PRIVILÈGES DES BOURGEOIS D'ARQUES. J
Sans parler des autres conditions , cpii étaient plus exorbitantes les unes que les autres, le roi d'Angleterre exigeait la remise des villes et châteaux de Rouen, de Caen, de Vernon , du Pon t-de-1' Arche , de Gisors, de Moulineaux , de Gaillard et d'Arqués ; plus , cent mille livres sterling et dix seigneurs pour otages.
« Lequel traictié , disent les Chroniques , fut « moult desplaisant à tout le peuple du royausme « de France et après ce quilz eurent eu délibé- « racion , ilz respondirent audit régent que le « dit traictié nestoit point passable , et pour ce « ordonnèrent de faire bonne guerre aus ditz a Angloys. »
Le château d'Arqués resta français.
En 1 366 , ce même régent , devenu roi sous le nom de Charles V , confirmait , en faveur d'Arqués , les privilèges qui avaient été accordés à ses bourgeois par le duc de Normandie Jeansans- Terre étant dans son château d'Arqués le a i février i ao3 , et que nous avons rapportés plus haut ( page 1 5a ). La charte de Jean-sans- Terre ayant été égarée par les bourgeois dans les mains desquels on l'avait déposée , les habi-
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tants avaient été privés , sous les rois de France ,
de la jouissance des franchises et libertés que
le duc normand avait si libéralement départies
à leurs pères. Charles V , reconnaissant o que
« cela avoit été au grand détriment de la chose
« publique de la ville d'Arqués , ( in reipuùlicr
« dictœ villœ detrimentum ); sur leur prière , et
« attendu les services gratuits qu'ils lui avoient
« rendus durant les guerres , les dépenses et
« charges qu'ils avoient volontairement sup-
« portées pour le bien et l'état de son royaume
« et celles qu'ils étoient prêts à supporter encore
« selon son bon plaisir, » leur rendit tous les
privilèges dont ils avaient joui avant la perte des ,
lettres du duc Jean-sans-Terre. Le roi chargeai,
spécialement le bailli de Caux et le vicomte
d'Arqués ( Guillaume de Castres ) de l'exécution
de cette ordonnance. 1
Voulant achever de témoigner son affection à ses bons bourgeois d'Arqués , car il portait les Normands dans son cœur», Charles V, quelques
* Ordonnances des Rois de France , t. iv , p. 696-697. 1 On *ait que Charte* V voulut que «on cœur fût inburoé à Rouen , en témoignage de l'amour qu'il avait pour le* Normand*.