EN
Le choiera -morbus asiatique n'épargna pas Amiens (i), mais la prévoyance ^conservatrice du gouvernement avait, en vertu de la loi du 22 mars 1822, formé dès le 16 août i83i une intendance sanitaire dont le zèle, les connaissances et le plus grand dévouement au bien public, devaient préser- «Ter notre ville de ce fléau, s'il ne se jouait trop ouvent de la sagesse humaine : nous n'en devons as moins toute notre reconnaissance à ces hommes estimables qui, par leurs travaux, ont limité le nombre de ses victimes.
On voit dans les archives de l'Hôtel-de-Ville , où ^'ai puisé tous les renseignemens administratifs
(i) Des maladies contagieuses ou pestilentielles désoèrent Amiens à diverses époques; les pins terribles furent :ell«^s qui éclatèrent on i4i8, 1462, iSgG et 1667. Voyez ^Histoire de la Ville â} Amiens, par M. H. Dusevel, tome pag. 379 et 460 , et tom. II, pag. 77.
que je vais donner, que l'intendance sanitaire s assembla dès le 28 octobre i83i , sous la présidence de M. Thierion de Chipiliy , maire d'Amiens , pour examiner les causes d'insalubrité qui pourraient exister dans cette ville populeuse où l'on compte 45,001 habitans, et qui est connue dans les anciens auteurs sous les noms de Samarobriva et d'Ainbianum; elle est située au o, 2 , 3 de longitude occidentale, et à 49" j 43 , 53 de latitude , à quinze postes de Paris , dont elle regarde le méridien nord; elle se trouve dans une vallée , sur la Somme , qui va porter ses richesses à la mer , et sur un canal qui communique avec deux grands fleuves.
Clodion en fit le siège de l'empire français. Ses habitans sont bons, affables , industrieux et cou-.V rageux : ce n'est que par surprise que Hemand Tello, gouverneur espagnol à Doullens, s'en rendit maître en iSg^; Henri IV la reprit quelque temps après. Alors, comme aujourd'hui, elle savait se suffire à elle-même , et au besoin sa belle garde nationale saurait seule la défendre.
Amiens est traversé par de nombreux canaux propres à l'exploitation de diverses usines ; aussi son commerce considérable embrasse-t-il les deux mondes. Colhiert y établit des manufactures qui emploient plus de 4o,ooo ouvriers. On y admire ses boulevards , son cours, la nef de la cathédrale,
ouvrage achevé, sa bibliothèque, déjà si nombreuse et si bien tenue ; le pont Saint-Michel , son chiiteau-d'eau , et ses hospices administrés avec tant d'ordre et de soins : plusieurs grands hommes y ont reçu le jour.
Les vents du sud-ouest y sont dominans , les pluies fréquentes. Le baromètre, dans son plus grand abaissement , donne 27 pouces 2 lignes ; dans sa plus grande élévation, 28 pouces 8 lignes.
Le thermomètre de Réaumur s'élève jusqu'à 28 degrés au-dessus de o, et s'abaisse à i5 degrés audessous , quelquefois même plus bas encore.
L'intendance sanitaire, tant dans sa séance du 28 octobre que dans celles qui suivirent, mit si promptement M. le maire à même de juger ce qu'il y avait à faire dans l'intérêt de la sanîé de ses administrés, que ce magistrat, rivalisant de zèle et usant de la même énergie , put rendre compte à son président semainier, dès le 26 novembre i83i, des dispositions qu'il avait prises; il s'exprimait ainsi :
« Monsieur le président, j'ai reçu la lettre que l'intendance sanitaire m'a fait l'honneur de m'écrire le 5 novembre courant, pour me proposer différentes mesures tendant à l'assainissement de la ville. Je me suis empressé de pourvoir à ce qu'elle m'a demandé, et je vais vous donner connaissance
de ce que j'ai fait sur ses indications dans l'intérêt de la salubrité publique :
1°. L'intendance a manifesté le désir que la rivière d'Avre fût curée dans l'intérieur de la ville ; en ajoutant qu'elle ne regardait pas le curage comme suffisant seul pour atteindre le but qu'elle se proposait.
