MASCULIN. FÉMININ
TOTAL
De 10 ans et au dessous
10 à 20 ans
20 à 30 ans
30 à 40 ans
40 à 50 ans
50 à 60 ans
70 et au dessus
Totaux.
La population officielle de la commune d’Arles
étant de 20, 336 âmes
en l’année i83
2 , la morta-
lité a été de 12,24 sur
1,000 babitans,
, et de 3 1,12
sur 1,000, pris sur la
véritable population réduite
à 8,000 âmes par l’émigration.
Le département de Lot-et-Garonne avait été atteint le 3i août; celui d’Ille-et-Vilaine le fut le 5 septembre, et le Morbihan commença le 20 à payer son tribut : c’est celui qui ferme la liste de ces invasions funestes.
Le choléra avait ainsi pénétré dans cinquante-un départemens , mais avec des caractères divers , avec une intensité variable. Les départemens situés au midi avaient en général beaucoup moins souffert que ceux du nord, et ceux de l’ouest, à quelques exceptions près, moins que ceux de
2i0 HISTOIRE
l’est. Sur quelques points envahis en dernier lieu il montra une grande énergie, bien que les élémens extérieurs fussent peu favorables au développement de son activité. Vannes et Arles ont prouvé que, malgré la meilleure saison, malgré une température égale, douce, et une atmosphère peu chargée d’eau et d’électricité, la puissance de la maladie se suffît à elle-même pour atteindre à son intensité la plus violente. On a remarqué partout que les variations de la température et les différences météorologiques n’ont eu aucune influence appréciable sur la marche et les ravages du choléra asiatique. Tel est, en effet, le propre des maladies transmissibles par contact immédiat ou médiat, par communication directe ou par infection miasmatique, par la voie pulmonaire ou par la voie cutanée, le propre enfin des maladies qui n’ont pas comme les maux purement épidémiques leur cause primitive ou excitante dans un désordre de l’atmosphère ou dans l’altération des autres agens de la nature nécessaires à notre organisme.
A Paris et généralement dans les grandes villes où les rues se confondent, où les habitans ont des rapports continuels et se mêlent sans cesse entre eux , il a été fort difficile d’étudier le mode de propagation du choléra. La manifestation de la vérité rencontrait de nombreux obstacles; la connaissance des faits destinés à servir de guides
Dü CHOLÉRA-MORBUS.
aux hommes de conscience et d’irréprochable travail était toujours obscure, incertaine. D’ailleurs la dissimulation , les réticences et même les mensonges ne coûtaient rien à qui invoquait des motifs qu on regardait a tort comme honorables, et les prétextes ne manquaient pas pour cacher le véritable état des choses. On ne cessait de dire que la doctrine de la contagion du choléra est une doctrine funeste, qu’il ne fallait pas semer l’alarme parmi le peuple, déjà trop enclin à céder a la peur; qu’on faisait acte de mauvais citoyen en propageant une opinion qui pouvait gêner 1 industrie, comprimer les mouvemens utiles du
commerce, tarir les sources fécondes delà prospérité publique, et porter le trouble dans toutes les relations sociales. On ajoutait qu’avec cette opinion dangereuse, les malades abandonnés de leurs parens et de leurs amis, resteraient sans secours sur leurs lits de souffrance. La voix puissante de l’intérêt personnel venaitainsi se joindre aux cris poussés par une humanité trompeuse, et e cette manière tout conspirait pour dérober la lumière a ceux qui la cherchaient de bonne foi.
n grand nombre de médecins publièrent des déclarations touchant la non-contagion du mal asiatique. M. Velpeau, l’un des praticiens les plus distingués de la capitale fut de ce nombre; mais peu après il expliqua, dans le recueil des
de la Médecine ^ commewV il avait été amené à signer une déclaration contraire à son opinion : (c Afin qu’à ce sujet, dit-il, on ne me reproche « pas d’étre en contradiction avec moi-méme, je « dois avant tout m’expliquer sur une note insérée « dans les journaux politiques , où les médecins de « l’hospice de la Pitié déclarent formellement que « le choléra n’est pas contagieux. Délibérée en cc commun dans le but de rassurer le public, cette « note devait être signée de nous tous. Lorsque (c j’avouai n’étre pas convaincu de ce qu’elle avance çait, il me fut objecté qu’une pareille annonce, « étant toute de circonstance, ne pouvait avoir c( aucune valeur scientifique. Je me rendis à cette cc observation et mis aussitôt mon nom à côté de cc celui de mes collègues.
