INVASION DANS LES DÉPARTEMENS
Le choléra infecte d’abord les départemens qui environnent celui de la Seine, et il étend ensuite son cercle d’invasion. — Au mois de juin, trente-sept départemens subissaient déjà les atteintes du üéau. — D’autres départemens sont successivement envahis. — Le mal asiatique, s’avançant vers le Midi, touche légèrement l’Isère, I Ardèche, la Drôme, le Gard, et s’élance furieux sur Arles. — Description de ses ravages dans cette ville. — Actes de dévouement et faits divers. — Vers la tin du mois de septembre , le choléra avait pénétré dans cinquante départemens. — Aperçu sur le mode de propagation. — Le gouvernement est partout secondé par le zèle des administrations , du clergé, des soeurs hospitalières et d’une foule de personnes charitables.
ans
Li: choléra, après s’étre établi rapidement àP envahit, sans interruption et sans intermédiaire, tous les départemens d’alentour : Seine, Seine-et-
Oise , Seine-et-Marne. Dès les premiers jours d’avril, ces trois départemens, dans lesquels celui
de la Seine est enclavé, avalent subi la maladie. Successivement etpar continuité , le cercle d’invasion du choléra, cercle qui était alors composé de tous les départemens limitrophes à celui de la Seine, centre primitif, s’agrandit des autres départemens infectés immédiatement par ces derniers. Ainsi le choléra s’étendit vers le nord aux départemens de la Seine-Inférieure, de l’Aisne, de la Somme, et, prenant une autre direction au sud, à l’est et à l’ouest , il assaillit les départemens de l’Auhe, de l’Eure, d’Eure-et-Loir et de l’Yonne. Le choléra avait à cette époque une si grande activité de propagation , que presque tous les départemens ci dessus désignés furent simultanément envahis. Enfin, un peu plus tard, la maladie étendant continuellement sa sphère d’action propagatrice, tous les pays de l’extrême nord et plusieurs de ceux situés vers 1 est y furent rapidement entraînés.
Pendant que cette communication du choléra s’effectuait par le contact médiat ou immédiat avec le premier centre de l’infection représenté par Paris et le département de la Seine, le fléau s’élançait de ce foyer primitif au sud sur le département de l’Indre, séparé des points infectés par quelques départemens intermédiaires où le mal ne se déclara qu’un peu plus tard. Le département de l’Indre doit donc être regardé comme un autre
foyer d’infection donnant de nouvelles forces au choléra et servant de point d’appui aux progrès de son développement meurtrier. La même observation est applicable aux départemens de la Manche, de la Loire-Inférieure, de la Corrèze et du Finistère. Ces centres particuliers, soumis à des invasions distinctes, se sont conduits, à l’égard des contrées voisines, comme nous l’avons montré pour Paris, par rapport aux départemens rpii en forment l’enceinte. Ils ont semé le mal redoutable, et sont parvenus, en projetant son influence dans les espaces interposés, à lui sou-» mettre tout le pays..
Comme on le voit , le choléra-morbus asiatique en établissant en France sa domination malfaisante, ne s’est pas agrandi suivant une marche uniforme. Il a gagné le terrain tantôt de proche en proche par voie de continuité, d’autrefois en s’élançant sur plusieurs points éloignés sans toucher aucunement aux espaces intermédiaires; malgré cette apparente irrégularité , il est facile de voir que tous ses modes de développement sont liés à une impulsion commune en vertu de laquelle il s est d’abord étendu progressivement depuis la fin de mars jusqu’au commencement de mai, et s est ensuite restreint, suivant une progression inverse pendant le cours de mai et de jnin. La succession de ces mouvemens d’expai)-.
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sion et de contraction lui permit d’embrasser trente-sept déparlemens, qui subissaient vers le ■20 du mois de juin ses cruelles atteintes. Ces déparlemens comprennent une surface de 12,573 lieues carrées du territoire français, c’est-à-dire plus de la moitié de son étendue, dans laquelle sont renfermés 14,690,895 babitans, ou près de la moitié de sa population. A l’époque dont nous parlons, l’action envahissante du choléra éprouva une espèce de temps d’arrêt : ses premières limites ne furent pas franchies; toute sa puissance se consuma à gagner, dans l’enceinte où elle s’etait ren- (êrmée, les localités intermédiaires qu’il avait respectées d’abord, ou à pousser ses ravages au sein de celles qui l’avaient déjà reçu.
