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VI-—LES DERNIERS MoOIs

Le 24 mai, nos élèves en leur qualité de loyaux sujets de ’ Na Majesté, voulurent avoir un petit bout de congé, pour fêter ! un peu Notre Très Gracieuse Souveraine. Cette faveur leur fut accordée à partir de l'heure solennelle où la compagnie avait à rendre les honneurs du salut royal, c’est-à-dire, depuis midi jusqu'à 6 heures P. M.

|| Les élèves avaient fait, tons les soirs du mois de mai, les

| | exercices du mois de Marie ; le 31, les plus dévots d'entre eux | de organisèrent une clôture solennelle de ces saints exercices, et tr leurs efforts furent couronnés d’un plein succès. la | | Le mercredi, 5 juin, fut un de ces congés extraordinaires ul dont les élèves notent avec soin tous les incidents et qui al laisse toujours les plus doux souvenirs. Il avait été décidé, Jo dans le conseil des directeurs que, ce jour-là, la communauté irait faire une promenade à Nt-Grégoire. Tout ayant été pré- be nr paré d'avance, et le vapeur ‘“ Nt-Paul ” surnommé ‘ La Punai- pr || s se” ayant été nolisé pour la circonstance, le départ eut lieu à ag | 64 heures, au bruit de la fanfare qui avait à sa disposition a th spéciale un bateau remorqué par le St-Paul. ts Sous la brise matinale, les élèves respirant à pleins pou- far mons l'air embaumé des parfums des fleurs printanières, ne Cas pouvaient trouver longue la traversée que, du reste, ils surent na H égayer par de joyeux propos auxquels se mélaient les vieux | 4 refrains du pays et les airs de musique. Quand on fut rendu poi Ton au pont de fer sur la rivière “ Godefroy, ” la communauté mt | x laissant tous ses bagages aux soins du capitaine Leblanc, se x

rendit processionnellement à l’église de St-Grégoire où elle

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arriva vers huit heures, M. le directeur l'y avait devancée et était prêt à commencer la messe quand Îles élèves entrèrent dans l'église. Inutile de parler du soin qu'ils apportèrent à l'exécution de leurs morceaux de chant et de leur musique. Après la messe, il y eut d'abord une petite sérénade sur la place publique. Puis les élèves vinrent saluer par un morceau de musique M. le curé de Nt-Grégoire, le vénérable Monsieur J. Harper. Ils firent la même chose à M. le maire de

la Rochelle, à M. Béliveau, beau-frère de M. le curé, et à M.

Laplante, ancien professeur de M. Richard.

Après avoir ainsi rendu leurs hommages aux autorités religieuses et civiles du village, la communauté reprit ses rangs pour revenir, musique en tot, à son vaisseau qui l'attendait au haut du lac. Comiue on avait grande hâte d'arver au lieu choisi pour le pique-nique, l'on prit à peine une demi-heure pour revenir à notre bateau, et l'on eut de nouveau les agréments d'une belle navigation sur le beau et très paisible lac Nt-Paul. Quand le vapeur arriva vis-à-vis de la résidence de M. Philéas Houle, M. le directeur montrant aux élèves le côteau voisin couronné d’un bouquet d'érables, annonça que c'était là qu'on allait passer le reste de la Journée...

L'on retrouvait dans cette charmante solitude toutes les beautés champêtres chantées par les poètes ; la verdure des prairies avec leurs brillants émaux de fleur, les jeunes agneaux se jouant au milieu des prés, le laboureur conduisant ses bœufs à travers les sillons, l'ombre des grands arbres, le chant des oiseaux répondant aux harmonies de notre fanfare, et jusqu'au petit ruisseau descendant de cascade en cascade et mêlant son murmure au concert général de la nature.