cc Ici, au contraire, je dois dire ce qui s’est passé cc sous mes yeux. Or, une foule de faits recueillis cc dans ma pratique de la ville me paraissent plaicc der pour la contagion.
cc 1° Un homme âgé de 55 ans, qui était resté cc quelques heures près de deux de ses amis affecte tés du choléra, en est atteint lui-même trois cc jours après, et succombe en huit heures, rue cc Vieille-du-Temple; 2° son fils aîné, âgé de 28 « ans, qui le soigna jusqu’au dernier moment, « est pris le lendemain à deux heures de la nuit, « et meurt à neuf heures du matin ; 3° la mère,
DU CIIOLÉRA-MORBÜS. 213
« 4° puis la fille, 5° puis un autre fils qui arnve «de ses ateliers au secours de cette dernière, « éprouvent les mêmes atteintes. 6® Il en est de « même d’un enfant de dix ans qui vint la voir; « d’un artiste qui demeure à un étage plus « haut, et 8° de sa femme. 9® Une autre personne « est encore morte dans la même maison, qui n’a « d’ailleurs rien de plus insalubre que les habi- « tâtions voisines. Toutes ces personnes, sans être « riches, vivaient à l’aise et n’avaient l’habitude « d’aucun excès.
« 2° Un épicier de la rue de la Harpe est pris le « matin. Je m’informe et j’apprends qu’une dame « que j’avais vue près d’un marchand de vin gra- « vement affecté quatre jours auparavant, était « venue plusieurs fois lui i;)endre visite. Son beau- « frère, qui vint le voirie surlendemain, eut son « tour deux jours plus tard. La mère, qui allait « de l’un à l’autre, succomba le jour meme.
« 3° Un mécanicien de la rue des Grès , puis sa « femme, puis une de leurs. amies, puis sa mère, « puis un autre jeune homme de la meme maison, « qui tous ont des rapports journaliers les uns avec « les autres, m’ont offert les memes particularités.
• « 4* Je vois, rue des Francs-Bourgeois, un maître « d’escrime ^ui avait approché deux élèves au « lit. Durant sa maladie un de ses pensionnai-
res se trouve pris au plus haut degré, lîn deü
a amis de celui-ci, qui lui avait prodigué des soins « assidus, estatteintau bout de dixjours àriiôlel « Corneille, où je suis appelé aie traiter.
« 5° Le nègre d’une famille américaine, demeu- « rant rued’Enfer, est le premier attaqué; sa dame, cc qui va le voir souvent , est prise quelques jours « après; la demoiselle vient ensuite, puis le jeune « homme, puis la bonne. Enfin, le nègre lui-même « était fréquemment allé avec la domestique près « d’une femme morte du même mal, rue Saint- « Dominique , où je les ai vus.
cc 6° J’ai rencontré une pareille succession dans cc une autre famille , rue du Jardinet. La dame s’est cc d’abord alitée ; quelques jours après , le mari est cc atteint; une amie qui les quitte à peine vient en cc troisième lieu; une demoiselle de la maison voicc sine, qui les fréquente sans cesse, puis sa bonne^ cc suivent de près; la portière a son tour et meurt; cc la femme de leur frotteur est prise aussi, de cc même que la première bonne de la femme infeccc tée, quoique plus légèrement.
<c 7° Une domestique me conduit rue de Grèce nelle, près d’une de ses amies qui était agonicc santé du choléra ; elle en meurt elle-même la cc semaine suivante. Son mari, une garde appelée et près d’elle, la portière, deux dames de la mai- « son dont celle-ci fait les commissions, un fils, « un beau-frère de la portière sont tous pris dans
DU GHOLÉRA-MORBUS.
« l’espace de quinze jours , et en réchappent « heureusement à l’exception du dernier.
« 8° Une femme employée au pliage d’un de « nos journaux politiques approche, en quelque <c sorte malgré elle, d’un cholérique qui habite la « meme maison et qui meurt; effrayée, bientôt « malade elle-même, elle fait prévenir son mari «qui n’arrive qu’au bout de huit jours, mais qui « n’en succombe pas moins comme elle le surlen- « demain.
