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APPRÉCIATION GÉNÉRALE DE L'ANNÉE SCOLAIRE

L'année qui venait de finir, pour n'avoir pas été aussi feconde en grands événements que ses dévancières avait eu néanmoins elle aussi, ses alternatives de beaux et de mauvais jours. Mais la suppression de la classe de Rhétorique en rapport avec la direction intérieure, l'attitude du gouvernement d'Ottawa dans l'affaire de la vente du Platon, en rapport avec l'administration extérieure, l’offrande de leurs prix de la part des élèves à Pie IX prisonnier, de la révolution italienne, c'étaient là trois grands faits qui firent de cette année, une des plus mémorables des temps héroïques Au Collège.

Cependant le projet de modifier le programme des études

et celui de suspendre, pour un temps indéterminé, les effets de l’affiliation, étaient deux graves questions qui divisèrent entre eux les prêtres du Collège et qui finirent par amener la retraite de M. Guilbert et de M. Caron. Ce dernier, appuyant plus particulièrement la raison de son départ sur l'état toujours précaire de sa santé, avait quitté le Collège vers la mi-juin pour un voyage aux Etats-Unis. M. Guilbert qui avait donné sa démission depuis plusieurs mois déjà, partit à son tour dès les premiers jours des vacances. (a) I] fut d’abord vicaire à Shawenegan, puis à Drummondville, enfin à Nt- Théodore d’Acton où il fut nommé curé après lu mort de M.

(a) Tous deux revinrent plus tard en Collèse,

1877 travailler de nouveau à leur cher

J.-Bte Marcotte. M. Caron, après quelques mois de repos, fut

Fe 0 nommé vicaire à Ste-Anne de la Pérade, puis à Yamachiche æ:, et enfin il fut chargé de la cure de St-Wenceslas.

' Le départ de ces deux jeunes prêtres, éminemment bien doués, et ne manquant pas d’aptitudes pour la vie de commu naté, fut une perte pour le Collège. Tous deux déjà, d'abord comme ecclésiastiques, puis comme prêtres, lui avaient donné six années de service, et certes, ils ne lui avaient jamais marchandé le sacrifice entier de tout ce qu’ils avaient de talents et de bonne volonté. Aussi, ce fut pour M. Richard un bien + sacrifice que de se voir privé de l’aide et du concours de ces deux jeunes collègues auxquels il était sincèrement attaché et üont il appréciait ju“tement les mérites. Ce fut peut-être un sacrifice uon moins grand pour ces jeunes prêtres, de quitter leur A/na Mater; mais les liens du cœur ne peuvent rien pour unir ceux que des idées opposées séparent. Et, dans une maison d'éducation. l'unité de vues est aussi nécessaire à l'unité d'action, que l'union des sentiments est nécessaire à

. l'union des cœurs... .

Venons-en maintenant aux statistiques de l’année. Les anciens élèves déjà portés à 275 en 1869, s'étaient accrus de 54, durant le terme scolaire 1869-70. Les noms de ceux qui

prirent sans trop tarder une position dans la société, sont : din MM. FE. X. Trudel et Edm. Grenier qui embrassèrent l'état SIl ecclésiastique ; Pierre McLeod, Richard Cooke, Ph. Martel

et Ulric Barthe qui étudièrent le droit ; Emile Lacoursiere, sh et Amédée Tousignant qui choisirent la médecine ; Eugène 187

Marchand, le notariat ; Richard Saucier, Lucien Panneton. Olivier Villemure et F. X. Morissette qui se firent religieux

convers, le premier chez les frères de la charité, le second chez Li les jésuites, le troisième chez les Oblats, le dernier chez les ah Pères de Ste-Croix ; Nap. Champoux, Jean Hamel, Joseph D Levasseur, et Georges Massicotte qui choisirent l’agriculture : À “ Léon Boucher, Chs. Biron, Eugène Beauchemin, Louis Be- è d deaux, Edm. Camirand, Joseph Lamothe, Ernest Lacerte, CA

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Joseph Marchand, Arthur Pepin, Nap. St-Arnaud qui se lancèrent dans le commerce etc.

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Les anciens élèves avaient donc atteint le nombre de 329 avant la présente année scolaire qui compta 181 élèves inscrits, 46 nouveeux et 85 anciens.

On ne comptait que 15 pensionnaires et 26 externes ; tous les autres au nombre de YO étaient quart-pensionnaires.

Il y avait ? finissants, à commençants, en Rhétorique et Belles-Lettres 11, en Troisième 10, en Quatrième 15, en Cinquième 24, en Nixième 15, en Septième et Huitième 49.

Le diocèse des Trois-Rivières avait fourni 122 sujets dont

la moitié tout juste était de la ville, ‘les 9 autres venaient des autres diocèses et quelques-uns des Etats-Unis.

Le Collège avait eu, dans son bilan de l’année précédente une balance passive de $1831.89. Cette année, grâce à la recette extraordinaire venue de la succession de feu M. Dion et à un système d'économie des plus strictes, cette balance avait été réduite de $S1233.40, c'est-à-dire, ramenée à la somme de S598.49, ainsi que l'indiquent les chiffres suivants: Recette totale S5803.48, dépense totale $5531.48, montant de la dette active $1879.51, dette passive $2250.00, résultat final, balance passive $598.49.

L'allocation du gouvernement avait été quelque peu diminuée; au lieu d’être de $1200,00, elle n'avait été que de $1176.00,.

Voici les remarques suggérées aux autorités collégiales en presence de ce résultat financier. (rapport du 27 juillet 1871.)

‘“ Nous aimons à attirer spécialement l'attention de l'Ho- “norable Ministre de l'Instruction Publique sur le fait que “ les dépenses de l’année courante sont beaucoup moindres “que celles des deux années précédentes. Cela est dû à ce ‘que la corporation n'a pas eu à subir de dépenses extraor- “dinaires et aussi, parce qu’on à administré, avec la plus ‘sévère économie, les revenus qui se trouvant moindres que “ceux de l’année dernière devaient, ce semble, nous conduire

“à une augmentation de dettes; cependant, grâce à l'esprit

‘ d’abnégation et de sacrifice du personnel, nous avons dimi- ‘ nué notre dette...

“ Ce résultat est des plus encourageants; et si le gouver- ‘“ nement, témoin de nos sacrifices, veut bien les seconder, “s'il veut nous donner un octroi encore plus généreux que ‘“ celui des dernières années, nous ne tarderons pas à assimi- ‘ ler notre cours commercial à celui du ‘ Collège Terrebonne,” “ afin que la nombreuse jeunesse de notre district qui désire ‘“ se livrer à l’industrie et au commerce puisse trouver dans ‘“ notre institution le moyen de s’y préparer. ”

(Signé) G. S. BApEAUx Président de C. C. TR.

SÉVÈRE DUMOUTIN Secrétaire.

Ls RICHARD Ptre Directeur.

Ce dernier paragraphe insinue d’une manière bien posiiive les changements importants que l’administration allait

faire subir à son programme d’études. C’est ce que nous allons [=] voir dans le chapitre suivant.

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