CHAPITRE VII
M. D'iBERVILLE A VERSAILLES.
C'était vers 1696, et lorsque le règne de Louis XIV était dans son plus grand éclat. On venait de construire,, sous l'impulsion de Colbert, des monuments qui avaient t'ait de Paris la première ville du monde. On avait bâti les Invalides, terminé le Val-de-Grâce, les Tuileries, le Louvre, ouvert et planté les grands boulevards depuis la porte Saint-Honoré jusqu'à la Bastille, avec ces belles portes Saint- Antoine, Saint-Martin, Saint-Denis, qui font un si grand effet. Dans le même temps, Versailles était devenu une merveille de grandeur et de richesse.
Au milieu de ces progrès, le roi se trouvait environné des plus grandes illustrations. Il présidait une noblesse dévouée et brillante. Il avait des ministres habiles, des généraux redoutables, des génies merveilleux dans tous
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les genres. Les finances, par les soins de Colbert, avaient doublé d'importance; l'année avait été mise par Louvois sur un pied formidable, et avec cette année, le roi avait une nation valeureuse «le vingt millions dames.
Malgré la perte de généraux incomparables, la France avait encore de grands hommes de guerre : Luxembourg, Catinat, Boufflers, de Lorges, Tourvillè, Jean Bart, Château-Renaud, d'Estrées et Duguay-Trouin. On venait de remporter de grandes victoires: sur terre, à Fleurus, à Steinkerke, à Nenvinde, à Marseille et à Staffarde : sur mer, Lagos, <[ui avait vengé les Français du désastre de l'année précédente à la Hogue. D'IberviUe vit ces merveilles ; il contempla ces illustrations ; il entrevit ce roi qui avait les plus grandes qualités d'un souverain.
Louis XIV possédait un air d'autorité qui imposait le respect, et une égalité de caractère qui gagnait les cœurs. Il savait dire à chacun, en peu de mots, ce qui pouvait lui plaire, et en même temps, il montrait cette délicatesse d'égards qui convient si bien à l'autorité souveraine. Il ne lui arrivait jamais de faire en public, ni railleries, ni reproches, ni menaces. Ouvert et sincère avec tous, il était
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doué de la mémoire la plus heureuse des faits, des visagi et des services rendus.
Tel était le souverain qui présidait aux destinées de la France, et qui ravissait tous les grands génies de son entourage.
D'Iberville, charnu'' et gagné par tant d'amitié et de grandeur, retourna à ses entreprises, plus dévoué que jamais aux intérêts de la Nouvelle-France et à la gloire de la mère patria
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