‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 75 sur 179 · ÉTOILES FILANTES. - BOLIDES. — AÉROL1THES · texte numérisé non relu

ÉTOILES FILANTES. - BOLIDES. — AÉROL1THES

vrai, cette pierre aurait été lancée par un volcan ». C'est le lieu d’observer qu'il y a moins d’un siècle, l’Académie des sciences et les savants ne croyaient pas aux aérolithes, aux pierres tombées du ciel.

— On m’a même dit, fit le député, qu’il a fallu qu’un académicien en reçût une de quelques kilos sur la tête pour que la docte assemblée consentît à admettre leur existence.

— Pas précisément! répliqua l’astronome; mais ce n’est qu’en 1804 que lliot, envoyé à l’Aigle (Orne), non loin d’ici, pour faire une enquête sur une explosion d’aérolilhes arrivée en plein midi, fit conclure que des pierres peuvent tomber du ciel.

— Nul n’en doute plus maintenant, fit la marquise. Mais sait-on d’où viennent ces minéraux? De la Lune peut-être?

— Laplace l’avait supposé. Mais il est maintenant démontré que les aérolithes, les bolides et les étoiles filantes appartiennent à une même classe de corps célestes : ce sont des fragments disséminés dans l'espace, et circulant naturellement autour du Soleil. Lorsque la Terre dans son mouvement traverse cette armée, ceux qui passent assez près pour toucher son atmosphère laissent une traînée lumineuse par suite de leur échauflement dans le frottement de l’air : ce sont des étoiles filantes. Parfois ils passent assez près de nous pour paraître aussi gros que la lune : ce sont des bolides. Parfois enfin l’attraction de la Terre les fait tomber tout à fait ; ce sont des aérolithes.

— Si seulement ils nous apportaient des vestiges des habitants des autres mondes, comme une boucle d'oreille, par exemple, ou bien une croix, fit la jeune fille.

— Ce serait charmant, répliqua le pasteur. Mais a-t-on, sur les autres mondes, des oreilles, des bijoux et des croix?

— Il me semble que nous oublions notre tableau de l’astronomie grecque? dit l’astronome.

Pour en revenir à Anaxagore, j’ajouterai que l’une de ses assertions qui a fait le plus de bruit, c'est d’avoir affirmé que le Soleil était une masse de feu plus grande que le Péloponèse. Plutarque assure qu’il le regardait comme une pierre enflammée , Diogène Laerce comme un fer chaud. Or il fut persécuté pour cette audace.

SEPTIÈME SOIRÉE

On lui ût un crime d’avoir enseigné la cause des éclipses de Lune, et prétendu que le Soleil est plus grand qu’il ne le parait. Il avait enseigné le premier l’existence d’un seul Dieu; on le taxa d’impiété et de trahison envers sa patrie. Il fut condamné à mort ! Quand on lui prononça sa sentence : « Il y a longtemps, dit-il, que la nature m’y a condamné; et à l’égard de mes ehfants, quand je leur ai donné la naissance, je ne doutais pas que ce ne fût aussi pour mourir un jour. • Périclès, son disciple, le défendit assez éloquemment pour lui sauver la vie. — Il ne fut qu’exilé I — Ce prélude de la condamnation de Galilée montre combien de tout temps les préjugés humains se sont opposés à la réception de la vérité.

Nous arrivons à Pythagore, sorti de l’école de Thaïes, qui voyagea dans la Phénicie, dans la Chaldée, dans la Judée, en Égypte....

— Si nos jeunes savants d’aujourd’hui savaient quelle peine on avait alors pour s’instruire, interrompit le député, ils attacheraient plus de prix aux études sérieuses.

— Il lui fallut, continua l'astronome, subir toutes les épreuves de l’initiation d’Héliopolis, car les prêtres tirent tout ce qu’ils purent pour le détourner de sa vocation. Les ayant subies sain et sauf, il revint à Samos ; mais comme nul n’est prophète en son pays, il dut aller enseigner en Italie. Son école prit le nom d’italique, et lui le nom d'.'tmi de la sagesse (philosophe) au lieu du nom de Sage que l’on avait porté jusqu’alors. La musique des sphères nous fera faire demain, je l’espère, plus ample connaissance avec lui.

Empédocle, le premier disciple de Pythagore, fameux par la curiosité qui le fit périr, dit-on, dans le cratère de l’Etna, pensait que le véritable Soleil, le feu qui est au centre du monde, éclairait l’autre hémisphère. Celui que nous voyons n’en aurait été que l’image réfléchie suivant tous les mouvements du Soleil, invisible pour nous.

Son disciple Philolaüs enseigna aussi que le Soleil était une masse de verre, qui nous renvoyait par réflexion toute la lumière répandue dans l’univers. Mais n’oublions jamais que ces opinions nous sont rendues par des historiens qui ne les entendaient pas et qui, dans les expressions des philosophes, ont peut-être pris à la lettre ce qui n’était que comparaison et figure.

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