LE LIÈGE
Parmi les produits que nous devons aux chênes, le liège est l'un des plus importants. Pour les autres services, nous trouverions peut-être d'autres bois de construction,
d'autres et^sencçs à merralns, d'autres écoroes riches en tannin ; mais nous pouvons affirmer que nulle part ailleurs nous ne trouverions le liège ou quelque substance qui puisse le remplacer.
Légèreté, élasticité, imperméabilité, inaltérabilité, le liège joint ces qualités à beaucoup d'autres ; mais lui seul les possède au même degré, lui seul convient à la confection des bouchons.
Je connais beaucoup d'histoires qui n'ont ^pas l'intérêt de celle d'un bouchon, cet objet vulgaire que nous rejetons . quand il a servi. Ingratitude humaine, depuis 20 ans, 40 ans, depuis la comète peut-être, cet humble morceau d'écorce de chêne, violemment introduit dans un étroit passage, pressé, comprimé, mal à Taise, et pourtant incorruptible gardien des plus fugaces trésors, le bouquet d'un Ghâteau-Lafitte ou d'un Pomard, est dem^euré là résistant aux séductions du dedans, aux influences du idehors, et ne se laissant arracher à son poste que par la force et le fer.
La production, la récolte» l'utilisation du liège constituent une partie importante de l'étude des chênes, et nous allons montrer combien la France y est intéressée.
Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'étymologie du mot Suber. Pour quelques-uns, il viendrait du mot latin 5^fr {dessous)^ en raison de l'usage que faisaient anciennement les femmes de Técorce de ce chêne pour garnir le dessous de leurs chaussures. D'après Pline (livre 16, chap. 8), cet emploi était destiné à maintenir la chaleur des pieds, ou suivant d'autres pour élever la taille. Cet usage était tellement général, qu'Aristophane, pour désigner les femmes, les appelait écorces (Varbres, Cette appellation était pour rirrévérencieux comique, synonyme de superficie et légèreté.
Selon Voasius, 5î^ter vient du grec oruçap (écorce).
Suivant Furetières et autres, le mot liège vient du latin levis, dont les Italiens ont fait lieve et les Français liège, dans le midi l'arbre est désigné sous le nom de surier, en Portugal, sous celui d^afense, par les Arabes fesnân.
Lemery fait dériver suber de suere (coudre), parce que
. Ton coud cette écorce sous les souliers, ou bien encore de stùs (porc), parce que ces derniers se nourrissent des glands du chêne-liége.