Les quelques heures passées en cet endroit plein de poésie et de charmes, parurent bien vourtes. Cependant nos musiciens ne voulurent pas partir sans aller faire une visite à M. On. Richard qui demeurait dans le voisinage, ni sans faire une brillante sérénade à M. P. Houle pour le remercier

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de la bienveillance avec laquelle il nous avait donné l'usage de son bocage. Vers cinq heures et demie du soir, les élèves retournaient à leur bateau et la musique jouait son morceau d'adieu. Le retour s’effectua sans autre incident, et à huit heures les élèves rentraient au Collège, enchantés de leur voyage et des agréments de leur congé.

La fête de St-Louis de Gonzague, 21 juin suivant, fournit aux élèves l’occasion de présenter leurs hommages an directeur. C'est ce qu'ils firent dans deux jolies adresses, l’une en français, l’autre en latin, après quoi iis chantèrent une cantate de circonstance. Le congé fut remis à la semaine suivante.

Les processions de la Fête-Dieu et de la Nt-Jean-Baptiste, 23 et 24 juin, furent faites avec beaucoup de pompe et d'éclat, et toutes les sociétés de la ville rivalisèrent de zèle et d'entrain ; mais on voit toujours le corps de musique du Collège occuper le rang d'honneur dans toutes ces démonstrations. Il en sera de même le ler juillet, jour de l'inauguration de la confédération canadienne ; la procession au flambeau et le feu d'artifice tireront encore une grande partie de leur intérit de la présence et du concours de nos musiciens.

La séance académique du 24 juin, jour de la St-Jean- Baptiste fut occupée par M. le président P. N. Dagneault, le vice-président M. E. Guilbert, tous deux officiers honoraires à cette séance, et par M. E. Nobert, élève en Philosophie. Encore une belle occasion pour notre fanfare de se faire valoir !

Le concours du baccalauréat, présidé par M. l'abbé Piché, professeur du Collège de Ste-Thérèse, eut lieu le 1er, 2e, et 3e jour de juillet; mais les devoirs ne furent corrigés qu'après les séances de distribution de prix, au commencement des vacances. Le résultat ne fut connu que vers la mi-juillet. Il y eut en Rhétorique 47 concurrents. appartenant tous, moins un, aux cinq collèges affiliés; mais, sur ce nombre, les élèves de Nicolet se trouvèrent hors de concours, parceque Monsieur le Recteur avait omis, par erreur, d'envoyer à ce collège la question de l’histoire du Canada. Il ne restait donc que 39

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La moyenne générale des succès obtenus fut de 72,5 ; et, considérés sous ce rapport, les collèges se classaient comme suit : au 1er rang, Ste-Anne ; huit candidats, deux bacheliers, moyenne 77.3; au 2e rang, Les Trois-Rivières; 5 candidats, pas de bacheliers, moyenne 73.1; au 3e rang, Québec ; 20 candidats, 6 bacheliers, moyenne 70.6; au 4e rang, Nte-Thérèse ; 6 candidats, un bachelier, moyenne 69.1.

Ce fut 2ncore une grande déception pour les supérieurs du Collège des Trois-Rivières ; les élèves Pager et Cloutier sur lesquels ils avaient compté pour le baccalauréat, n'étaient arrivés qu'à une honorable inscription avec les nombres respectifs de 83,4 points et 77,8. Cependant. considéré comme ensemble, cet examen témoignait une fois de plus que le cours d'études (sauf peut-être le grec, à cause des préjugés que les élèves avaient contre cette langue), n'était en rien inférieur à celui des autres collèges afliliés.

Les examens des autres classes donnèrent une moyenne caractérisée par l’épithète ‘BONNE, ” ce qui permettra à M. le supérieur d'adresser des félicitations publiques à ses élèves, lors de la distribution &es prix.

Il ne restait plus aux élèves’ pour clore les travaux de l'année, que de faire leur retraite préparatoire aux vacances, cest là ce qu'ils firent, selon l'habitude, le dernier dimanche de l’année.