« Enfin , j’ai noté en ville les principales circons- « tances de quatre-vingts et quelques cas, et il « n’en est aucun dont le sujet n’ait eu quelque « rapport, soit direct, soit indirect, avec d’autres « cholériques. »
Au commencement de juillet i83a, à l’époque où les services de l’hospice de la Pitié furent rendus à leur destination naturelle, lorsque le nombre des cholériques avait beaucoup diminué , un homme âgé de ans fut admis dans la salle Saint-Gabriel n® 2, pour y être traité d’un engorgement du testicule gauche. Cet homme, plein de force et bien constitué, fut atteint d’un choléra violent au bout de quelques jours. Un individu entre l’avant-veille pour une otalgie ancienne, couché au n° 20, et offrant tous les caractères d’une constitution robuste, fut également saisi du mal asiatique et mourut dans l’espace de sept
2lti HISTOIRE
heures. Un malade àgë de 5i ans, couché dans la salle au n° depuis près de quinze jours, eut aussi le choléra le surlendemain à un degré très inlense. Immédiatement au n° 28, la même chose eut lieu sur un sujet âgé de plus de 60 ans, qui était entré à l’hôpital pour un gonflement chronique de toute la main. Peu â peu les n“* 4, 5 , 7,9, 16, 17,18,24, 27, 3o, 34, 36 et 87, éprouvèrent également divers symptômes de la maladie, mais à un degré assez faible pour ne pas donner beaucoup d’inquiétude, les uns n’ayant eu que quelques vomissemens avec coliques et crampes, le plus grand nombre s’étant trouvé pris de diarrhée blanche ou cholérique, sans apparence de froid ni de crampes, et quelques autres n’ayant eu que des nausées, un peu de dévoiement et un léger refroidissement de tout le corps, avec' altération des traits. Une pareille disposition, fort singulière de quelque manière qu’on l’envisage, a persisté de telle sorte que près de la moitié des blessés qui étaient dans la salle Saint- Gabriel ont éprouvé des accidens de ce genre, et la salle des femmes permit de faire à la même époque des observations semblables.
Une malade couchée au 11® 12 salle Saint -Jean, pour un gonflement des seins à la suite des couches, eut les premières atteintes du choléra quelques jours après son entrée, et succomba après
DU CHOLÈUA-MORBUS. 217
avoir donné quelques espérances de guérison. Dans cette salle furent prises , une femme couchée au n° 8, qui avait mal aux yeux depuis long-temps; celle du affectée d’ulcère à la jambe; puis
successivement les n°* ii , 16,2, 19, et les malades couchés aux n°® i3 et 22, qui ont fini par succomber; enfin, le plus grand nombre de celles qui étaient dans la salle au mois de juillet, ainsi que plusieurs qui s’y firent admettre dans le courant d’août et de septembre. Au commencement de l’invasion du choléra à Paris, trois individus seulement avaient été atteints dans la salle Saint- Gabriel ; c’est à partir du moment où le n® 2 s’est trouvé pris aux premiers jours de juillet, que la maladie se promena en quelque sorte sur tous les lits, y saisit les sujets les plus récemment entrés , et successivement aussi un certain nombre de ceux qui s’y trouvaient déjà depuis long-temps. Lorsque le choléra ne faisait presque plus de victimes dans la ville, plusieurs blessés en furent encore atteints jusqu’à la fin de septembre, après leur admission dans cette salle. La salle Saint-Jean avait été plus malheureuse dans les mois d’avril et de mai: une douzaine de femmes malades qui l’occupaient furent successivement attaquées par le fléau ; depuis près d’un mois cependant il n’y en avait plus , et ce n’est qu’à dater du moment où le n° 12 fut saisi du choléra, qu’on vit cette maladie sauter
IIISTOIUE
d’un lit à l’autre, et les envahir tous dans l’espace de six semaines (r).
Dans les départemens, comme à Paris, on a fréquemment observé des faits qui témoignent de la transmission du choléra d’individu à individu , des exemples qui prouvent que cette maladie a une propriété plus ou moins communicative. Partout la mort a choisi de préférence ses victimes dans le sein des mêmes familles, parmi ceux qui avaient des rapports avec des cholériques. M. Arsène Gendron, médecin en chef de l’hospice de Vendôme, a consigné dans la Gazette Médicale de Paris (2) le résultat de ses observations sur ce point. Les faits qu’il cite et dont il a été témoin sont décisifs touchant le mode de propagation du choléra. Après l’exposition de ces faits concluans, M. Gendron ajoute : « Nous pensons que l’asser- « tion admise dans beaucoup d’ouvrages sur le « choléra -morbus, que cette maladie ne se com- « munique point aux médecins qui approchent «les malades, ni aux garde-malades qui leur « donnent des soins, est trop générale et fausse « dans plusieurs circonstances. Cette opinion , « admise prématurément par le plus grand nombre « des praticiens de Paris, rencontrera beaucoup
(1) Gazette Médicale de Paris , du 20 décembre 1832.