La ville a fait commencer le curage depuis quelques jours pour les parties qui la concernent. J'ai pris, le i4 novembre, un arrêté qui a été approuvé le lendemain i5 dudit, à l'effet d'ordonner aux propriétaires riverains , de commettre des ouvriers pour ce travail ; je veillerai avec le plus grand soin à l'exécution de cette mesure; j'aviserai aussi aux moyens de procurer en tout temps à ce canal la quantité d'eau nécessaire pour ne pas laisser les vases qui se déposent au fond, exposées à l'air, et pour emporter en se renouvelant toutes les immondices qu'il reçoit. Je viens de recevoir à cet égard une communication de la préfecture , je ne perdrai pas cet objet de vue.
Par arrêté du i4 octobre dernier, j'ai cbargé les commissaires de police d'assurer avec le plus grand soin l'exécution de la délibération de l'administration municipale du 20 prairial aji IV , ap prouvée le 28 du même mois, laquelle porte à l'article 82 défense aux habitans riverains de jeter
aucun décembre ou matières dans les rivières et canaux.
2°. Sur la proposition de l'intendance , j'ai chargé M. l'architecte de la ville de faire combler le fossé du vivier, et d'élever le niveau de ce dernier de manière que les eaux de la rivière d'Avre n'y entrent plus , et qu'il reçoive seulement celles du faubourg de Noyon.
Par sa lettre du 1 8 novembre , M. l'architecte m'a mandé qu'il avait fait commencer ces travaux , il fait prendre les terres aux dépens d'une rampe qui avait été ménagée le long du talus du côté du boulevard, et qui n'est pas strictement nécessaire. J'ai fait observer que cette cunette ne pourra être comblée qu'à partir de la porte de Noyon jusqu'à l'endroit où une autre cunette qui entoure le jardin de M. Lapostolle, vient y aboutir.
3°. L'intendance désire que je fasse examiner si les mares du petit faubourg de Noyon et du Cours sont indispensables, soit pour abreuver les animaux des habitans de ces faubourgs, soit pour procurer l'écoulement des eaux. Dans le cas où il serait reconnu qu'elles ne peuvent être supprimées sans inconvéniens, ou qu'elles ne peuvent l'être immédiatement, l'intendance désire que j'en ordonne le curage. Elle demande également que je fasse curer les fossés du Marché aux chevaux , ceux de Saint-Roch , et tous les ruisseaux voisins.
Elle réclame en même temps les mesures nécessaires pour qu'il ne soit jeté dans ces mares et fossés aucunes immondices , et pour empêcher qu'ils ne reçoivent les eaux de pluies qui ont lavé les fumiers déposés dans les cours voisines , et les eaux ménagères.
J'ai écrit, le i4 novembre , à M. l'architecte de la ville, relativement au curage des mares et des fossés dont il s'agit. Mais en ce qui concerce le fossé qui se trouve entre le marché aux chevaux et la route à la sortie de la porte du Cours, je vous ferai observer qu'il forme une dépendance de la route, et que le curage doit en être fait par l'administration des ponts et chaussées. J'ai, par lettre du i8 novembre, appelé l'attention de M. le préfet sur cet objet; je lui faisais observer que les eaux, arrivant à l'extrémité de ce fossé , n'ont point d'écoulement et qu'elles restent assez long -temps stagnantes; je lui ai demandé qu'on avisât au moyen à prendre pour procurer à ces eaux de l'écoulement.
Quant à la mare du faubourg du Cours, déjà par arrêté du i4 octobre dernier, j'avais ordonné au commissaire de police du 4^* arrondissement de veiller avec le plus grand soin à ce qu'on ne jetât point d'immondices dans cette mare, et de recommander la même surveillance au commissaire spécial chargé de la conservation.
Le commissaire de police de l'arrondissement a été également chargé de notifier aux voisins cette défense et de traduire les contrevenans devant les tribunaux compétens.
En ce qui concerne la question de savoir si oes mares peuvent être supprimées , j'attends l'avis de M. l'architecte de la ville j mais je puis, dès à présent , vous faire part des observations que j'ai faites par lettre du i4 octobre, au conseil de salubrité , qui demandait le comblement de la mare du faubourg du Cours : au premier coup d'œil rien ne paraît plus facile que la supj pression de cette mare , mais lorsqu'on examine I un peu attentivement les localités , on reconnait tra qu'il y aurait de l'inconvénient à la combler, t en voici la raison :
Les eaux qui se jettent dans cette mare , pro- ^ venant d'une grande partie de la rue du faubourg ( qui conduit à Bicêtre, se déverseraient, en cas ( de comblement, vers la chaussée de la porte de 1 la Hautoie , dans le fossé qui sépare cette route t du marché aux bestiaux , elles y resteraient stagt nantes faute d'écoulement. Déjà dans les temps [! pluvieux , les eaux de ce fossé débordent sur ! laccolement de la route, inconvénient qui de- ^ viendrait bien plus grand , si l'on supprimait ( cette mare.
