‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 70 sur 129 · EXPLOITATION DU CHENE · texte numérisé non relu

EXPLOITATION DU CHENE

On octogénaire plantait, Passe encore <le liâtir, mais planter à cet âge ? ÎMsaient trois jouvenceaux enfams du folsinage ;

Assurément il radotait, Car, au nom des Dieux, je vous prie, Quel fruit >de ce labeur pouvez-Tous recueillir 7 Autant qu'un Patriardie, il tous faudrait vieillir.

LAFONTillIB,

La culture du chêne se présente danâ des conditions toutes particulières par rapport au terme moyen de la vie humaine. L'homme qui sème ou plante un chêne né peut espérer en tirer aucun profit matériel, il jouira de son ombrage, lorsque lui-même déclinera vers la tombe, et ne verra pas la première glandée, car cette essence n§ fructifie guère avant cent ans.

Si cet homme, à P&gè aduKe, ec^nsaere l'dleaécM èê son héritage à la eutttire du ehéoe, y donne tout sob tonps, cet homme pourra fonder la fortune de^ ses arrière petits» neveux ; mais s'il n^a d'autres ressources^ en delK»8 de son travail et de sa propriété, ce ne seront ni sei^ semis fii ses plaaAa£io(QS qui I& feroot yi^Q.

Ses enfants, en admettant qu*ils soient contemporains des chênes, passeront encore avant d'avoir vu ces arbr^ atteindre Page adulte. Ses petits-enfants et arrière petitsenlietnts na verront pas non plus la maturité des chéafis. Page auquel ils ont atteint leur plus grande valeur. Eo admettant que le planteur ait 25 ans au momeiU du semis de chênes, que les générations issues de lui apparaissent tous les 25 ans, et que la durée de la vie soit de 100 ans, on verra par le toUwu siûvqiit fut o^ n'â^t ^'à la septième génération qu'un homme pourra jouir des Chênes à l'âge que portait au monient de leur ensemencement celui de ses ancêtres qui eut la pensée de travailler pour une descendance au3Si reouléQ ;

Pttnttw »8Aiéntl(M S««fo 4^0élb ft«.«ifi# 0«g«ii. V géa. chênei.

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L'homme est donc trop é^ibêmèie pour ^m^ eoa propre intérêt ramène à cliltivêfr le «diêne mi vaot' ses lois Buterelies.

Ainsi donc les conditions du passage de l*homme sur cette terre ne sont pas favoraWes à la crôatibiï -des forêts

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de diènes; dephis» ces conditions règlent encore iemede de culture ou plutôt - l'exploitation de ces forêts.

La terre est un instrument de travail, mais c'est aussi, dans nos sociétés modernes, un capital ; et de même qu'un capital rend des produits annuels, la terre qui le représente doit aussi donner des revenus annuels. De même encore que l'intérêt produit par un capital n'épuise pas ce dernier, de même le rendement annuel d'une forêt n'en doit point épuiser la fécondité, et chaque coupe doit avoir pour conséquence la régénération du lieu où les chênes ont été coupés.

De là est sortie l'exploitation des forêts par portions annuelles, aiéthodd cooforme^ à nos besoins et qui rand anoûipe possible^ au milieu de nos civilisaJtioos avancées ^t nécessiteuses, l'exiâtence des forêts de cbéna, ^ue le viQBt «lies spéculations agite et menace sans cesse.

La quotité de bois de cbéne que Ton peut fetiror an*- Btrelleittent d'une forêt se nomme sa possibilité. Ce rendement, ou cette possibilité, pour que la forêt pgroéuise comme un capital, devra présenter une condition essentielle, celle d'être toujours te .même.

Ainsi, rendement annuel , rendement soutenu , voilà le but de l'exploitation , voilà aussi la règle de l'aménagement des bois. C'est en cela que consiste le grand art du forestier.

