CR
Epiphane Dusseault, Ecel., économe.
Six anciens professeurs n'étaient pas revenus, savoir : MM. Caron, Guilbert, Nolin, Nobert, Trudel et Grastonguay. \ous avons déjà donné les raisons du départ de MM. Caron et Guilbert. M. Nolin retourna dans son diocèse ; inaïis il ne tarda pas à entrer au noviciat des RR. Pères Oblats où il est devenu un des religieux distingués de l'Ordre. MM. Nobert et Trudel se préparèrent d’une manière plus immédiate au saint ministère, le premier pour ce diocèse, le second pour celui de Portland. Quant à M. Gastonguay, ayant reconnu qu'il n'était pas appelé à l’état ecclésiastique, il avait quitté la soutane pour étudier le génie civil et l’arpentage.
M. Rheault, tout en restant procureur de l'évêché vint résider au Collège et occuper l’ancienne chambre de M. Héroux. M. liupont prit la chambre de l'angle ouest, M. Godin celle de l'angle est, M. Baril celle de l’angle nord. MM. Cloutier et Pager installèrent leurs lits dans leurs classes. Les autres ecclésiastiques furent logés dans les dortoirs, sauf M. Dusseault qui eut son logement chez M. Richard et M. Fortin qui prit sa chambre à côté de la classe de Troisième dans l’aile des dortoirs.
Aussitôt que Les classes eurent reçu cette complète orgaaisation qui n’a plus beso in, pour assurer la somme de travail voulue pour le succès, que du parfait emploi du temps et que du fonctionnement régulier de la discipline, Mr le supérieur fit donner la retraite aux élèves par un membre du chapitre de Montréal, depuis longtemps renommé par son dévouement aux intérêts spirituels des jeunes gens, Mr le chanoine Fabre, qui réussit à merveille dans cette retraite, et qui acheva de disposer notre jeunesse à passer une bonne et sainte année. Ces exercices furent donnés pendant la semaine des quatretemps, et se terminèrent le dimanche, 24 septembre. Le même jour, avait lieu au Séminaire de Nicolet une grande ordination à laquelle le Collège des Trois-Rivières fournit son
contingent d’ordinands, dans la personne de Mr Elph. Godin
qui reçut la prètrise et de MM. Cloutier et Pager qui reçurent le diaconat, après avoir été faits sous-diacres la veille. (a)
Tous trois revinrent aux Trois-Rivières, dimanche soir en compagnie de Mgr Laflèche et de son secrétaire, de Mr Richard et de Mr N. Godin père. (Ces deux derniers étaient allés à Nicolet tout exprès pour assister à l’ordination.) Aucun de ces voyageurs sans doute n’a oublié les transes mortelles de notre traversée; mais pour l'instruction des imprudents qui ne voient jamais de dange” ‘ braver les vagues de notre grand fleuve, rappelons cet inc. sent :
Arrivés à la rivière ‘ Godfroy ” où les attendait M. Dusseault avec la petite chaloupe du Collège, tous voulurent prendre passage à bord de cette frèle embarcation. Le maximum des passagers que cette chaloupe pouvait porter, par un temps calme, était de huit personnes. Or, il faisait un fort vent de nord-ouest et nous étions justement le nombre maxi-: mum, avec des bagages représentant presqu'une personne de plus. Nous avions à peine fait quelques ärpents, que Mer regrettant l’imprudence que nous venions de faire, voulait tourner bord, mais déjà cette manœuvre était devenue impossible et elle eut peut-être été fatale. IT fallut faire bonne contenance et cingler courageusement vers la ville, en nous recommandant à la Ste-Vierge, à S. Joseph et à tous nos saints patrons. Ce fut cette audacieuse résolution, aidée sans doute du secours d'en haut qui nous sauva. On fit heureusement la traversée, non sans avoir éprouvé tous une de ces bonnes peurs après lesquelles on se dit : ‘ Qu'on ne nous y reprendra pas de sitôt ” |
Le lendemain, M. Godin célébrait, avec actions de grâces, sa première messe dans l’église paroissiale des Trois-Rivières, en présence de cette communauté qu'il servait depuis déjà cinq ans, et à laquelle, il allait encore donner plusieurs années de sa vie.
(a) Mr Godin eut pour compagnon d'ordination, Mr Jos. Narcisse Tessier. Le dimanche suivant, ler octobre à Maskinongé, MM. C. O. Gingras, Victor S. de Carufel, D. G. Lajoie et A. Paquin furent ordonnés prêtres.
Le 8 du même mois, à Kingsey ce fut au tour de Mr E. Ling de recevoir l'onction sacerdotale.