On avait pensé à établir une perte d'eau qu'on
aurait mise en communication avec la mare , mais j'ai reconnu qu'on ne le pouvait faire avec avantage ; l'eau qui coulerait dans la perte mettrait la vase à découvert , ce qui donnerait une plus grande activité aux gaz délétères. Ces pertes sont promptement privées de la facilité d'absorber l'eau, et on ne peut leur rendre cette faculté : elles ne peuvent donc remplir le but qu'on s'en propose. Ainsi, l'on ne ferait qu'une dépense inutile , l'inconvénient n'en subsisterait pas moins.
4°. L'intendance désire qu'on fasse les terrassemens nécessaires pour procurer l'écoulement des eaux pluviales et ménagères du nouveau quartier construit sur le terrain de la Vallée, et qu'il y sôit creusé un ou plusieurs puisards pour recevoir celles de ces eaux auxquelles on ne pourrait donner issue.
J'ai demandé à M. l'arcliitecte de la ville un rapport sur les moyens d'exécution.
5". J'ai demandé aussi à M. l'architecte un rapport sur les moyens à prendre pour augmenter, selon le désir de l'intendance, le volume d'eau distribué par la machine hydraulique, aux fontaines publiques.
6**. Par arrêté du i4 novembre , j'ai décidé que l'ordonnance de pohce relative au nettoiement de la voie publique, émanée de la Mairie le 8 janvier 1827, approuvée le 22 du même
uois, serait imprimée, publiée et affichée de noucau dans toute l'étendue de la ville. Les comaissaires de police ont été chargés de veiller lès-attendvement à la pleine et entière exécu- Ion de cette ordonnance.
Toute la publicité désirable a été donnée à une nesure si importante. Je joins ici un placard ;n tenant mon arrêté du i4 novembre et l'orlonnance de police précitée.
Les marchés et les places publiques sont baayés avec le plus grand soin , la police veille vec beaucoup d'attention à ce que les entre- )reneurs de l'enlèvement des boues remplissent rès-exactement leurs obligations.
7°. Les charcutiers ont reçu l'ordre de tuer, ;Tiller et vider les porcs près du marché aux lestiauxj un emplacement leur a été assigné à extrémité du port d'Aval , vers l'Ouest.
8°. Par arrêté émané de la Mairie , le 9 praiial an XII , les hortillons de la Voirie et de la leuville ont été provisoirement autorisés à déoser leurs fumiers à l'entrée du chemin de la oirie , près des quatre premiers arbres de la lantation de tilleuls, à la charge de ne point lisser séjourner lesdits fumiers et de les enlever haque jour.
Par arrêté du 19 octobre dernier, les commistires de police ont été invités à tenir la main à
ce que lesdits dépôts soient enlevés chaque jour, conformément à l'arrêté précité.
J'ai pris , le 4 novembre , sur la proposition de l'intendance, un arrêté portant que les dépôts de fumiers , plus haut désignés , seront enlevés chaque jour avant le coucher du soleil.
J'ai l'honneur de vous adresser un exemplaire imprimé de ce dernier arrêté qui a été publié et affiché dans toute l'étendue de la ville et de la banlieue.
Par un autre arrêté du i4 novembre, approuvé le lendemain i5 par M. le préfet, j'ai ordonné la stricte exécution de l'arrêté émané de la mairie le 3 juin i83o, approuvé le 8 du même mois, lequel enjoint aux aubergistes de la ville et de la banlieue, et à tout individu qui a ch^ lui beaucoup de chevaux, d'enlever deux fois pat semaine , de leurs cours et autres parties de leuin demeures , les fumiers et autres immondices qtm peuvent s'y amonceler. -M
Ledit arrêté du i4 novembre fait en outre àém fense aux aubergistes et à tout autre individu àm conserver les fumiers plus de trois jours dan?' l'intérieur de la ville.
H est également défendu , dans les faubourgs de faire aucun dépôt de fumier sur la voie pu», -blique et d'y laisser couler les eaux provenant d« ceux qui sont déposés dans les cours.
