AVENIR DE LA PRODUCTION DU CHENE
Il est incontestable que les bois de construction disparaissent partoot en France. Thibbs.
22 Janvier 1870.
Ici se terminerait l'étude de la production du chêne, si nous n'avions à rechercher quel est son avenir. Nous avons surtout besoin du bois de chêne de grandes dimensions que la futaie ou la futaie sur taillis peuvent seuls nous donner. Malgré le prix toujours croissant du bois de chêne, il est certain que nous n'en pouvons ]jlus produire assez pour suffire à tous les besoins. « Il est incontestable, disait M. Thiers à la tribune, le 22 janvier 1870, que les bois de construction disparaissent partout en France. »
Quelle est la cause de cette décadence ? La superficie forestière diminue peu à peu, moins rapidement cependant que la production de bois dechêne de service. Il faut alors reconnaître que le mal est dû au mode d'exploitation, et, qu'au lieu de futaies et de taillis sous futaies, nous n'aurons bientôt plus, sur les propriétés privées du moins, que de simples taillis.
Il faut, pour qu'il en soit ainsi, que l'intérêt privé trouve plus d'avantages dans l'exploitation du chêne en
taillis. En vertu de la loi de l'offre et de la demande, plus un produit d'industrie est demandé, plus on en fabrique, et plus son prix s'abaisse ; il en est tout autrement pour le bois de chêne, plus on en demande, plus aussi l'exploitation prématurée de ces arbres diminue la quantité de bois produite.
L'augmentation du prix du chêne est donc nuisible à sa production, puisqu'elle pousse à l'exploitation en taillis plutôt qu'à l'entretien des futaies.
Il est encore prouvé que le rendement le plus considérable d'une forêt, dans un temps donné , s'obtient en réglant les coupes sur l'accroissement moyen des bois ; que, par conséquent, le rendement, en produit matériel d'uD taillis de chêne, est moins considérable dans une période de 120 ans que celui d'un taillis sous futaie, et celui-ci moindre que celui d'une futaie. Les forestiers estiment que le produit du taillis est à celui de la futaie dans le rapport de 4 à 7.
On sait aussi que c'est vers l'époque de leur plus grand accroissement que les chênes présentent la somme de toutes leurs qualités, non-seulement comme bois de construction, mais encore comme bois à brûler : ce sont les chênes de 100 ans qui fournissent la plus grande quantité de charbon.
La perspective de gains plus considérables, . par l'augmentation de la quai^tité et de la- qualité des produits, ne peut réagir cependant sur l'intérêt privé qui s'attache de plus en plus à l'exploitation en taillis, quand il ne cède pas à la tentation du défrichement des futaies existantes. La raison en est simple : « Pour l'homme isolé, l'avenir c'est le lendeïaain ; il est trop éphémère pour que son propre intérêt l'amène à cultiver, suivant les lois natu-
relies» le chêne tlobt le durée est ^àin^ feis f^ltm giMdé i^^ sa viô- ■ (1).
Noa*seulemeût les piropriétaifeâ de futaies ne peuvbht généralement espérer atteindre la plus-value de leui^ futaies, mais oelle-ci donnant un revenu qui n'est pas en rapport avec le capital qu'elles représentent, leur main^ tien exige de leurs possesseurs des sacrifices bien réels. Ainsi Taccroissement du prix commercial du bois de chêne, et Télévation du taux des placements d'argent à notre époque, se réunissent pour rendre la conservation déà futaie^ ôontrâire â Tintérèt pWVé. h faut àjo'utef ènèoire que la plus-value dù matériel lignetut, acqilise pendant une année nouvelle, est inférieure â l'intérêt de la Valeur dé ce ménle matériel petidànt une aimée. Léis choses ont donc bien chaûgô depuis l'époque où furent èèrités les paroles que nous avons inscrites en tête dô cette étude ôur la production du ôhêne.
MM. Lôrentz et Parade ont établi bien claireiÉieïit là vérité de ces deux faits : 1* que le capital représèïrté par la futaie .n'est pas au taux actuel de la rente en rappert avee son rendement en bois ; 3^ que la pfus* value an* nuelle du capital ligneux, due aux accroissements du boii en qualité et en quantité, ne montait pas aussi rapide* inent que les intérêts composés du capital représenté par ce matériel.
Nous allons k^ésumer cette importante t[iscUBsio&^
Le capital d'une forêt de chêne se cempo^ : 1* de fet valeur sur pied des bois, nomtnéô aussi èapitàl "âupetûdel;
*» Des 'sommes dont ies intérêts paient l'entreteèû, la ^itie etl'imprôt-,
<1} Gk. Bf6iiliafd, "âè 'hrés&^-àes'chénéi d*àûèhii% kèvûe déi Beétt^ Mé$aes^ «année I8H.
3^ Be ia v^k^w du fend de tenre ;
4? A ^ capital s'ajoute ^aque anné^ raccFoisgeoient ei} valaur du bois, uue année» de frais, ^t IHntérêt annu§l def dépenses antérieures.
Le rendement de la futaie n'^st pas ppoportionnei à ef capital ëntiçr^ pas même au capital f^uperllciel, Iç seul dont nous parlerons.
Soif; une ftitaie normale de chêne d3 140 hectares à 1^ révolution de 140 an3^ ^ comn^nee^ient des éclairciep péFiodigues est fixé à 20 ans et leur n|arcb9 réglçp de 2Ç ^ns ep 20 ans.
Quelle est la rente ou la quantité df chênes dQ chaquf coupe ^Muelie î
Quel est le capital ou la quantité de chêne de la futaif entière ?
Dans cette futaie; qu'on peut représenter comme paftagép en 14 affectatiojis décennales de 10 l^ectares chacune, Ip produit annuel se composera : I* du chêne récolté sur ufi hectare, paryenu à sa limite de croissance ou d'explpitar ))ilité ; ^ de 6 hectares d'édaircie^ périodiques, dans lep bois âgés de 20, 40, -60, 80, 100, 120 ans. Le rendement dp ces éelaimes est égal en valeur au repdement de 50 arep de la futaie à la limite d^ re:?[iilQitabj[lita ; on peut don(& ef^ timer que le rendement annuel de la f^rèt de 140 hectares est représenté pap le pfoduit 4e la coupe d'-ua heetare ^t demi.
A 140 ans, un hectare 1/2 produit 58i'"/p?§i) de bois de ékèoQ ; voilà le revenu annuel d,^ la âitaiç de i4P hectares.
Quant à la quotité de chêne des 140 hectares ou capit^ superficiel, le tableau suivant montre qu'il est de 24,410
VALEUR de toute
l'affectation décennale.
^ CO <N 00 O O « io OD S O O § § § ^ -"««N ^ t- o ^05 00?- œ O
»-• r-l r-l C^ CO '^ ^
CO