Oi3er forêt de chênes donnant des produits annuels (tevra donc éftre divisée en autant de lieux d'exploitation ou de coupes qu'il faut d^ânnées au chêne pour parvenir à. Vàtgd où il a réalisé le maximum de sa production ligneuse. L'accroissement, quand l'intérêt de la société ou des prO'- {»iétaires n'intervient pas ^ semble être le régulateur de rexploitabilité.

Si le chêne présente à 150 ans son maximum en produit et en valeur, la forêt de chênes devra être divisée en 150 portions, dont les arbres différeront entre eux d'un an. Sur chaque portion, le chêne sera coupé au terme de sa révolution , et le produit de chaque portion sera Tintérêt annuel du capital-forêt.

On comprend que le créateur d'une pareille forêt n'en puisse jouir; on comprend encore que de temps et de patience il faut aux forestiers pour aménager ainsi des forêts venues au hasard, où le même hectare renferme des pieds de tous les âges.

Il y a pour le chêne, comme pour les autres essences, diverses sortes d'exploitabilité. L'exploitabilité physique , qui prolonge la révolution des chênes jusqu'à leur vieillesse avancée , l'exploitabilité absolue qui a pour mesure le plus grand accroissement moyen de l'arbre, enfin des exploitations relatives, soit à la plus grande valeur des produits, soit à des formes spéciales à obtenir.

Il ne faut pas croire que le partage de la forêt en autant de parties égales qu'il y a d'années dans la révolution du chêne, puisse créer une possibilité ou rendement toujo.urs le même. Le sol de la forêt n'est pas partout semblable ; les expositions sont diverses ; on n'aura donc sur des surfaces égales ni le même nombre de chênes, ni des arbres d'égale qualité. Mais l'art du forestier, par une répartition intelligente des coupes, suivant le sol, pourra compenser ces inégalités. Il y arrive plus sûrement en créant dans la forêt des séries qui, fournissant chaque année une coupe, amènent un rendement moyen, puisqu'il est formé de rendements partiels différents les uns des autres et se com pensant entre eux.

L'assiette des coupes dans les forêts de chêne doit offrir autant que possible les conditions suivantes :

!• Succession et régularité des coupes ;

2» Dispositions évitant le passage sur les coupes exploi-

tées;

3' Orientation des coupes ;

4* et 5** Conditions relatives aux coupes dans les montagnes.

Nous allons examiner successivement l'exploitation du chêne dans les futaies, dans les taillis sous futaie et dans les taillis.

Nous avons dit ce que Ton entendait par futaie : une forêt destinée à produire des bois de grandes dimensions et à se régénérer par la semence.

Jadis on nommait demi-futaie celle qui était composée de chênes de 50 ans environ ; jeune haute futaie celle de 120 ans : haute futaie sur le retour celle de 200 ans.

Les rois seuls pouvaient jadis avoir des bois de haute futaie, et quand ils en accordaient la permission, c'était à la charge qu'ils en auraient la juridiction et une portion dans la coupe. La Charte aux Normands appelle ce droit le tiers et le danger , c'est-à-dire le tiers du prix et le dixième du total (decimum denarium) . Des officiers, désignés sous le nom de Sergent'S dangereux, .étaient préposés à la garde des droits du suzerain sur les futaies concédées.

Les révolutions du chêne ont été portées jusqu'à 250 et

même 30(X ans {i)é Elles peuvent aller jusque 1& daxtô les bons terrains ; tiiais^ en général» on les fixe à Tépo^iie où les bois sont devenus, par leurs dimensions et leurs qualités, propres à tou* lôl5 genres de construction et de travali. En laissant le ohéne oroître jusK^u'à 160 ans dans les bons terrains , jusqu'à 180 dans les terrains où la croissance e<t moindre, on obtiendra, d'après MM. Lorentz et Parade, tout ce que Ton peut attendre de cet arbre, sans avôif â redouter qu*un plus ou moins grand nombre de tiges soient atteintes par la pourriture, la cadranure ou la grisette, défauts qui deviennent fréquents à un âge avancé. Les mêmes auteurs pensent même que l'on pourrait réduire à 120 ans la révolution des futaies en sol peu profond et peu substantiel (2).