Ce même arrêté a été imprimé , publié et affiché dans toute l'étendue de la ville et de la banlieue. J'ai l'honneur de vous en adresser un exemplaire.
9°. L'intendance a désiré que les réglemens qui éfendent d'élever , dans l'intérieur de la ville , es animaux qui peuvent produire des exhalaions dangereuses , fussent rappelés , et que les esures nécessaires fussent prises pour leur exéution.
Par arrêté du i4 novembre , j'ai décidé qu'un -trait de la délibération de l'administration muicipaie d'Amiens , du 20 prairial an IV , approuée le 28 du même mois, serait en ce qui coneme la salubrité publique , publié et affiché dans ute l'étendue de la ville et de la banlieue. L'arcle Xn de cette délibération porte qu'aucun ciyen ne doit, dans l'enceinte des murs, élever i nourrir chez lui , vaches , porcs , moutons , èvres , lapins , canards , pigeons ; comme il "iste encore d'autres animaux qui peuvent proaire des exhalaisons dangereuses et qui, par -tte raison, ne doivent pas être tolérés dans ntérieur de la ville, j'ai pris, le i4 novembre, a arrêté qui a été approuvé le lendemain, pour endre la défense , contenue dans l'art. XII prété , aux bœufs , veaux et oies.
J'ai appelé d'une manière particulière l'atten-
tion des commissaires de police sur la nécessité d'assurer formellement l'exécution de ces dispositions. Déjà deux réclamations m'ont été adressées, l'une par la dame Elisabeth Faliot, laitière, rué des Granges, et l'autre par le sieur Lanvin, même rue , n°®. 7 et 7 bis , qui exerce la même profession. Je leur ai répondu que je regrettais de ne pouvoir accueillir ces réclamations, mais que la mesure était exigée par l'intendance sanitaire, dans l'intérêt de la salubrité publique, et que le maire n'avait pas le droit de dispenser de l'exécution d'un règlement général. En effet, l'autorité municipale ne peut agir que par voie de règlement général dans les matières confiées à sa surveillance par les lois des 24 août 1790 et ' 22 juillet 1791. Ces sortes de mesures sont applicables à tous les administrés , et le maire ne peut faire des actes dans l'intérêt exclusif de l'un ou de plusieurs de ces mêmes administrés. C'est ainsi que le décide un arrêt de la Cour de cassation du 18 avril 1828, inséré dans la premièrei partie du tome XXVIII, page 440'
10**. Le même extrait de la délibération du ao prairial an IV, rappelle l'article 5, portant qne| chacun est obligé de pratiquer des latrines dansf sa maison; de tenir sa cour, latrines et pertes d'eau libres et propres , et lorsque ces deux dor-' nières se trouveront pleines , de les faire vider.'
Ce même arrêté porte qu'il est expressément détendu de faire couler ces vidanges dans les ruisseaux des rues , de les enfouir dans les cours et jardins.
Par arrêté du i4 novembre, j'ai ordonné que le règlement émané de la Mairie le 24 octobre 1821, a approuvé le 2 novembre suivant, concernant la c construction de latrines nouvelles, recevrait sa [i pleine et entière exécution.
Un placard , contenant cet arrêté et ce règlement, ) a été affiché dans toute l'étendue de la ville j j'ai c demandé dès le 19 octobre des renseignemens à ÎM. l'architecte de la ville pour connaître les maissons construites depuis quelques années, dans \ lesquelles on a négligé de pratiquer des latrines j
1 j'ai reçu ces renseignemens. Par arrêté du 16 no- \ vembre, j'ai enjoint aux propriétaires des habit tations ci-après désignées , d'y faire construire , d dans les quinze jours après la notification , pour t tout délai , des latrines qui doivent y être faites c conformément à l'article 5 de la délibération du
2 20 prairial an IV , et au règlement déjà cité.
1°. Dans la rue de la Dodanne, les maisons r n°*. 26, 28, 3o, 32, 34 et 36, composées de 26 ! habitations.
2°. Dans la rue de l'Andouille, les maisons ' n^'. 2, 4, 6, 8, 10, 12, i4, 16, i8, 20, 22,
24, 26, 28, 28 A et 4o, composées de 3G habitations.
3°. Dans la même rue , les n"*. i , 3 , 7,9, ï3, i5, 19, 21, 23, 29 et 3i.