Les provinces du INord étaient la proie du mal asiatique, à l’exception de l’Alsace, qui forme aujourd’hui les deux départemens du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Ce phénomène étonnait les hommes superficiels , parce que l’Alsace est baignée par le Rhin dans toute sa longueur, qu’une l'oule de canaux détournés du lit de ce fleuve puissant pénètrent dans le sein des terres, et que plusieurs communes alsaciennes sont même entièrement assises sur les eaux; mais l’Alsace était séquestrée de l’infection cholérique par la longue chaîne des Vosges, tandis que le cours du Rhin a lieu à l’est et regarde des pays épaignés par la maladie.
nu CllOLÛIlA-MOnBUS. il)7
Ou \il à Saint-Vaast , canton de Solesmes, département du Nord , un exemple frappant de la marche furibonde et capricieuse du choléra. Cette commune se croyait entièrement délivrée du mal indien depuis le 8 juillet, lorsque le i4 août un enfant de deux ans en fut violemment atteint; en l’absence de son père et de sa mère, on le transporta chez son aïeul, avec ses frères et sœurs au nombre de quatre. Vers trois heures après midi l’enfant malade succomba; quelques heures après, un de ses.frères fut également frappé et mourut aussitôt; à celui-ci succéda bientôt un troisième malade, puis un quatrième, puis un cinquième. La mère arrive sur ces entrefaites, elle veut donner ses soins à ses enfans et passe la nuit auprès d’eux; le lendemain elle ne vivait plus, ses enfans la suivent au tombeau. Un orphelin qui logeait chez l’aieul meurt au milieu des plus horribles convulsions; l’aieul même et sa femme ne peuvent se soustraire à l’action du fléau et succombent aussi. Enfin, dans le court espace de cinq jours, une famille de huit personnes et un enfant etranger qu’elle avait recueilli cessèrent d’exister; et néanmoins la maladie ne frappa personne autour d’eux, et depuis ce funeste événement la commune de Saint -Vaast n’eut point de cholériques dans son sein.
l^ar une bizarrerie bien remarquable, mais
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dont les maladies épidémiques ou contagieuses offrent quelquefois des exemples , la ville de VersaiHes, si voisine de Paris, ne fut que faiblement touchée par le choléra (i).
Le département de la Vendée fut envahi le lo juillet; la Loire-Inférieure l’était depuis le i5 avril , les Deux-Sèvres depuis le 25 du meme mois, et le Maine-et-Loire depuis le 8 mai. Le choléra se
manifesta dans la Gironde le 4 août, mais sans violence. La Mayenne et la Charente-Inférieure le reçurent le 6; il pénétra*, le 3o, dans la Charente. Déjà, c’est-à-dire vers le lo du meme mois, la maladie formidable , s’avançant vers le Midi , avait entamé l’Isère. Bientôt elle toucha l’Ardèche , et vint se montrer dans la commune de Serrières, arrondissement de Tournon, sur les bords du Rhône. Le 5 septembre vingt -deux personnes avaient succombé dans cette commune. Vers le lo du même mois, le choléra éclata à Pouzins, petit bourg à une lieue de la Voulte en descendant le fleuve ; le 1 1 il y avait déjà eu 9 décès. Plusieurs bourgs et villages voisins furent atteints de la mÎTladie à peu près en même temps (2).
Le i4 septembre il ÿ eut dans la Drôme un décès de cholérique qu’aucun autre accident
(1) Annuaire ecclésiasUme cl universel pour l’année
(2) Gazelle Médicale de l^aris . <în 27 soplcinbre 1832.