Quand nous avons parlé du réensemencement des futaies, nous avons indiqué quelle était la série des coupes : coupe sombre, coupe secondaire, coupe définitive, et de temps en temps des coupes d'amélioration.

Les futaies pleines août devenues rares en France î les prindpalëîi fexîfetent dans le Bourbonnais , le Blésois , la Tourraine, TAnjou, le Maine, le Perche ; puis toicore, mèlèèâ au héitre^ dans l'Est, dans ieâ Vosg^, aux environs de Paris et en Normandie. Dans le déparlement de l'Allier, la belle forêt du Tronçals offre des chênes âg^s d'un t^écle et demi, sous lesquels on peut faire une promenade de sept à huit kiiomètms du Pavillon au village de Ai- <)hebout.

(I; Dans la forêt de Bellême^ la révolution est fixée k 200 ans ; les dhéâes y àUeigûeDt 3S à 40 mètres de hauteur, et donnent un rendetMdt d'tlfa* Valeur sdfe 25,000 iV&ncs «n chèttes el en hétreè.

^t) L^ maturitë da chêne est réf élée )»ar hs camc(tères saivântt : pousses annuelles courtes, feuiUa^e rare^ feuilles précoces ètjaunissaâl tel : céties du sommet lomWnt plutôt que les inférieures. I es branches suj^étfeures lê desirèthëiil H fmUtû te ^«it^fiè.

Lds fotoies de chéûe et de bétre prennent sonvent un développement plus considérable que les futaies de cbêne pur. Les racines du bétre sont traçantes, celles du cbène pénètrent plus profondément dans la terre, et vont puiser dans un sol non épuisé les matériaux de Talimentation de Tarbre.

Une autre cause de la réussite d'un pareil mélange, c'est que le hêtre ayant un feuillage très-épais, conserve au sol sa fraîcheur et augmente Tabondanœ du terreau. Cette influence se fiait surtout remarquer dans les sols légers, peu profonds, de nature siliceuse ou calcaire, M. L. Dubois (1), inspecteur des forêts de Loir-et-Cher, a montré quelle était l'heureuse influence du hêtre dans les forêts domaniales du Blésois, où le sol, composé de sable et d^argile en proportions variables, a la tendance la plus prononcée à se dessécher.

D'après cet observateur, les futaies de cette région, en chêne pur, donnent des rendements inférieurs en bois de chêne à celles où le chêne est mélangé au hêtre. En voici la raison : Le chêne seul ne peut suffisamment couvrir le sol et en arrêter la dessiccation ; pour y remédier, dans les futaies de cette essence pure, on est obligé de serrer les arbres, ce qui amène nécessairement une perte dans le rendement en volume, et surtout dans le rendement en qualité. Les arbres de 25 mètres de fut sans branches sont communs dans la forêt de Blois ; les chênes de 0",70 de diamètre y sont introuvables. De plus, ces chênes très élancés, ces sapins-chênes, comme on les appelle quelquefois, se soutenant mal, deviennent plus ou moins flexueux, ce qui en diminue encore la valeur.

(I) Considéraiiims cfidiufaks sur les futaies de chêne du Blésois, par M. 1. Dubois. — Blois, Lecesne, 1856.

Ainsi donc, espacer le chêne, c'est lui permettre de se faire une cime et de grossir en diamètre, mais c'est aussi diminuer la fertilité du sol , Texposer au dessèchement. Le mélange au hêtre réalise les avantages et met à Fabri des inconvénients.

La vaste forêt du Spessart, dans la Bavière rhénane, ofiFre un exemple* remarquable de ce système. Placée sur le grès bigarré, sous un climat très-rude, elle produit de magnifiques chênes au moyen du traitement suivant : On éclaircit très-fortement les massifs dès qu'ils sont parvenus à la moitié de l'âge qu'ils doivent atteindre , 200 ans en moyenne, et on y introduit artificiellement le hêtre, qui vient ainsi en deuxième étage sous le léger couvert des chênes.