4°. Dans la rue de la Queue-de- Vache , les maisons n°*. aS et 27.
5°. Dans la rue Dame-Jeanne, les maisons n"*. 16 et 18.
6°. Dans la rue des Archers , les maisons n"*. 1,3,4,5,6,7, 8, 9, 10, II, II A, 12, i3,
29 et 3i.
7°. Dans la rue du Moulin-Neuf, le n". i5. 8°. Dans la rue de Job, les maisons n°*. i6 , 19 et 20.
9°. Dans la rue des Hautes-Cornes , les maisons n°*. I, I A, 3, 5, 7, 9, II, i3 et i5.
lo". Dans la rue du Jardinet, les maisons n°^ I, 2, 3,4j 5, 6, 7,9, II, i3et i5.
11°. Dans la rue Blanquetaque , les maisons Ti°^. i,2,3,3A,5,6,7, 8, lo, 12, i3, i4, 16, 18, 19 , 20 , 21 , 23 , 25 , 26 , 27 , 28 et 3o.
12°. Dans la rue de la Crevasse, la maison n°. 9, formant neuf habitations.
13". Dans la rue Fontaine, la maison n°, 49-
14°. Dans la rue du Grand- Vidame , la maison n". 40.
1 5**. DiUis la rue du Bas-Vidame , les maisons i5 , 17 , 19 et 27.
16°. Dans la rue Véronique, les maisons n°'. , 2 , 3, 4} 5, 6, 8, 10 et i4-
17°. Dans la rue Tourne-Goëffe , les maisons i"*. 1 , 3 , 4) 6, 8 et 10.
18". Dans la rue du Moulin-Neuf, les maisons
^ 1 , 3, 9, 17, 19 et 21 ; les maisons 5 et 7 , ontenant douze habitations.
19°, Dans la grande rue de la Veillère, les maions n°^. 2, 3, 4, 5,6, 7, 8,9, 10, 11, 12, i3, 4, i5, 16, 17, 18, 19, 20, 22 et 26.
20°. Dans la rue du Bout de la Veillère, les iaisons n°*. 3, 5, 9, ii, i3, i5, 17, 19, 21
21*'. Dans la rue du Gros Navet, les maisons 2, 4 et 7.
J'ai chargé les commissaires de police et l'arlùtecte de la ville de veiller avec le plus grand )in à l'exécution de cet arrêté qui porte en ou- ;e que, dans le cas où les propriétaires n'au-
ient pas satisfait dans le délai prescrit, à Tobli- :ition qui leur est impolsée , ils seraient traduits ('vant le tribunal compétent.
Par un autre arrêté du 23 novembre, j ai pres- I it la même mesure à l'égard des habitations ciprès désignées.
1". Dans la rue de la Plumette, les maisons n°®. 4, 6, 8, 9, lo, II, 12 et i3.
Qp. Dans la rue Pavée , les maisons n°*. i , 3 ,
20 et 22.
3°. Dans la rue des Corroyers , les maisons n°*. 4i , 43 j 4s , 106 , 108 , 1 14 et 119 : il y a bien des latrines dans les caves des maisons n"*. 4i et 45 , mais on ne s'en sert pas à cause de la difficulté qu'il y a pour y arriver.
4°. Dans la rue du Four-des-Champs , les maisons n''^ 46, 48, 70 A, 71, 72, 74, 75, 78, 96 et 98.
5". Dans la rue des Huchers , les maisons n°*. 1,5, i4> 22, 26, 32 et 38.
Par arrêté du 1 5 novembre , j'ai ordonné que les lieux d'aisance situés dans la petite cour dépendante de la halle foraine , seraient vidés dans le plus bref délai j que la porte de cette cour serait fermée à clef, que ces latrines ne seraient plus publiques , qu'elles seraient affectées aux marchands de la halle seulement , et qu'à cet effet la clef de ladite cour serait confiée au sieur Allô , libraire , qui en est le plus proche voisin.
M. l'architecte de la ville m'a fait observer, dans sa lettre du 22 novembre, qu'il existait des latrines dans une petite arrière- cour de la halle marchande , qui sont aussi à l'usage des marchands , et que le public fréquente j pour les ren-
dre inaccessibles comme les autres latrines de cet établissement , M. l'architecte m'a proposé d'établir un refend en planches, dans lequel serait pratiquée une porte , dont la clé serait à la disposition des marchands seulement.
