‹ Histoire du choléra-morbus dans le quartier du Luxembourg, ou, Précis des travaux de la commission sanitaire et du bureau de secours de ce quartier, suivi de documens statistiques sur les ravages que la choléra y a exercésChapitre 13 sur 27 · AGES · texte numérisé non relu

AGES

Nous avons dressé un tableau de la mortalité

des âges, par périodes de 5 ans en 5 ans (1), et

(i) Voyez à la fin ce tableau n. II.

nous l'avons comparée à la population de chaque âge, fixée sur un nombre de 20862, d'après les lois de la population en France, telles qu'elles sont établies chaque année dans V annuaire du bureau des longitudes. De cette manière, nous avons dû trouver les proportions les plus approximatives de la mortalité avec les différens âges.

Ce tableau nous offre des différences énormes entre les diverses périodes de la vie; ainsi de i5 à 'ÀO ans, époque de la plus faible mortalité, elle descend jusqu'à î sur 468, et même les hommes de cet âge, au nombre de 937, ne comptent pas un seul décès; de 70 à 76, au contraire, temps où la mortalité est la plus forte, elle monte en moyenne jusqu'à i sur 7-8 , et même pour les femmes jusqu'à i sur 6.

Depuis la naissance jusqu'à 20 ans , la mortalité s'abaisse ;

Depuis 20 ans jusqu'à 80 ans^ elle s'élève; (i)

Depuis 80 jusqu'à 90 ans et au-dessus, elle semble de nouveau fléchir; mais ici le chiffre

(i) Cette gradation continuelle n'est contrariée qu'une seule fois à l'âge de 3o à 35 ans, où la mortalité, après être tout-à-coup montée de i sur iio (proportion de la période de aS à 3o) à i sur 43, redescend dans la période suivante, à i sur 54. Nous ne connaissons aucune explication satisfaisante de ce fait qui a également lieu pour les deux sexes, dans une proportion plus forte chez les hommes, moins forte chez les femmes.

— 7^ ~ de la population a trop peu d'importance^ pour qu'on en puisse rien conclure de démonstratif.

Dans la période où la mortalité diminue de 5 années en 5 années , depuis la naissance jusqu'à no ans, on remarque que la première enfance jusqu'à 5 ans, paie à la mort un tribut hors de toute proportion ( i sur 68), avec les trois périodes suivantes , depuis 5 jusqu'à vingt ans (i sur 2o5, 196, 468). Cette énormité ne peut être attribuée qu'à la faiblesse de l'âge , au moment où la vie commence.

Cette même faiblesse, au moment où elle décline, amène encore un résultat analogue, puisque la mortalité augmente d'année en année, à partir surtout de 55 ans.

Cette destinée des deux extrémités de l'existence, de celle où la force vitale vient de naître , et de celle où elle va s'éteignant de jour en jour, n'indiquet-elle pas que la faiblesse de l'âge, comme celle du sexe féminin, constitue une prédisposition au choléra?

D'une autre part, ne semble-t-il pas que le sommeil des passions est aussi une cause puissante de cet abaissement de la mortalité cholérique dans les vingt premières années, comme leur action en est une de son élévation progressive dans le reste de la vie , puisque nous voyons , 1° qu'elle diminue, tant que les passions dor-

ment j et à mesure que la force vitale s'accroît, jusqu'à 20 ans; 2° qu'elle commence à augmenter au temps où les passions s'éveillent chez l'homme, et bien qu'il soit dans toute la force de l'âge, jusqu'à 65 ans; 3° qu'elle s'élève de plus en plus à l'époque ou notre vigueur décroissant chaque jour, laisse le champ libre aux ravages causés par les passions encore vivantes ou même déjà mortes?

I]>rVAS10N DE LA^ MALADIE.

Nous avons vu plus haut, en traitant des périodes de la maladie , que celle de l'invasion , qui n'avait compris que 3 jours, du 3i mars au ^ avril, avait été extrêmement prompte.

Jusqu'au 8 avril , le nombre des décès des hommes a été à celui des femmes comme 5 est à 4; depuis le 9 jusqu'à la fin , il a été, par une proportion contraire, comme 1 est à 3. (i)

Jusqu'au i5 avril, les décès de la classe nécessiteuse ont été à ceux de la classe qui est audessus du besoin, dans le rapport de i à a; depuis le 1 5 jusqu'à la clôture du bureau , ce rapport n'a plus été que de 6 à 7 i/a. (a)

Ainsi, les décès des hommes auraient été d'a-

(i) Voyez à la fin le tableau n. I.

(2) Voyez à la fin le tableau n. III.

bord plus nombreux que ceux des femmes, et la classe nécessiteuse qui a constamment plus souffert que la classe au-dessus du besoin , autait surtout été plus maltraitée qu'elle dans les premiers temps.

Cependant, ainsi que nous le verrons dans l'article qui traite de la durée de la maladie et dans le tableau qui y fait suite, les décès subits ou presque subits se sont toujours maintenus àpeu-près dans un rapport égal entre ces deux classes , et entre les hommes et les femmes.

Ce tableau nous apprendra dans quelle effrayante proportion se sont rencontrés ces décès, puisque près des 5/8^ des malades ont été tués dans les i[\ ou 3o premières heures. 11 nous découvrira encore que les périodes de la maladie où les morts ont été le plus nombreuses , sont en même temps celles où elles ont été le plus rapides.

Pour compléter les faits statistiques qui se rapportent au mode d'invasion de la maladie, nous avons cherché à quelle heure du jour ou de la nuit elle avait de préférence commencé.

Nous avons pu constater cette circonstance pour 3oo décès qui se partagent de la manière suivante :

Midi 12 Minuit 3

1 heure après midi. ... 6 i heure du matin. . . .28

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