DU CHOL^iUA-MOKDUS.
iv’accompagna. Le lendemain la maladie parut dans la commune d’Aramon, entre Avignon et Beaucaire, sur la rive-droite du Rhône, dans le département du Gard, à environ 6 lieues d’Arles ; elle y enleva trois individus en 24 heures. Elle se montra dans quelques autres localités de ce département; mais elle n’y fut pas meurtrière, car dans tout le Gard elle ne frappa que dix-sep l personnes, parmi lesquelles dix succombèrent.
Trois départemens voisins de celui des Bouchesdu-Rhône, la Drôme, l’Ardèche et le Gard, avaient donc reçu les atteintes du choléra , lorsque celte maladie vint faire irruption à Arles. Le a5 août précédent, un orage épouvantable avait éclaté sur cette ville; c’était en plein midi, et des éclairs sillonnaient les nues, et la foudre roulait avec un bruit horrible; une odeur sulfureuse empoisonnait l’atmosphère. L’abondance des eaux interrompit toute communication pendant une partie de la journée, et trois jours après les eaux de toutes les citernes de la ville furent corrompues.
Le régiment de ligne, qui avait tenu garnison à Arles, avait été remplacé par le 4® régiment d’infanterie légère; il avait laissé à l’hôpital quelques malades qui rejoignirent plus tard leur corps; un seul, le nommé Jean Mathelin, était resté. Atteint de dyssenterie, son état n’inspirait aucune crainte; cependant il succomba le i6 septembre,.
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contre raltenle des médecins. Le même jour, la femme Bosq, mendiante, alla dans la campagne et y mangea beaucoup de raisin; rentrée dans sa maison, elle soupa avec des pommes de terre. Vers minuit elle fut prise de vomissemens, eut des crampes violentes, et mourut le 17 à trois heures du matin , trois heures après l’invasion de la maladie qui présentait tous les symptômes cholériques. Cependant les médecins qui procédèrent à l’ouverture du corps de cette femme, par ordre de l’autorité, ne voulurent pas reconnaître l’existence du choléra; ils achevaient l’autopsie lorsqu’on amena à l’hôpital une autre mendiante appelée Louise Let, veuve Perrault, laquelle avait accompagné la défunte dans son excursion à la campagne, et l’avait soignée dans la nuit précédente; elle expira le 18 au matin. Nouvelle autopsie, même déclaration. Le 19 aucune mort de cholérique ne fut signalée, mais on en constata une le 20, et une autre le a/j. La population, encore inaccessible à la peur, ne se doutait pas de la présence du fléau indien.
Dans la soirée du 24 il y eut un grand nombre de malades, et le lendemain quatre décès commencèrent à inspirer de l’inquiétude. Les médecins arlésiens reconnurent enfin le choléra-morbus oriental , et M. Thomas , préfet du département, en ayant été officiellement informé, donna aussitôt
les ordres nécessaires avec le zèle et la sagesse qui le distinguent. M. Ducros, médecin de Marseille, fut envoyé sur les lieux; mais les mesures d’isolement qu’il proposa furent regardées comme impraticables. L’autorité municipale, qui donna d’ailleurs des preuves de dévouement à la cause publique, se borna à conseiller toutes les mesures d’hygiène et de propreté. Des distributions gratuites de chlorure de chaux furent faites à la mairie et à la sons-préfecture.
Les médecins du pays , à la tète desquels on doit signaler MM. Ferrier et Volpelière , montraient un zèle infatigable. M. Pélissier, de Saint- Remy, médecin des épidémies pour le troisième arrondissement départemental, s’était rendu à son poste l’un des premiers. M. Rousset, médecin de Marseille, et M. Gamel , élève à l’hôpital de Mmes , rendirent à Arles d’éminens services. D’autres docteurs arrivèrent successivement de Lyon, d’Avignon, de Nîmes, de Marseille, de Nice, de Turin, etc.; ils ne firent pas un long séjour, car le service médical était assuré, bien que la maladie eût atteint plusieurs médecins arlésiens (i).