J'ai autorisé l'exécution de ces travaux par lettre du 25 novembre.
Par lettre du i8, j'iai appelé d'une manière particulière l'attention de M. le régisseur de la halle aux grains , sur les latrines situées dans la cour des Mulets, lesquelles sont fréquentées par le public, notamment les jours du marché, attendu que la cour de cette halle est ouverte alors pour le service. Je lui ai fait remarquer qu'il était nécessaire, dans l'intérêt de la salubrité, que ces latrines fussent tenues dans le plus grand état de propreté. Je l'ai invité à faire laver et balayer, chaque jour, la cour et les latrines dont il s'agit.
Parmi les latrines qui ont été signalées par l'intendance sanitaire, comme infectes, se trouvent celles de la salle de spectacle. En effet , elles donnent en certains temps une odeur insupportable dans la salle. Pour obvier à ce grave inconvénient, il serait utile de construire un fourneau d'appel en communication avec la fosse principale ; mais la saison n'est pas favorable pour ces sortes de construction, et d'ailleurs l'espace manque à l'endroit où sont placés les lieux. Dans cet état de
choses , et pour aller au plus pressé , il suffit, pour le moment, d'établir un tuyau d'évent qui pour rait recevoir à la hauteur du deuxième rang de loges, une ouverture pour y adapter un tuyau de poêle, qui déboucherait dans le même tuyau d'évent.
Le 2 3 novembre j'ai pris un arrêté portant que le tuyau d'évent serait établi comme il est dit cidessus , que le feu du poêle qui échauffera ce tuyau sera allumé les jours de spectacle, une heure avant le lever du rideau , qu'il sera constamment entretenu pendant toute la durée de la représentation ; que les baquets à uriner, placés aux divers rangs de loge des cabinets particuliers , et que ceux qui sont placés sous le théâtre pour l'orchestre, seront vidés après chaque spectacle , et qu'ils seront entretenus dans le plus grand état de propreté. Toutes les dispositions et recommandations ont été faites pour la stricte exécution de ces mesures.
Par un rapport en date du 19 novembre , le commissaire de police du 2™^ arrondissement m'a fait observer qu'il existait sur la rivière du Hocquet , que l'on cure en ce moment pour la rendre moins insalubre, des latrines saillantes, notamment au mur dépendant de la maison habitée par la demoiselle Bourlé , impasse Rubempré , et au mur de la dame Dougai , grande rue des Augustin s.
Ce fonctionnaire ajoutait qu'il était nécessaire que ces latrines et celles qui seraient restées inaperçues, disparussent sur-le-champ , et qu'il en fût pratiqué d'autres dans l'intérieur des cours et des jardins de ces deux maisons, où l'espace ne manque pas pour opérer ce travail.
Par arrêté du même jour 19 novembre, j'ai enjoint aux propriétaires de latrines donnant sur des cours d'eau, de les supprimer dans le délai de quinze jours, à partir de la notification, et d'en pratiquer dans le même délai dans leurs maisons, conformément à l'article 5 de la délibération du 20 prairial an IV , et au règlement du 24 octobre
n était aussi urgent que les latrines des écoles, tant publiques que privées, fussent tenues dans le plus grand état de propreté. J'ai fait faire les recommandations nécessaires aux directeurs de ces écoles par les commissaires de police, que j'ai chargés de l'exécution de cette mesure, par arrêté du 19 novembre.
11°. Je m'occupe des moyens de réaliser le vœu que m'a exprimé l'intendance , relativement au marché aux Locques.
12°. J'ai l'honneur de vous adresser un exem- ^1 plaire de l'arrêté que j'ai pris le i4 novembre, et < qui a été approuvé le i5, pour défendre de ven- ( dre dans les rues de la volaille, du gibier , du pois-
son, ainsi que l'intentlunce en a fait la deniande. Les commissaires tiendront la main à la stricte exe'cution de cet arrêté. Ils s'occupent avec le plus grand soin de tout ce qui concerne la salubrité des comestibles, conformément à la loi du i6 — 24 août 1 790 , titre XI , art. 3 , paragraphe IV , et à la loi du 22 juillet lygi , titre I"., art. i3 et 20; je me plais à vous citer quelques preuves de leur zèle à cet égard (i).
