Archives Nationales, O
21. Rousseau reçoit précisément 1.600 livres à la date de 1760 (O1 2260). Des trophées de musique du même goût, dans le petit cabinet de la chaise tout voisin, sont certainement de lui ; on y voit une mandoline et un tambourin de Provence.
22. Le dernier remaniement de l'ancien Cabinet du Roi date de l'avènement de Louis XVI. Voir, pour l'histoire de la pièce et des passages voisins, les plans et documents cités dans Le Château sous Louis XV, p. 72-74. La garde-robe de la chaise, qui s'est ouverte pendant quelques temps sur un escalier, a donné lieu jusqu'à nos jours aune légende singulière. Par une confusion inexplicable, le roi Louis-Philippe et son historiographe Vatout faisaient de ces pièces l'appartement de Madame de Maintenon et avaient fait cacher les tablettes de Louis XV par le grand portrait en pied de la marquise. Le réduit de la chaise de Louis XV, devenu « le confessionnal de Louis XIV, » recevait un ameublement religieux et conforme à la tradition qu'il s'agissait d'établir pour l'amusement des badauds. J.-A. Le Roi, qui a démontré l'erreur relative à l'appartement Maintenon, conservait encore à ce cabinet la désignation de « confessionnal de Louis XVI. » (Mémoires de la Société des Sciences morales de Seine-et-Oise, t. II, 1849). J'ai dû jadis faire disparaître les traces de cette persistante sottise, en retirant de ce « cabinet de la chaise » un prie-Dieu et un bénitier mis par Louis-Philippe.
23. Luynes, t. I, p. 169, t. II, p. 202-204, 2I4» 289> 295> 3o9> etc- ^ ne faut Pas confondre ces soupers réguliers chez le Roi avec ceux, plus intimes, qui eurent lieu en haut, dans les « petits cabinets », et commencèrent en 1738 pour Madame de Mailly (Luynes, t. II, p. 181).
24. Registre des Premiers gentilshommes de la Chambre, année 1735 (Archives Nationales, O1 822, p. 45).
25. Les correspondances des Bâtiments et d'autres mentionnées dans Le Château sous Louis XV, p. 59, sont aux Archives Nationales, O1 1798, 1799, 1810. L'état des ouvrages du i5 juillet 1755 dit que« les doreurs travaillent avec toute la diligence possible à la nouvelle salle à manger du Roi et son petit cabinet à pans pour que Sa Majesté puisse en jouira son retour ». On posait en 1756 la menuiserie de la pièce des buffets. J'ai replacé dans la salle, à défaut de la vaisselle d'or dont parle le comte d'Hézecques, les précieuses plaques de Sèvres qu'y tenait Louis XVI.
26. Croy, t. I, p. 343. Voici un autre récit de souper, dans l'hiver de 1758, au moment où le prince multiplie ses démarches pour obtenir le cordon bleu : « Quatre jours avant la Chandeleur, je me présentai pour le souper chez le Roi, où je soupai pour la seule fois de l'hiver. On était de plain-pied avec sa chambre. Après souper, le Roi étant allé chez ses enfants à l'ordinaire, la Marquise tira, à l'ordinaire, le prince de Tingry dans l'ancien cabinet du Roi qui était tout ouvert. Je vis que l'on y allait décider la promotion des cordons. Cela fut long, et ils se disputaient. Je fus tenté cent fois de brusquer et d'y aller plaider ma cause, sous quelque prétexte.... Le prince de Tingry revenu, je le menai dans la pièce de la Pendule lui demander mon sort. Il me dit qu'il n'y en avait pas... Je lui chantai pouille... » (t. I, p. 418)- Ce détail des lieux est maintenant fort clair.
27. Le plan des travaux de i738 est aux Archives Nationales, O1 1772. Les plans de Demortain et de Dubois (i732) montrent le petit escalier du Roi, sur l'emplacement où celui de Blondel (1742) porte l'antichambre. L'escalier est alors au nord de l'antichambre, pris en partie sur l'emplacement delà salle 129 ; il est transporté à l'est sur le second plan de Blondel (1755), où il s'arrête encore
i94 NOTES
au premier étage. L'antichambre des Chiens échappe, au cours du règne, aux transformations qui ne cessent de s'accomplir autour d'elle. — Blondel, Architecture françoise,X. IV,p. 124. La Martinière, cd. de 1-68, t. VI, p. 120. La petite salle des gardes marquée sur tous les plans du rez-de-chaussée est aujourd'hui la salle 27, sous le cabinet d'angle i3o. Elle a été faite dans l'hiver de 1746-47 pour servir de passage au Roi, quand il montait en carrosse ou en descendait ; un rapport du 3 décembre dit qu'on y baisse le terrain, pour que les marches, par lesquelles Sa Majesté descendra en cas de pluie pour monter dans son carrosse, n'excèdent pas les murs dans la cour » (O1 1810). C'est dans la salle des gardes d'en-bas que Damiens fut amené et appliqué à la question, aussitôt après son attentat contre Louis XV.
