TALBOT PREND POSITION A ARQUES
Jean de Montgommery reçut, pour lui et sa troupe, soixante livres tournois. Ce paiement eut lieu le i3 novembre 1 4^7 - 1
La garnison du château d'Arqués fit encore probablement service sous Talbot , lorsque ce général, en i44^, vint se présenter sous les murs de Dieppe. Le voisinage de ces deux places autorise suffisamment cette supposition, bien que nous n'ayons pas retrouvé la trace de cette coopération dans nos archives. Nous avons été inoins heureux , à cet égard , que pour le siège du château de Tancarville. Ce qui est certain , c'est que Talbot vint prendre position à Arques et visita son château avant de s'approcher de Dieppe. Voici comment Jean Chartier raconte la marche du général anglais :
« L'an mille quatre cent quarante-deux , en- « viron la Toussaincts , le sire de Talbot, anglais , « accompagné de mille cinq cent combatans ou « environ , vint mettre le siège devant la ville «< de Dieppe : il partit à ce subiet de Caudebec , « et arriva son avant-garde devant le chasteau
« Voir mon Histoire du Château de Tancarville, p. 200-201.
198 CHATEAU D'AROt'KS.
• de Charlemesnil , estoit tenu clos François, «lequel leur fut rendu à composition; delà
• s'en vint ledit Talbot avec son année au chas- 9 teau d'Arqués, lequel tenoit son party ; puis
• s'en vint loger auprès de Dieppe, etc. •
On sait comment Talbot , désespérant d'enlever par un coup de main la ville de Dieppe , fit construire, sur les hauteurs du Polet, une vaste bastille en bois, - qu'il garnit de bombardes, «canons, veuglaires , couleuvrines , arbalesa très, et grande quantité d'autre artillerie, « jusqu'au nombre de deux cents canons , que
• petits que grands, * pour battre la ville; comment le (ils de Charles VII, le dauphin, depuis l>ouis\I, vint au secours de Dieppe, mit le siège devant la bastille , et y entra vaillamment par la brèche. L'occupation du château d'Arqués par les Anglais dut singulièrement gêner les mouvements de l'armée française dans cette circonstance.
I>e château d'Arqués était défendu , à cette époque, par un écuver anglais, Jean Norberv ; il n'y laissa pas pénétrer le dauphin. Ce ne fut qu'après la retraite de l'armé»» française que
CAPITAINES DU CHATEAU. m
ce capitaine put toucher l'arriéré de la retenue de ses gens d armes et de trait, pour la sauvegarde du chasteau d Arques, qui s'élevait à douze cents livres. Il en donna quittance en deux fois. '
Les capitaines du château d'Arqués étaient fréquemment déplacés : on dirait que le conseil du roi d'Angleterre craignait de laisser trop long-temps dans la même main un château si important. En 1 44^ » e * peut-être plutôt encore, Jean Norbery avait déjà pour successeur un certain Walter ou Gautier d'Evreux , ainsi qu'il appert des lettres de commission adressées à ce chevalier, par Henri VI , sous la date du aa juin i445. Par ces lettres, le roi d'Angleterre commettait « son amé et féal Walter d'Evreux , che- « valier , bailli de Caux et cappitaine d'Arqués , « pour nettoyer les bailliages de Rouen et Gisors • des bommes de guerre et autres vivans et « sejournans sur le pais et le povre peuple, •« pour estre livrez a justice et pugnis comme il « appartient. » On lui accordait soixante livres
1 Ms. de la Bibliothèque royale ; Cabinet des titres.
a>o châti ai; i> arqiis.
tournois « pour luy aider a supporter les frais T « mises et despens que faire lui conviendrait à « la cause dessus dicte. » 1
Le capîtainedu château d'Arqués nettoya-t-il le pays à la satisfaction de son seigneur et maître? gagna-t-il loyalement ses soixante livres tournois? C'est ce que nous ignorons.
Les Français , de leur coté , s'apprêtaient , eux aussi , à nettoyer le pay s , non des maraudeurs et des pillards, mais bien des Anglais eux-mêmes, qui, à vrai dire, ne pesaient pas moins sur le pauvre peuple % . Déjà Charles VII , le Victorieux, en compagnie de ses preux capitaines , les Dunois , les Brézé , les Tancarville , les Gaucourt , les Dammartin , les Saint-Paul , allait chassant devant lui les lances et les archers du roi d'Angleterre. Les places et les châteaux forts tombaient, l'un après l'autre, devant lui, avec non moins de rapidité qu'ils étaient tombés, il y avait trente ans, devant le roi Henri V. Verneuil ,
' Archive* «lu royaume.
* Un île* reproches que leur adressaient les Normands, c'était «l'avoir mm* change) le* mesures d'Arqués. — (hnmiqurs tir \ormandie.