‹ Histoire du choléra-morbus asiatiqueChapitre 7 sur 91 · PERSE · texte numérisé non relu

PERSE

Le choléra, qui régnait en 1821 à Bombay, et qui avait déjà été importé dans les îles deKischmé et d’Ormus, éclata au milieu de juin parmi les habitans de Bender-Abouschir, et en peu de temps il en fit périr le sixième.

Schiraz, qui est à cent lieues de Bender-Abouschir, mais en communication directe et constante avec cette ville, vit se manifester la maladie au milieu de septembre ; sur trente-cinq mille habitans six mille furent victimes.

En continuant de se diriger au nord le choléra atteignit la ville d’Yerd, y enleva le cinquième

{!) Moreau de Jonnes, ouv. cite.

de sa population, qui était de Yingt-cinq mille âmes, et parut vers la fin de rautomne à Ispahan, ancienne capitale du royaume, à deux cents lieues du port de Bender-Abouscbir, qu’il avait envalii six mois auparavant^

îl s’éteignit avec promptitude ; mais au printemps de 1822 il se développa de nouveau au centre de la Perse, et gagna lentement, à travers ses provinces mal peuplées, d’un côté la ville de Kermanscbah , à 80 lieues au nord-ouest d’ispaban, et de l’autre les régions septentrionales, vers lesquelles se dirigent les caravanes les plus nomlireuses. Il désola dans son passage les villes de Caclian, Roms, Carbin et Taiiris, suivant constamment la ligne des communications commerciales entre les provinces du midi, où débarquent les marchandises de l’Inde, et celles du nord, où siège le gouvernement, et qui possèdent la population la plus condensée. De Tauris il s’étendit vers l’Arménie, et envahit successivement Kho", Erivan, Erzeroum et une foule de villes secondaires.

En 1828 la maladie continua de renaître en divers endroits du noid de la Perse, et de dévaster les lieux qu’elle n’avait pas visités l’année précédente. Elle remonta le Khour jusqu’à son conlluent avec 1 Araxe, s’étendit sur le littoral de la mer Caspienne, et fit ainsi des progrès menacans

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pour l’Europe. On verra bientôt comment les communications commerciales des provinces maritimes de la Perse et de la Russie portèrent le germe de la contagion à travers celte mer Caspienne , et l’introduisirent à Astrakan dès l’automne de 1823.

En traversant la Perse du sud au nord , le choiera s’approcha à moins de quarante lieues de Téhéran, qui est la résidence du shah , et il est vraisemblable , dit avec raison M. Moreau de Jonnès (i), que les caravanes l’y auraient introduit, comme dans toutes les villes situées sur leur roule; mais un ordre royal leur défendit d’approcher de la ville, qui échappa par ce moyen à l’irruption dont elle était menacée (2).

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