M. L. Dubois fait remarquer que le chêne croît d'abord en hauteur pendant 100 ans, puis en diamètre jusqu'à la fin de sa révolution ; mais au chêne sans cime, il faut un temps bien long pour prendre un peu de corps ; le mélange au hêtre, en favorisant le développement des cimes, hâte révolution du chêne, augmente sa valeur et le rendement du sol.

Le mélange du hêtre au chêne serait surtout favorable au chêne pédoncule. C'est en recherchant la cause des inégalités de la végétation des futaies du Blésois, que M. L. Dubois a découvert que cela tenait à l'inégale action des deux chênes au point de vue de la conservation de la fraîcheur du sol. Citons textuellement : t Tout entier à ces observations, nous pûmes enfin saisir cette particularité, que les massifs ou groupes plus séduisants nous abritaient des ardeurs du soleil , tandis que ceux que nous tenions pour moins vigoureux , nous protégeaient à peine, et nous laissaient arriver une lumière fatigante. C'est alors que nous reconnûmes dans les uns le chêne

rouvre, dans les autres le chêne pédoncule. Nous ne tardâmes pas, en poursuivant ces observations, d'acquérir la certitude que par dessus tous ces autres avantages sur le pédoncule, le rouvre joint la propriété, plus précieuse, de fournir un couvert beaucoup plus prononcé que son congénère. Du pédoncule au rouvre, il y aurait sous ce rapport même distance que du rouvre au hêtre ; ainsi s'expliquerait la supériorité des massifs ou des forêts de rouvre sur les massifs ou les forête de pédoncule. »

A l'appui de cette observation, l'auteur cite la belle forêt de Blois, toute en rouvre, la futaie de la Queue-du- Prince, de même essence, dans la forêt de Fréteval ; les taillis de Marchenoir, la forêt de Giteaux, celle de Montrichard, également en rouvre. Dans la forêt du Tronçais, il signale les futaies du Morat, du Pendu, etc., en rouvre, tandis que, sur le même sol, les mauvais cantons sont en pédoncule ; et là encore les plus belles futaies de rouvre sont mélangées de hêtre.

Nous dirons ailleurs quelle est la cause de cette inégalité du rouvre et du pédoncule ; mais nous résumerons tout ceci en disant que le chêne a besoin d'être mélangé, le pédoncule surtout , qui , à défaut du hêtre , peut être associé au charme. Voyons maintenant comment on exploite ces forêts mixtes.

Le chêne étant la plus précieuse des deux essences, il convient, s'il est dominant, d'adopter la révolution qui lui est propre et d'y subordonner celle du hêtre. Ce n'est que dans le cas où le chêne serait en très-minime proportion que l'on tiendrait plutôt compte du hêtre, et qu'on fixerait la révolution à 120 ou 140 ans, sauf à réserver, dans les coupes définitives, un certain nombre de chênes pour croître jusqu'à la prochaine exploitation.

La coupe de régénération devra, pour la reproduction •

conserver une réserve plus nombreuse que dans les fotaids pures. La coupe secondaire se fera sans ménagement pour les jeunes hêtres lesquels d'ailleurs sont abrités par les jeunes chênes qui, dans les premières années, croisseat plus vite (dans quelques cas, le contraire a lieu, il &ut rabattre le hêtre).

La coupe définitive sera réglée sur la végétation du chêne. Il arrive souvent que les glandées venant à manquer, tandis que la fainée étant abondante, le hêtre menace de déposséder le chêne et de croître en maître dan$ la futaie ; dans ce cas il faudra semer du chêne là où le hêtre s'était répandu, ou plutôt y planter des chêneaux, après avoir récepé le hêtre.

Les coupes d'amélioration peuvent favoriser l'empire du chêne sur le hêtre en portant principalement sur cette dernière essence.