28. Archives Nationales, O1 825 ; Registre des Premiers gentilshommes de la Chambre, p. 21. Luynes omet de mentionner cette audience.
29. Croy, t. I, p. 364. On trouve dans les registres des Premiers gentilshommes de nombreuses mentions des cabinets intérieurs du Roi et de leurs accès. J'ai publié dans Le Château sous Louis XV, p. 55, le récit de la courte maladie du Roi à la suite d'une chute de cheval en forêt de Saint-Germain, le 4 février 1769. Les récits de la dernière maladie les évoquent de même à chaque instant. A la fin du règne n'avaient accès par le cabinet des Chiens, outre les « entrées particulières», que les capitaines des gardes, les Premiers gentilshommes, le gouverneur de Versailles et les Premiers valets de chambre (Récit de 1771. Archives Nationales, O1 3258, p. 46J.
30. Correspondance secrète, éd. Lescure, t. II, p. 289. Après les journées d'octobre, pour assurer la sécurité de l'appartement royal, on mit des portes grillées à l'escalier du Roi : « Par ordre de Sa Majesté depuis qu'elle est à Paris, la construction des deux grilles ouvrantes, dont une posée au pied dudit escalier par la petite salle des gardes du corps du Roi, et l'autre donnant du côté de la cour des Cerfs » (Archives Nationales, O1 1807).
3i. V. divers passages de Luynes, où l'indication topographique est intéressante : t. II, p. 7; t. XI, p. 144 ; t. XII, p. 48, etc. Sur les conseils du Roi, voir les appendices d'A. de Boislisle, au t. V de son Saint-Simon. Le Conseil privé ou des parties se tenait dans une salle du rez-dechaussée de la Vieille Aile ; on l'appelait proprement la Salle du Conseil. Cf. Boislisle, t. IV, p. 417.
32. Princes, v. Luynes, t. IX, p. 5p ; t. XI, p. 110; t. XIV, p. 23. Ambassadeurs, v. Luynes, t. III, p. 43o ; t. IX, p. 448. Envoyés extraordinaires, v. Luynes, t. II, p. 70, t. XII, p. 110.
33. Luynes, t. II, p. 116, 38i ; t. XV, p. 2S. io5. Sur la remise de la calotte au cardinal de Tencin, v. Argenson, t. II, p. 99. L'audience du camérier qui apporte la barrette au cardinal de Tavannes est du 7 juin 1756 : « Le Roi avait donné l'ordre à onze heures du matin. L'introducteur des Ambassadeurs a conduit le camérier en rochet et en camail dans le Cabinet du Roi. Le Roi était dans son fauteuil, ayant son bureau à droite et la cheminée derrière lui. Cette audience est regardée comme audience publique et on laisse entrer tout le monde dans le Cabinet... » (Luynes, t. XV, p. io3).
34. Luynes, t. III, p. ig. Comme l'espace fait défaut, c'est l'Œil-de-Bceuf qui sert pour ces cérémonies et pour quelques autres ; mais l'étiquette du Cabinet s'y trouve en vigueur: « La Reine entra par la porte de glace dans le cabinet de l'Œil-de-Bceuf. La pièce de l'Œil-de-Bceuf est d'ordinaire l'antichambre du Roi ; mais pour ce moment-là elle devient Cabinet du Roi, les huissiers et les flambeaux de la Reine n'y pouvant entrer » (t. III, p. 19, août 1739). « La signature [du contrat de mariage du duc de Penthièvre] s'est faite dans l'Œil-de-Bceuf, qui était devenu Cabinet du Roi pour ce moment-là. Il y avait une table dans le fond, du côté de la cheminée ; le Roi était au bout de la table, à droite, du côté de la Galerie ; ensuite M. le Dauphin, M. le duc d'Orléans...» (t. VI, p. 197, décembre 1744 ; cf. t. XII, p. 43o). D'autres pièces, telles que le «cabinet ovale », pouvaient aussi devenir provisoirement Cabinet du Roi (t. XIV, p. 169; t. XV, p. 424). De même, le Cabinet pouvait être transformé en Chambre ; aussitôt l'étiquette de la Chambre y régnait (t. II, p. 8). V. un récit détaillé du contrat et des fiançailles du duc de Chartres et de Louise-Henriette de Bourbon-Conty, célébrées dans l'Œil-de-Bceuf, le 16 décembre 1743, au registre des Archives Nationales, O1 822, p. 199.