces combinaisons de l'art normand , si ce système particulier de constructions, qui , malgré leur décharnement et leur dégradation , se démêle et brille dans ces grands ossemens de

Ja vieille citadelle, ont laissé quelque impression dans son esprit , il s'écriera tout d'abord , avec nous , en se voyant transporté devant cet ouvrage avancé , flanqué de ces quatre énormes tours , dont la brique dessine et rougit les assises: a ce ne sont plus la les mêmes bâtissrs, le même art, les mêmes combinaisons ! tout est changé ; nous avons franchi des siècles ! »

Cet ouvrage avancé se présente sous la forme d'un carré long , ayant , sans comprendre la projection de ses tours, cent soixante-quinze pieds de long, sur une largeur moyenne qui n'excède pas cinquante pieds; nous ne trouverions même pas vingt-cinq pieds pour l'endroit le plus étranglé , à le mesurer intérieurement.

Du coté de l'enceinte principale, les deux tours qui le flanquent lient les deux enceintes entr'elles et servent en même temps à marquer le point de jonction. A l'extrémité opposée , du coté d'Arqués , s'élèvent deux tours, également rondes, entre lesquelles s'ouvrait, en retraite , la porte d'entrée du château. Au commencement du dernier siècle , on voyait encore les arches en pierres , le pont-levis et la passerelle

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qui donnaient accès dans la place. Aujourd'hui il faut gravir péniblement l'escarpe , après être descendu dans le fossé , pour y pénétrer.

L'entrée ne se présente plus aujourd'hui que comme un trou , ou une gueule béante , que ferment quelques mauvaises planches. Voilà la porte du château d'Arqués.

Les deux tours qui la protégeaient participent de cet état de ruine. Leur faîte est découronné , leurs parapets détruits, leurs embrasures déchirées, leurs flancs honteusement excoriés.

( Voir la Planche en tête de l'ouvrage. ) Si la tour, placée à main droite, a conservé quelquesunes des assises en pierre de sa base, si elle nous étale encore, dans son luxe misérable r quelques pans de son revêtement en briques , espèce d'écorce en lambeaux , sa compagne , plus maltraitée , nous laisse voir , dans toute sa nudité, son squelette dépouillé. A l'aspect de ces constructions déshonorées et sans caractère, l'antiquaire attristé détourne la vue ; mais l'artiste , à ses côtés , plonge son regard avide sur toute cette masse imposante et pittoresque, et saisit ses pinceaux.

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Ijcs deux tours de l'entrée , à rintérieur , n'ont pas été beaucoup plus ménagées qu'extérieurcment. Celle de droite (Pl. X, n° 7), que nous baptiserons du nom de François I , pour la distinguer de sa sœur jumelle , est à ciel ouvert ; des arbres y croissent. Ce n'est point le temps qu'il faut accuser de ces dégradations f c'est la main fies hommes ; car, quelques parois de mur en brique , une retombée de voûte en pierre à cul-de-lampe sculpté , les niches de ses embrasures encore saines et entières , attestent la solidité et témoignent , en même temps , de la beauté remarquable de la construction.

1^ plan de 1708 constate que cette tour, ainsi que celle qui lui correspond , était à deux étages voûtés. L'étage supérieur, dont l'aire était de niveau avec le pas de la porte du château , avait seize pieds de hauteur sous clé de voûte ; l'étage inférieur , formant salle basse , en avait quatorze, sur dix-huit de large. À cette époque , la salle basse servait de magasin ; l'étage au-dessus, de corps-de-garde. 11 en était de même pour l'autre tour.

La tour fie François I se trouve commandée,

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