Les futaies de l'exploitation desquelles nous venons de parler, sont des futaies régulières : il en est d'autres auxquelles le mode d'exploitation, très-suivi jadis, le jardinage, a donné le caractère de futaies irrégulières. Nous avons dit comment on pouvait ramener ces forêt$ à l'état de cultures régulières.

Le jardinage, qui consistait à glaner chaque année, dans toute l'étendue de la futaie, tous les arbres murs ou réclamés par la consommation, produisait un mélange de chênes de toutes sortes et de tout âge, et, dans la forêt, un appauvrissement général portant sur la quantité et la qualité des arbres. Il faut de la part du forestier une grande attention pour amener quelques résultats dans les forêts de chênes ainsi traitées. On conçoit d'ailleurs quelles doir vent être les difficultés d'exploration^ d'abattage» de vidange dans \m pareil système d'exploitation.

Le jardinage n'a plus de raison d'être que dans i'exploi-

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tatioû des chênes isolés qui croissent sur les haia& cÉ les fossés, dans les (l^part^Inents de Touest. Il eat remplacé» dans les fetaiQS irréguliéres, par un mode 4'6xploitatioa lié à leur tmasfprmatioï^ et dpnt upu^ avon^ pç^rlé plus ba^ut

MM, LQ^e^tz çt Parçide indiquent çepen(ia»t qu^Jqui^^ circonstances où, dp-ns 1^ culture du cUênjç, le jardinage

modifié sera conservé avec avantage.

Telles seront, par exemple, les plantations de chêne à dea altitudes où le climat serait un obstacle à la réussite des repeuplements, si Ton venait à découvrir entièi'euieut les coupes. Telles seront encore les portions de forêts destinées à servir d'abris artificiels à d'autres cultures ; ici le bois de chêne n'étant plus le but de la futaie, on pourra la jardiner. Enfin, ce mode conviendra, encore aux bois de particuliers ou de communes de peu d^étendue ; la surveillance* et la vidange n"y présenteront pas de grandes diflicultés. Les modifications à apporter au jardinage ^ront celles qui, au point de vue du retour périodique ^uF les mêmes parcelles, et de renlèvement raisonné du cemvept, rapprocheront autant que possible cette méthode irrégullère de celle que nous avons indiquée sous le nmu de réensemencemeat naturel.

Les forêts jardinées n'étaient pas les seules^ futaies irré« gulières de France ; nous avons cité celles qu'avait eogen^ drées rexploitation désignée sous le nom de tire et aire. Ce aost surtout les forêts de chênes qui étaient traitées par ce mode, sur lequel nous ne reviendrons pas.

DB L'BXPLOrrATîON BBS TAILLIS.

Un taillis Mt une férét où la reprodtietien de souches et de rejets joue le principal rôle.

Les taillis, sur lesquels on réserve un certain nombre d'arbres destinés à parcourir un plus grand nombre de révolutions, prennent le nom de taillis composés.

Les chênes de réserves se nomment baliveaux : suivant le nombre de révolutions du taillis qu'ils comptent, ils sont désignés sous le nom de baliveaux d'âge, jnodernes, anciens 2* classe, anciens 1" classe, vieilles écorces.

Dans le taillis simple, les baliveaux ne doivent jamais devenir des chênes à maturité ; ils ne doivent pas couvrir au delà du seizième de la superficie totale. La perpétuité des taillis est liée à celle des souches, dont les ravalements successifs atteignent la vitalité. Il faut donc, à défaut de repeuplement par semences, un drageonnement qui puisse créer des pieds indépendants.

Lorsque le sol lui est favorable, la souche d'un chêne peut produire des rejetons pendant près de deux siècles. La durée d'un taillis de cette essence peut donc être très prolongée ; mais la révolution d'un taillis a la plus grande influence sur la vitalité des souches: trop prolongés, les chênes ne produiraient plus de rejets; trop raccourcies, les souches s'épuiseraient en rejets trop fréquents.