Il y eut dans la ville des actes d’un beau
(1) MM. Bilhau, Brunat , Rolland, et plus légèrement M. Martin.
dévouement. M. Perrin de Jonquières et les darnes de sa famille méritèrent bien de leurs concitoyens par leur inépuisablephilantropie. Cejeuneliomme, du plus généreux caractère, paya constamment de sa personne et de sa bourse ; il ne sortait jamais d’une maison infectée sans y laisser des traces de son passage et sans faire bénir son nom. M. Prat, sous-préfet, visitait tous les jours les salles de l’hôpital; il était secondé par le maire, M. Maureau, lequel redoublait de zèle et de courage malgré sa vieillesse et ses infirmités. Les prêtres ne faillirent point à leur ministère de consolation et d’espérance. La majeure partie des fonctionnaires et des employés des diverses administrations restèrent honorablement à leur poste. M. Richaud, jeune notaire, manqua d’être victime du louable empressement avec lequel il se rendait auprès des malades qui voulaient faire leurs dispositions de dernière volonté.
La maladie, après avoir augmenté graduellement, atteignit son maximum le 7 octobre; ce jour-là le chiffre des décès de cholériques fut de 26.
Alors la désolation était grande : les travaux suspendus , les magasins fermés , le morne silence des rues désertes donnaient à la ville entière une physionomie de détresse et de mort. L’existence d’Arles est sans contredit un exemple bien mémo-
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rable de l’instabilité des choses humaines et des vicissitudes de la fortune. Jadis deux cent mille habitans circulaient dans la vaste enceinte de cette capitale des Gaules, enorgueillie de l’amour des Césars et des bienfaits de Constantin, fière de sa puissance, de son commerce et de ses richesses. Là le génie de Rome, assis sur le trône pompeux des arts inspirateurs , brillait de tout l’éclat de sa oloire immortelle; là une industrie créatrice de toutes les jouissances étalait les produits de tous les climats et les tributs de tous les peuples. Les flots d’une multitude animée se pressaient au forum, au cirque, à l’amphithéâtre, sous des portiques majestueux , au sein des temples éblouissans, devant des palais de marbre, dans des lieux toujours pleins de la majesté de l’empire; les airs retentissaient du bruit des jeux, du cri des fêtes. O mémoire des temps passés! que reste-t-il de tant de splendeur, de tant d’opulence? de beaux noms, il est vrai, de nobles souvenirs, des ruines imposantes, toutes choses qui ont encore le privilège d’intéresser quelques esprits élevés, mais qui sont stériles pour le vulgaire. De nos jours, Arles, couverte d’une vénérable poussière, se traîne obscure parmi les villes de France , et il n’y a chez elle que des scènes tristes au cœur : monotonie, ennui, silence, solitude, tel est, en temps ordinaire, la condition de cette reine déchue.
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Jugez quelle dut être sa figure lorsque le choléra vint s’abattre sur elle. Aucune expression humaine ne pourrait peindre un pareil tableau. Les Arlésiens étaient sortis en foule de leur ville infectée, et ils couvraient toutes les routes , et ils fuyaient dans toutes les directions, comme si l’ange exterminateur les eût menacés de son glaive; tout se précipitait en désordre, tout cédait à l’entraînement de la peur. Arles a plus de 20,000 habit, (i), et il n’en resta que 8,000 , ou plus courageux que les autres, ou privés des moyens nécessaires pour vivre hors de leurs foyers. Le i4 octobre on implora la pitié du ciel- dans une procession générale. Le vent du nord-ouest soufflait avec violence, il y avait dans l’air quelque chose de morne, et la nature attristée s’harmonisait fort bien avec la tristesse des cœurs. 'Cette procession fut belle et touchante, comme toutes les cérémonies qu’inspire le sentiment religieux réveillé dans notre ame par une grande infortune. Ce n’est jamais dans la puissance et les plaisirs que brille le christianisme, né au sein des douleurs et de la pauvreté; non, non, c’est le malheur qui lui convient, c’est la souffrance qui fait sa gloire. Lorsqu’un fléau , long-temps captif dans des contrées brûlantes, semble avoir reçu de Dieu même la
el environ (>,000 dans la banlieue.