(2) Voy. les n®* du 9 août et du 29 novembre 1832.
. d’opposition chez les médecins de province. Nous pouvons du moins affirmer que plusieurs de nos confrères de Tours et des environs ont vu, dans bien des cas, le choléra-morbus se développer de préférence chez des individus qui approchaient les malades et qui leur donnaient des soins. Comment expliquer cette divergence d’opinions? N’en déplaise à nos confrères de Paris, ne pourrait-il pas se faire que le choléra ayant envahi la capitale d’une manière instantanée, et s’étant répandu en peu de jours sur une grande masse de personnes, ait empêché de noter beaucoup de faits importans qui ont dû passer inaperçus au milieu de la confusion des premières semaines et des nombreuses occupations des médecins parisiens. Dans nos provinces, au contraire, les faits de choléra se succédant en petit nombre, les uns après les autres , ont pu etre facilement notés et entraîner par là un assez grand nombre de praticiens à admettre la contagion de cette maladie. On m’objectera que les médecins et les élèves des hôpitaux de Paris n’ont point éprouvé le choléra.
« Ce qui s’est passé dans quelques autres hôpitaux ou plusieurs médecins, pharmaciens, religieuses et employés sont morts successivement, prouve qu’il y a eu contagion sur quelques points; mais les médecins et élèves des hôpitaux,.
IIISTOIIIE
« habitués depuis long-temps aux émanations des a miasmes qui s’exhalent de nombreuses salles de « malades, paraissent par cela meme moins sus- « ceptibles de contracter la contagion »
Nous pourrions ici multiplier les exemples de transmission du choléra, car il s’en est présenté en foule dans tous les départemens envahis, et nous n’aurions que l’embarras du choix au milieu d’une abondance extrême. Nous ne serions pas en peine aussi de citer à l’appui de cette doctrine les autorités les plus nombreuses et les plus imposantes; mais cela aurait l’inconvénient de soulever avant le temps convenable la discussion d’une importante question scientifique qui a exercé tant d’esprits et à laquelle nous avons consacré la dernière partie de notre ouvrage.
La proportion des morts avait jrarement dépassé la moitié des malades; communément on perdait le tiers ou un peu plus; toutefois les départemens dans lesquels il y avait eu le moins d’accidens cholériques avaient vu proportionnellement plus de cas meurtriers.
Jusqu’au janvier i832, les sommes réparties par le gouvernement s’élevaient à 1,277,850 f. 46 c., sauf quelques autres dépenses non régularisées à cette époque; elles avaient été distribuées entre tous les départemens atteints, non pas d’après l’intensité de la maladie, mais suivant les
besoins des lieux et l’ëtat des ressources de cha- {ue pays. Ainsi Paris n’avait guère obtenu plus le francs (i), tandis que Seine-et-Oise,
’Aisne, l’Oise, la Marne, Seine-et-Marne, le Pas-de- "alais, la Somme, l’Yonne, la Seine-Inferieure ivaient absorbe les plus fortes allocations (2).
Le gouvernement fut partout secondé dans ses /lies philantropiques par le zèle et le dévouement le toutes les administrations inférieures. Rien, en ‘ffet , ne fut négligé dans les départemens pour imortir les coups de l’impitoyable fléau, pour lui irradier des victimes, pour prêter assistance à ous les malheureux qui en étaient atteints ou nenacés. De même qu’à Paris , le clergé s’empressa de fournir son concours utile, et, d’après es ordres des évêques diocésains, il y eut de outes parts des prières publiques pour implorer es miséricordes du ciel. M. de Cheverus, archeêque de Bordeaux, publia une lettre pastorale elativement aux bruits absurdes qui circulaient U milieu du peuple de cette grande ville, car on liait jusqu’à dire que les remèdes étaient empoionnés. a Apportez-nous ces breuvages, «s’écriait
(1) Bien entendu que l’on ne comprend pas dans cette somme îs allocations municipales et les dons des particuliers.