Le samedi, 6 juillet, la compagnie des volontaires du Collège fut passée en revue par un officier de milice. Les évolutions furent si bien exécutées, les mouvements si réguliers, que l'inspecteur dut leur en rendre témoignage en termes élogieux. 11 déclara que parmi toutes les compagnies qu'il avait examinées, celle du Collège des Trois-Rivières pouvait être placée au premier rang pour sa bonne tenue et pour ses aptitudes militaires vraiment remarquables. La veille de la sortie, la compagnie alla parader de nouveau, sous les ordres

de son capitaine, R. Dupont, en face de l'évêché ; Mgr Laflé. che qui assistait à cette dernière revue, daigna adresser quelques bonnes paroles à nos soldats.

Le mardi, 9 juillet, devait être le jour des récompenses et du triomphe des élèves studieux et appliqués. C’est ordinairement par les exercices variés d’une belle séance littéraire, dramatique et musicale que s'ouvrent les vacances ; voyons done comment vont être appréciés ceux de cette année.

* Mardi dernier avait lieu la distribution solennelle des prix aux élèves du Collège des Trois-Rivières. La salle trop petite pour donner place à une nombreuse assemblée, contenait cependant un auditoire d'élite parmi lequel on comptait près d'une trentaine de membres du clergé et de nombreux amis de l'éducation, tous venus pour témoigner de l'intérêt qu'ils portent à cette institution. La réunion était présidée par Na Grandeur Mgr Cooke, accompagnée de $S. G. Mer Laflèche. M. le chanoine C. E. Fabre et le R. Père Charpeney O. M. I. de Montréal étaient aussi présents.”

‘* Le discours d'ouverture fut prononcé par M. Georges Pager, élève de Rhétorique. Le débit de ce monsieur est plein de grâce. Cinq élèves de la classe de Rhétorique parurent ensuite sur le théâtre pour se disputer le prix d’élocution. Ce fut une partie très-iIntéressante de Ia séance. Les morceaux de déclamation avaient été bien choisis, et les élèves rivalisèrent d'efforts pour obtenir la palme de l’éloquence. Les vainqueurs furent M. G. Pager qui eut le premier prix, et M. Alp. Camirand à qui fut décerné le second.”

‘* Le drame “ Le Savelier et le Financier ” fut joué avec beaucoup de talent. Les acteurs firent preuve d’un grand naturel

M. C. Milot qui remplissait le principal rôle enleva plusieurs fois les applaudissements des auditeurs. MM. R. Cooke et Ph. Camirand se distinguèrent aussi dans ce drame. ”

‘“ La musique et le chant s’unirent à l’éloquence et au drame pour ajouter encore à l'intérêt de cette séance. Les

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“ La distribution des prix termina la séance. Les élèves qui avaient remporté le plus de succès, vinrent successivement chercher leurs récompenses aux applaudissements des auditeurs. Les principaux furent en Philosophie MM. H. Baril, Ph. Guiïllet et OI Nault ; en Rhétorique, F. X. Cloutier, G. Pager et Ed. Brunel; en Belles-Lettres, P. McLeod, Edm. Grenier, Ulrie Barthe et Nap. Girard ; en Versification, R. Cooke, Nap. H. Beaulieu et L. St-Arnaud ; en Méthode, C. Milot. Ismaël Noël de Tilly et J. Picher; en Syntaxe, Fort. Mathieu, Joseph Trottier et Arth. Olivier; en Eléments, Dés. Houde, Ls. Doucette Oct. Pleau et ‘Aug. Beaudry ; au Cours Commercial, G. Massicotte, Al Trottier, N. Murphy, VW. Hamel et AÏf. Paradis. ”?

“ Messire Baïllargeon voulut bien offrir de magnifiques prix aux membres du chœur de la cathédrale et le major Barnard, aux élèves qui s'étaient distingués dans l’art militaire. ?

“ Après la distribution des prix, M. le supérieur adressa de sincères remerciements à l'auditoire et rendit un bel hommage à la bonne conduite et au travail des élèves de la MALSOÏ énerssiréeesse

“Tous ceux qui assistèrent à cette séance virent avec satisfaction que le Collège soutenait avec honneur la réputation qu'il a conquise dès sa naissance, grâce au zèle, au dévouement, aux talents de ceux qui sont chargés de sa direction. ”” (Journal du 12 juillet 1867.)

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