C'est entre 15 et 40 ans qu'il convient de couper les taillis de diênes : l'expérience démontre que la nature du sol, l'exposition, etc., ne permettent pas de fixer une règle uniforme. Ainsi la révolution de 30 à 40 conviendra aux taillis de chêne en bon fonds, celle de 20 à 25 à ceux qui reposent sur un sol médiocre.

En France, tous les taillis de chêne sont partagés en coupes d'égale contenance, système qui ne peut créer une possibilité bien uniforme, eu égard aux conditions différentes de végétation , même sur une superficie peu ^tendue.

Les mois de février et de mars œnviènûent pour la coupe des taillis de chêne. La sève du printemps donne immédiatement naissance à de nouveaux jets : la coupe d'hiver déterminerait l'altération des souches, soit à cause du froid, soit à cause de l'humidité. Les taillis de chênes pour écorces se coupent un peu plus tard, lorsque la sève en mouvement permet un écorcement plus facile.

Dans le midi et sur les bords de l'océan, où les gelées ne sont pas à craindre, on coupe souvent les taillis après la chute, des feuilles.

Le récepage des jeunes chênes se fait à la hache, à la serpe ou à la scie, suivant la grosseur des brins. Quel que soit l'instrument, il importe que la section soit nette et inclinée pour faciliter l'écoulement des eaux. La durée d'un taillis de chênes est lié plus qu'on ne pense au soin qui est apporté à cette opération. Nous nlnsistons pas davantage sur cette partie de l'exploitation.

Il importe à la reproduction du taillis que les bois soient façonnés et enlevés rapidement, pour que les jeunes jets n'en souffrent pas.

Les cahiers des charges qui régissent les adjudications des coupes dans les forêts de l'Etat sont d'ailleurs explicites et formulent nettement toutes ces conditions d'exploitation du chêne en taillis simple.

Passons maifitenant à l'exploitation du chêne en taillis sous futaie ou taillis composé. Cette méthode de culture du chêne devra donner à la fois les produits de la futaie et les produits du taillis simple, c'est-à-dire des chênes de fortes et de petites dimensions.

A chaque coupe du taillis, on réserve un certain nombre de baliveaux destinés non-seulement à fournir des bois

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dteuvre, mm wcore à a3surer le repeuplement aaterel paf ensemencement. Cette ré3erve e»t l'opération la plua importante de Texploitation , c'est i elle qu cm donne le nom de balivage ; cboirir, eompter, répartir les chênes réservés, tout l'art du forestier eat là : art fécond s'il en fut, puisqu'il a pour résultat de superposer dcaix fcw^ta et de doubler la richesse du soi.

Le chêne ne s'élevant en hauteur que quand il est serré, la révolution du taillis sous futaie devra donc être assez longue pour que les chênes aient atteint la hauteur qui les rendra propres à tous les usages, et en même temps la force de résister aux vents quand ils seront isolés.

Il conviendra de déterminer la révolution au temps nécessaire pour produire des baliveaux de 15 m. de hauteur environ, ayant par suite de 30 à 40 ans.

Ces baliveaux seront choisis parmi les jeunes chênes provenant de semences ; on préférera les plus droits , les mieux faits , les plus vigoureux. Les chênes fourdius seront sacrifiés, mais on respectera ceux qui peuvent fournir des courbes à la marine.

Quant au nombre de baliveaux à réserver par bectere, il peut varier avec la nature du sol et des expositions, avec la nécessité de donner plus ou moins de couvert au sol, suivant l'espèce de chêne que Ton cultive, le pédoncule , nous Tavons vu , laissant passer beaucoup plus de lumière que le rouvre.

On a donné le nom de balivage normal à un mode «ni peut être admis dans Je plus grand n^nabre de taillis »Qm futaie en bon fonds.

Le Tableau suivant le fera coaiprendre aisément; il montre la suite des opérations depuis la création du taillis, dont la révolution est de 30 ans, ju§qu'4 la isdtwité de la fut^e, dont la révolution est de 1^0 »m :

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