( I ) 1 4, 300 inlrà muros ,
terrible mission de parcourir la terre, comme un géant cruel lancé dans la carrière ; lorsque la science, interdite, confuse, se trouble en face de ce mal incompréhensible et désespérant, comment les hommes n’éprouveraient -ils pas le besoin d’élever leur pensée vers l’auteur de toutes choses , vers celui qui tient la vie et la mort dans ses puissantes mains?
A Arles, comme ailleurs, des bruits absurdes avaient circulé. Les paysans , armés de fusils, gardaient leurs puits nuit et jour. Un palefrenier du dépôt d’étalons ayant répandu une bouteille d’huile empyreumatique, on cria à l’empoisonnement. A la rue du Grand-Pont , un jeune homme apostropha du nom d’empoisonneur le docteur Pélissier, qui tenait à la main une fiole remplie d’eau de fleur d’oranger (i). Heureusement on n’eut à déplorer aucune voie de fait; et, malgré les coupables efforts de quelques agitateurs, la masse du peuple se montra calme et résignée sous les coups du fléau.
Du 7 au i4 octobre il y avait eu à Arles une mortalité variable, et le chiffre s’était maintenu entre 6 et i6; mais le i5 et les jours suivans la
(1) Des placards furent apposés dans les rues et sur un grand nombre de maisons ; ils étaient ainsi conçus : «Avis au public. « Vingt sacs de poison ont été jetés dans le Rhône. Les habitans O sont avertis qu’ils doivent puiser leur eau au dessus de la ville. »
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diminution suivit une marche constante, et veis ia fin de novembre le choléra parut tout-à-fait éteint. Cependant le 4 décembre il y eut encore un décès de cholérique, et la maladie, ayant épuisé tout son aliment, ne laissa plus aucune trace.
A riiôpital les victimes furent nombreuses; les malades du pays qui y furent conduits succombèrent presque tous en peu d’heures, probablement parce qu’ils y entraient un peu trop tard et qu’ils manquaient de soins au début de la maladie. Les m Hilaires portés à l’hôpital dès la première atteinte furent sauvés en grande partie. La fatigue força les élèves à s’aliter pendant quelques jours; mais aucun d’eux ne fut frappé à mort. Les infirmiers et infirmières eurent une destinée moins heureuse, le plus grand nombre succomba.
La maladie s’était tracé pour lilnite l’enceinte de la ville, et on ne remarqua pas une seule indisposition au dehors. Les ouvriers du canal, au nombre de trois à quatre cents, ne furent exposés à aucune influence morbifique, bien qu’ils travaillassent tous ayant constamment les pieds dans l’eau; un seul d’entre eux fut mortellement atteint par le choléra, mais il le fut en ville, à la suite d’un acte d’intempérance. On remarqua un autre décès chez une femme de la banlieue, laquelle était aussi venue en ville et avait passé une matinée au marché. Le canal de Craponne et les boulevarts
extérieurs étaient comme un mur d’airain que le choléra ne put franchir; et cependant , traversant le Rhône, il fit de cruels ravages au faubourg de Trinquetaille , dont il ne passa pas les limites. Ainsi l’immense campagne d’Arles ne fut pas touchée ; ses terrains bas et ses marais insalubres / »
jouirent du plus inconcevable des privilèges.
On a constaté 4^2 cas et 249 décès, parmi lesquels la garnison n’en a compté que i5. Le sexe féminin a été frappé dans des proportions plus fortes que le sexe masculin, car sur ces* 249 décès i44 appartiennent au premier sexe, et 10; au second, militaires compris.
Il y a eu 178 décès à domicile et 71 dans les hôpitaux; les décès ont été aux cas comme i : 1,81.
Comparés à la totalité des décès, les sexes ont été frappés dans les proportions suivantes, savofr: le sexe féminin, : : i : 1,78, et le sexe masculin,
Les décès féminins ont excédé les décès masculins de 87 sur 100.
Le vent qui a le plus fréquemment régné pendant la durée du choléra est celui de nord-ouest. L’atmosphère a été soumise à ‘de fréquentes variations; mais, comme ailleurs, ces variations n’ont eu aucune influence sur la maladie.
Le tableau suivant indiquera la marche qu’elle a suivie depuis son début jusqu’à sa fin.
TABLEAU NUMÉRIQUE