Par son rapport du 4 novembre, le commissaire du i^^. arrondissement m'a rendu compte des dispositions qu'il avait faites pour empêcher qu'un bœuf, reconnu malsain , par MM. Riquier et RigoUot, docteurs en médecine, ne fût livré à la consommation ; la viande en a été jetée dans la Somme , au port d'aval.
Par un rapport du 2 1 de ce mois , le commissaire de police du 2™®. arrondissement m'a fait savoir qu'une vache introduite en ville avait étc signalée comme suspecte; que la viande en a été mise sous les yeux de MM. Thuillier et Riquier, membres du conseil de salubrité ; ils ont décidé qu'on pouvait la vendre sans danger pour la santé publique.
(1) MM. Monmert, Decoron , Pourchel, Porion. Que do. zèle et de courage il a fallu à ces messieurs pour sulBre au surcroît de travail dont ils se sont vus chargés.
J'ai chargé M. le contrôleur en chef de l'octroi de recommander aux employés d'informer la police toutes les fois qu'il entrerait en ville une béte morte, afin de faire décider par qui de droit si elle peut être vendue sans inconvénient.
Par un rapport du 24 novembre, le commissaire de police du 4°^*^. arrondissement m'a informé que MM. Lecointe et Morand, négocians en cette ville, avaient vendu quatre-vingts quarts de harengs salés qui portaient une odeur infecte. Ce fonctionnaire s'est transporté dans les magasins qui les contiennent, accompagné de MM. Routier et Riquier , membres du conseil de salubrité. Après un mûr examen , ces messieurs ont décidé que cette denrée, quoique n'étant pas de la première fraîcheur, pouvait être livrée sans danger à la consommation.
Telles sont, Monsieur le Président, les mesures que j'ai prescrites sur la demande de l'intendance sanitaire, dans l'intérêt de la salubrité publique; je n'en perdrai pas un seul instant de vue l'exécution. L'intendance peut être persuadée qu'elle me trouvera toujours disposé à accueillir , dans la sphère de mes attributions, toutes les propositions qu'elle jugera utiles de me faire pour l'assainissement de cette importante cité. »
Dès le mois de janvier 1882, M. Thierion de Chipilly arrête que des commissaires de salubrité
seront nommés dans chaque rue , pendant que l'intendance sanitaire , continuant ses travaux , envoie à M. Fumeron d'Ardeuil, préfet de la Somme, la lettre , l'arrêté et l'instruction suivante sur le choiera.
Amiens, 13 Féurcer\832.
L'INTENDANCE SAJ^ITAIRE DU DÉPARTE- MENT DE LA SOMME,
A M. liE PRÉFET DU DÉPARTEMENT.
Monsieur le Préfet ,
Une maladie grave , le cholera-morbus , effraie l'Europe , et menace nos contrées. Des hommes courageux, des médecins dévoués ont été étudier cette maladie dans les pays qu'elle a ravagés. On sait aujourd'hui quels organes du corps elle affecte, quels accidens la caractérisent, quels remèdes il faut lui opposer : on connaît surtout les causes qui favorisent son développement, celles qui lui donnent plus de violence, qui la rendent plus redoutable.
Ainsi , c'est l'expérience elle-même qui apprend que l'humidité, la malpropreté des habitations, que toutes les causes qui peuvent altérer la pureté de l'air, lui communiquer des qualités insalubres,
sont autant de circonstances qui préparent l'invasion du choiera, qui surtout lui font acquérir une plus grande violence , lui donnent un caractère furieux. C'est également l'observation qui démontre que l'intempérance, que les excès dans le boire et dans le manger, que l'usage d'une nourriture indigeste ou malsaine, en fatigant, en irritant les organes digestifs, favorisent la naissance du choiera , et que cette maladie montre alors une intensité ordinairement mortelle.
Il est maintenant prouvé que l'homme peut exercer une grande puissance sur le choiera. Nous voyons ce fléau perdre de sa force, de sa violence, à mesure qu'il s'avance en Europe. Ce que les moyens hygiéniques , employés dans le Nord et dant l'Est de cette partie du monde ont déjà opéré , permet d'espérer que, né dans des régions encore barbares , il viendra heureusement expirer chez nous, contre le pouvoir de la civilisation.
