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figurant la « naissance de Bacchus » de Jouvenet * ; « Silène et la nymphe Eglé » d'Antoine Coypel ; « Bacchus et Erigone » de Bon Boulogne (59) ; et le « trumphe de Baccus aux Indes » de Delafosse *. Le Dauphin a évidemment l'intention de prendre ses repas dans la pièce décorée de ces peintures à sujets bachiques.
Charles Coypel, fils d'Antoine Coypel, le peintre du Silène, nous a parlé du succès de cette toile auprès de Monseigneur (60) : « En 1700, Monseigneur le Dauphin voulut avoir de ses ouvrages dans l’appartement de Meudon. M. Coypel fit choix de plusieurs sujets piquants, tels que Mars aux forges de Lemnos, Silène barbouillé de mures par la nymphe Eglé, Hercule qui ramène Alceste des Enfers... M. Coypel fit encore deux autres tableaux pour Meudon ; l’un représente Psyché qui admire l'amour endormi, l’autre l'Amour qui abandonne Psyché. Ces ouvrages eurent le bonheur d’être si bien reçus de Monseigneur, que lorsqu'il lui fut proposé par M. Mansart d’ordonner à plusieurs peintres des esquisses pour les deux tableaux de la chapelle de Meudon, ce prince répondit : ‘* Faites-en faire autant que vous le jugerez à propos ; mais je vous avertis que je choisirai celles de Coypel ”’. Cette bonté si capable d’animer les talens fit son effet : bientôt on vit paroître dans la chapelle les tableaux de la Résurrection et de l’'Annonciation ».
Il n’est pas encore question en 1700 d’ériger une chapelle selon le plan conçu dès 1695 par le roi et par le dauphin : Monseigneur s’adonne toutentier à la décoration de sonappartement. Comme Audran, Coypel est un homme du xvur' siècle, il n’est pas surprenant que le dauphin, un des promoteurs du style nouveau, ait goûté les nuances chaudes et dorées de ces peintures mythologiques traitées d’un pinceau badin.
Aux murs de son antichambre, Monseigneur fait suspendre
* Au musée du Louvre jusqu'en 1872; sa trace est perdue actuellement.
** Musée du Louvre, n° 447.
P. Biver 10
deux tableaux de Claude Gelée,une « fête de village » et un « port de mer au soleil couchant » ‘, offerts au roi par Le Nôtre en 1693 ; le baptème du Christ de Poussin? ; la « nativité de Notre-Seigneur» et la « prédication de S!. Jean-Baptiste» de Charles Maratta ; les «noces de Cana» par le Bassan ; un «enfant jouant avec des tourterelles » du Guide * ; le « triomphe de Vespasien et de Titus » par Jules Romain *; une « noce de village » * du Carrache, achat de Louis XIV au sculpteur Gaspard Marsy et « Timoclée présentée à Alexandre » du Dominiquin ‘. Sont-ce là certains des « douze tableaux postiches » (61) dont parle un texte de l'époque ?
Dans la chambre du prince sont exposés : le Bacchus assis de Léonard de Vinci ; une Sainte Conversation du Titien qui réunit, autour dela Vierge et de l'Enfant, saint Marc, saint Etienne et saint Ambroise ‘ ; et un tableau du Guide offert au roi par le cardinal de Bonzi en 1606, figurant la Vierge et l'Enfant avec saint Jean-Baptiste,un ange et le donateur agenouillé.
Pour la salle de billard, qui occupe l'angle sud-est du château et relie son appartement à celui du roi, Monseigneur désire quatre dessus de portes de forme ovale. Parmi eux figure le tableau apporté à Meudon par Coypel en personne, « Hercule rendant à Admète sa femme Alceste qu’il ramène des Enfers » (62). Les autres toiles représentent «Latone et ses enfants au-milieu des paysans de Lycie », peinturecommandée à Jouvenet (* 63) ; « Hercule entre la Vertu etla Volupté », par le même auteur (64); et Procris donnant: un javelot à Céphale, » par Louis de Boulogne (65).