(2) Rapport fait à la chambre des députés par M. Virey, éputé de la Haute-Marne , sur les dépenses occasionnées par i choléra.
le digne prélat, a nous les partagerons avec vous. « Ayez confiance dans l’administration , ajoutait-il, « elle la mérite, et elle a montré elle-même dans « cette circonstance que votre archevêque et son (c clergé avaient sa confiance et son respect. » Les autorités civiles et militaires de Bordeaux firent en corps une visite à M. de Gheverus pour le remercier de son empressement à s’associer à leurs soins. On lisait sur la porte principale de l’archevêché l’inscription de Maison de Secours , avec la lanterne rouge, que les préventions populaires indiquaient naguère comme le plus sinistre augure.
Que de belles actions avaient paru au grand jour, et combien d’autres sont restées couvertes du voile du mystère! Au milieu de cet élan général de bienfaisance on vit briller’les sœurs hospitalières et d’autres religieuses, animées comme elles du feu sacré des vertus chrétiennes. Qui dira tout ce qu’il y avait de noble et de consolateur dans le dévouement de ces pieuses héroïnes qui, soit dans les hôpitaux, soit à domicile, assiégeaient sans cesse le lit des malades, ne quittaient l’un que pour aller à l’autre, et portaient avec elles des remèdes, du linge, des aumônes, des secours de toute espèce, toujours avec cette grâce ineffable, ce naturel touchant et cette figure affectueuse qui doublent le prix du bienfait? Qui dira tout ce
qu’a guéri de maux, tout ce qu’a dissipé de préventions injustes le ravissant spectacle de cette charité angélique qui voit un frère dans chaque malheureux, qui le sert sans apprêt, sans affectation et sans bruit? Malheur, trois fois malheur à qui resterait froid devant des choses si dignes d’une admiration éternelle ! Ah! sans doute la ! nature humaine ne montre pas toujours son beau côté , quelquefois elle nous paraît laide à faire peur; mais avouons qu’elle nous présente aussi des compensations consolantes ; reconnaissons
qu il est des âmes ge'ne'reuses qui savent noblement la réhabiliter.
Le choléra a frappé dans des proportions diver- . ses les cinquante- un départemens qui ont été atteints. Après Paris, ceux qui ont le plus souffert sont les départemens de Seine-et-Marne, delà lame, delà Meuse, de la Haute-Marne, del’Aisne le l’Yonne, de Seine-et-Oise , de l’Oise, du Pas-de! -alais, delaSomme, delaMoselle, du Finistère, Ide 1 Aube et du Nord.
Le département de Seine-et-Marne est celui qui I présenté le plus grand nombre de malades et le dus grand nombre de morts. Le rapport avec la copulation a été pour les premiers de 65 sur r ooo
et pour les seconds, de 21,34. ’ ’
Les départemens de la Drôme, de Saône-etcoire, du Rhône, de l’Ailier et de l’Isère, n’ont
eu que quelques cas et quelques décès; cependant nous avons du les mentionner pour arriver à une rigoureuse précision.
Des autres départemens atteints, ceux qui ont le moins souffert des ravages de la maladie sont ceux du Cher, des Deux-Sèvres, de la Mayenne, d’Ille-et-Vilaine, de la Haute-Saône, de l’Orne, de la Gironde, de Lot-et-Garonne, de la Manche, de rindre, du Calvados et de la Nièvre. Ces douze départemens présentent une population de quatre millions cinq cent cinquante mille cinq cent vingtquatre habitans , et n’ont eu que malades
et 2,391 décès, ou soit un malade sur 967 habitans, et un mort sur i,9o3.
Ainsi que nous l’avons déjà dit, cinquante-deux départemens, y compris celui de la Seine, furent envahis du i5 mars au 3i décembre iSSa. Ils présentent une population de 22,1^7,022 individus, presque les trois quarts de la France. 230,875 ont été atteints du mal indien , 97,245 \ ont succombé; ce qui donne sur 1,000 habitans ^ 10,43 malades, et 4j2^9 morts. Les décès ont été i aux malades : : i : 2,37. 1
Le tableau qui suit fera mieux connaître encore J dans quelles proportions chacun de ces départe- j mens a été ravagé, et quel rang il doit occuper J sur l’échelle de la mortalité en France : S
TABLEAU NUMÉRIQUE
des cas et des décès cholériques constatés dans les départemens de la France, du 15 mars au 31 décembre 1832.
j DÉPARTEMENS.
poporiATioir.
date
de
l’invasion.