C'est pour obtenir , Monsieur le Préfet , ce grand résultat que nous devons tous réunir, combiner nos efforts. L'intendance sanitaire est convaincue que le meilleur moyen à employer pour y parvenir, est de choisir dans chaque canton, et s'il est possible , dans chaque commune , un ou plusieurs commissaires de salubrité qui, nommés par vous, auront à rendre compte à vous et à MM. les souspréfets, de leurs observations. Leur mission serait
toute paternelle : ce serait des avis, des conseils qu'ils seraient appelés à donner, et ces conseils recevraient toute leur force de l'utilité qui en résulterait pour tous, de l'intérêt que chacun de nos concitoyens aurait à les voir accueillir et exécuter.
Si malheureusement le choiera pénètre dans ce pays, il faut qu'il y trouve les choses si bien préparées , les mesures si bien prises , qu'il n'y fasse pas ces ravages dont le récit effraie l'imagination; il faut que notre département soit favorisé au moins comme l'ont été certaines parties de la Prusse et de l'Autriche, grâces aux mesures hygiéniques que l'on avait prises.
Les fonctions des commissaires de salubrité consisteraient à reconnaître l'état des ruisseaux où l'on verse les eaux ménagères, des puits, des puisards , des fosses d'aisances , des écuries dans lesquelles il n'y aurait pas d'écoulement facile pour la partie liquide des fumiers ; à vérifier s'il ne serait pas nécessaire d'ouvrir des croisées pour faire circuler l'air, si les planchers sont lavés et propres.
Les commissaires de salubrité visiteraient avec im soin tout particulier les institutions, les écoles, les casernes, tous les lieux de réunion, pour s'assurer si l'air s'y renouvelle avec faciHté, et dans le cas contraire , indiquer les moyens d'y remédier j les boutiques, magasins et lieux de travail des bouchers, charcutiers, chiffonniers, tanneurs, cor-
oyeurs et autres, qui peuvent devenir nuisibles xar leur mauvaise tenue, pour juger s'ils réunistent les conditions nécessaires, et si les précauons convenables sont prises pour que la salubrité ublique ne soit pas compromise.
Ds examineraient si les ruisseaux des rues sont vés et propres , s'il ne convient pas d'y établir fis courans d'eau pure, si les mares n'ont pas îBsoin d'être curées; si les bêtes mortes sont por- :es à une distance suffisante des maisons; si les jépôts de fumier et de vidanges ne sont pas trop pprochés des lieux habités , s'ils ne sont pas trop è?ès des rivières ; si les eaux qui en découlent ne Uvent pas altérer celles des rivières et surtout îs mares; si le cours des ririères et canaux est fisamment rapide , et si quelques-uns n'ont pas soin d'être curés ou réparés ; si les routoirs de t ou de chanvre sont placés à une distance suftàtïite des habitations, et si les eaux dans leselles ils sont établis ne communiquent pas avec les destinées aux usages domestiques , ou à reiiver les bestiaux ; enfin s'il n'y a pas lieu d'élir de nôuvelles latrines publiques : eïï un raotj indiqueraient officieusement à l'autdrité locale -utes les infractions aux lois de police qu'ils atiient remarquées.
ans le cas d'invasion du choiera , il est un point r lequel il serait surtout nécessaire d'appeler
l'attention de MM. les commissaires de salubrité : ce serait de ne point laisser se former des foyers d'infection dans les maisons des pauvres delà section confiée à leurs soins. Que plusieurs individus se trouvent à la fois pris du choiera, dans un lieu étroit, bas, mal aéré, humide, et bientôt l'air surchargé de matières animales , comme sa^ turé d'exhalaisons fétides , recèlera , dans ces endroits, des miasmes contagieux qui engendreront des maladies graves. Ce qu'il y a de bien remarquable, c'est que les miasmes n'épargneront pas les gens aisés qui vivraient dans le voisinage , bien que ces derniers emploient exactement tous les moyens conseillés pour .se préserver. C'est alors que le choiera multiplierait ses victimes. Ici il y a , un accord bien frappant entre l'intérêt général et l'intérêt particulier.
Quelle douce récompense nous recevrons tous. ' M. le préfet , si menacés de malheurs si prochain. , nous les évitons par du zèle et des sacrifices ! qu. de larmes, que de regrets, nous allons épargne' à nos concitoyens , en faisant , chacun dans 1 sphère de nos devoirs , tout ce qui dépendra de nous pour repousser le fléau qui s'avance , ou au moins pour atténuer ses ravages !
Nous sommes , etc.