‹ Histoire du choléra-morbus asiatiqueChapitre 63 sur 91 · INFLUENCE DES JOURS ET DES SEMAINES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES JOURS ET DES SEMAINES

Influence sur la banlieue.

Le choiera a frappé peu de victimes dans les campagnes de Marseille. Quoique 1 émigration ait été considérable, leshabitans de la banlieue n'ont pas été atteints du mal indien. Les quelques personnes qui en ont péri appartenaient presque toutes à la population urbaine , et la plupart ont été frappées du choléra peu de jours après leur émigration. Les personnes qui nient la transmissibilité de la maladie se sont prévalues de cette circonstance pour dire qu’il n’y avait pas contagion, puisque les liabitans de la campagne n’avaient pas contracté le mal asiatique 5 nous, au contraire, nous y trouvons une nouvelle preuve de l’efficacité des moyens de séquestration, car nous attribuons la non-contagion du choléra dans nos campagnes, à l’état d'isolement dans lequel se trouvent toutes les maisons d’habitation les unes à l’égard des autres. Nous pourrions citer encore à l’appui de cette opinion un grand nombre de cas dans lesquels la mort a frappé plusieurs personnes dans la même maison d’habitation , tandis que celles placées non loin de celles-ci, mais dont les habitans évitaient les communications, n’ont reçu aucune influence de la maladie. Une maison de campagne située au quartier de Château-Gombert,

et habitée par vingt-quatre personnes, en perdit quatre en quelques jours des attaques du choléra. Cette habitation fut aussitôt désertée, et aucun nouveau cas ne se manifesta dans celles qui l’environnaient. Ces faits nous paraissent assez concluans et ont fixé l’attention des personnes qui aiment à observer pour expliquer les phénomènes qui se passent sous leurs yeux. Les décès dans la banlieue n’ont pas été au dessus de i32.

Observations 'particulières sur le mode de propagation.

Le plus souvent un cas de choléra était suivi d’un autre cas dans la même maison. Gomme nous l’avons dit, les cas mortels se sont ainsi reproduits trois cent quatre-vingt-treize fois.

Plusieurs familles ont été cruellement frappées par le fléau : parmi celles-ci on remarqua la famille Ladouce, habitant la rue de l’Evêché; la famille du nommé Bizau, marchand de vin, rueMayousse(i); et la famille Fleschelle, me Paradis (2).

Il y a à Marseille seize communautés (3), y

(1) Sept individus de cette famille périrent successivement.

(2) Cinq personnes, y compris une servante, furent tour à tour enlevées.

(3) Religieuses des Grandes-Maries; Petites-Maries ; Clairistes; Carmélites; du Saint-Sacrement; de Saint-Thomas; les sœurs de la Retraite, dites Sœurs-Griscs ; les Augustines ; les

compris le college royal et le séminaire; la popuiationde ces établissemens s’élève à environ 1,200 oersonnes. Deux ordres seulement ont été atteints lu choléra; ce sont d’abord les religieuses de jaint-Charles, dont l’établissement avait été transormé en ambulance pour les femmes , et dont illes faisaient le service; deux sœurs furent frapttées, une seule mourut; et puis les religieuses mgustines, qui ont desservi les hospices et hôpilaux de la ville pendant le règne du choléra.

• )uatre de ces religieuses succombèrent aux attai[ues de la maladie (i). Tous les autres établisselaens furent à l’abri des coups du fléau.

Les prisons civiles furent également préservées.

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