Ibid. 13 novembre
1. /bid. 30 octobre 1695. Il n'existe plus à Versailles de cheminées surmontées d’une glace qui soient antérieures au xvin‘ siècle. Les grands miroirs cintrés de la chambre de Louis XIV et du salon de l'OEil-de-Bœuf datent de 1701. À Trianon, les glaces ont été posées sur les cheminées lors des remaniements de l’an 1700 ; mais, quelques vingt-cinq ans avant cette dernière date, il en était déja de même : la cheminée du Cabinet du Billard, détruite au milieu du xvme siècle, était surmontée d’une glace. Cette pièce, contemporaine du Grand Appartement, mais d’un caractère plus intime, dont il subsiste, d’ailleurs, des éléments de boiseries dans le Cabinet des Chiens de Louis XV, nous est connue par une gravure de Pierre Le Pautre ( + 1691) du recueil « Portes à placard et lambris dessinez par le S' Mansard et nouvellement exécutez dans quelques maisons royales », ouvrage non daté. Pourtant là, il faut le reconnaitre, la glace n'occupe pas encore latotalité du trumeau.
La mode des glaces, cintrées ou non, montant des tablettes en marbre
des cheminées jusqu’aux corniches des pièces, date d’un peu plus tard. Elle
ESRI D LU CRT LIANT A RER. UNE
a été adoptée par Bérain dans plusieurs de ses € Desseins de Cheminées dediez À Monsieur J. H. Mansard », recueil paru en 1690. Nous ignorons malheureusement l’époque exacte de publication d’unrecueil similaire, les « Nouvelles Cheminées à Pannneaux de Glace a la maniere de France du Dessein de D. Marot Architecte ». Cet ouvrage semble être un peu antérieur à 1690 ; son titre seul contient une indication précieuse, corroborée par les dessins de cheminées des artistes étrangers contemporains et ceux de Daniel Marot lui-même en son album des « Cheminées à lItalienne » : jamais nous n’y voyons apparaître de panneau de glace, Elle semble donc bien française cette innovation qui rompt, dans une large mesure, l’harmonie architecturale des salles en trouant leur décor et en substituant des « percés » aux parois solides ; mais elle apporte en revanche de la clarté et de la gaîté, elle multiplie les lumières des lustres et le scintillement des cristaux ; c’est une mode favorable à la coquetterie, aux réunions mondaines. Les mœurs changeront et les styles se démoderont, mais cette décoration subsistera et se propagera peu-à-peu dans l’univers entier.
8. Arch. Nat. O1 15181 « Journées que Briot miroitier a employé a poser les glaces du Chasteau De Meudon depuis le 16° septembre 1695 ».