La fête de Monseigneur Laflèche arrivant au commencement d'octobre, donnait à peine aux élèves le temps de préparer quelques courtes adresses, et quelques chansonnettes. Cependant, Sa Grandeur, ne tenant compte que de leur bonne volonté, se rendait avec une grande bienveillance, mercredi 4 octobre, à la salle de récréation du Collège, pour y recevoir | les hommages et les vœux de ses enfants. Ceux-ci s’efforcèrent de traduire leurs sentiments dans les diverses langues qui leur sont enseignées, e.-à-d., qu'ils présentèrent à Sa Grandeur trois jolies adresses, l’une en français, une autre en anglais et une troisième en latin. Dans sa réponse, Mgr sut trouver de ces considérations heureuses dont lui seul a le secret et l'on dirait que, quand il s'adresse aux jeunes étudiants, ses improvisations prennent un cachet particulier d'originalité et de poésie. Tout en donnant les plus utiles conseils et les exhortations les plus pressantes au travail persévérant et à l'emploi serupuleux du temps, il n'oublie pas que les joies de sa fête doivent se compléter dans l'octroi d’un grand congé. Et chose étonnante, toutes ces jeunes intelligences que la persuasion de son discours a convaincu du prix du temps et de la nécessité du travail, accueillent avec enthousiasme la faveur d’un jour de repos, et nul ne s’objecte à une conclusion en apparence si opposée aux prémisses posées et acceptées !
1i reçurent le. (a) anche soir ire, de Mr lers étaient on.) Aucun s mortelles mprudents -s de notre
it M. Dus- voulurent
Le maxiporter, par sait un fort nbre inaxipersonne de , que Mgr ire, voulait nue imposbonne cone, eN nous Ls nos saints sans doute
reusement III—ON DÉCIDE DE BATIR.
ces bonnes ;
reprendra Une des questions les plus importantes qui aïent jamais
été traitées dans les assemblées de la corporation du Collège, ce fut bien assurément celle qui fut réglée dans l'assemblée du 12 octobre 1871; je veux parler de la résolution qu'on y prit de commencer à bâtir au printemps suivant. Pour délibérer avec plus de sagesse et de lumière sur une question d’un intérêt aussi vital pour le Collège, non-seulement tous les membres de la corporation avaient été spécialement priés d'assister à cette réunion extraordinaire ; mais, de plus, on 4 avait invité monsieur le grand vicaire Caron, supérieur du Collège, et ce fut lui tout d'abord qui traita la question.
s de grâces, bis-Rivières,
epuis déjà eurs années
sse 'essier. Le or S. de Carufel,
e recevoir l'onc-
re -
ps
Se
À part la raison de dépossession des terrains de l’Ordonnance dont le gouvernement a déjà prévenu la corporation, M. le supérieur fit remarquer que les bâtisses actuellement occupées sont de beaucoup trop petites pour répondre aux besoins actuels de l’institution ; qu’on avait été obligé de louer des appartements en ville, pour ne pas renvoyer un trop grand nombre d'élèves ; que, malgré tout, on avait dû en refuser plusieurs. En présence de besoins aussi pressants, il fat résolu unanimement, sur motion de messire C. F. Baillargeon, curé des Trois-Rivières, secondée par Abraham L. Desaulniers, Ecr, avocat, que la corporation va s'occuper sans retard de faire préparer les matériaux pour commencer les travaux au printemps prochain et M.le supérieur est chargé de préparer lui-même les plans du nouveau Collège.
Parmi les membres étrangers à la ville qui assistèrent à cette assemblée, fut M. Héroux curé de Ste-Victoire, lequel, voyant que les graves questions qui commençaient à s’agiter, allaient nécessiter de fréquentes assemblées de la corporation auxquelles il ne lui serait pas possible d'assister, prit le parti de donner sa démission et il insista pour qu’elle fut acceptée. Cependant, comme la majorité des membres était persuadée que M. Héroux pouvait encore rendre de grands services à l'institution, on refusa d'accéder à sa demande.
La population trifluvienne fut saisie de la décision de la corporation, le dimanche 22 octobre, par Mr le curé qui l’annonça solennellement du haut de la chaire de la cathédrale, en invitant chaleureusement tous les citoyens à seconder les efforts des messieurs du Collège pour faire réussir cette importante entreprise. Le lendemain, le “ Journal des Trois-Riviéres ” dans un excellent article sur le sujet, faisait connaître à toute la population du district la détermination des autorités collégiales, les raisons de cette détermination, les graves intérêts publics qui se trouvaient liés à cette question et les mor tifs qu'avait la ville de mener à bonne fin une œuvre pour laquelle elle avait déjà fait de si grands sacrifices.
Le l’'Ordon- ‘orporation, tuellement ondre aux é obligé de yer un trop vait dû en pressants, 1] C. F. Bailr Abraham a s'occuper commencer périeur est a Collège.
assistérent Ste- Victoire, mençaient à iblées de Ja le d'assister, pour qu'elle :s membres
rendre de céder à sa
cision de la ré qui l’ancathédrale, seconder les cette impor- Trois-Rivièconnaître à es autorités graves inté- 1et les moœuvre pour
IV—DIvVERS.
Le samedi, 30 octobre, Mg Laflèche vint dire la messe de commupauté et conférer la tonsure cléricale à trois de nos professeurs, MM. Pierre Charles Ménard, Zéphirin Léonard Chandonnet et Léopold St-Arnaud.
Jusqu'à cette année, la messe de communauté se disait, en été, à l’église paroissiale et en hiver, à la sacristie de la même église; mais cette année, Mr Richard voyant que les élèves étaient trop nombreux pour être contenus tous dans la sacristie, avait demandé et obtenu la permission d’avoir un petit oratoire attenant à Îa salle de récréation et d'y pouvoir dire la messe de communauté. Cette amélioration évitait bien des allées et venues fort désagréables, surtout en hiver. On commença à dire la messe au Collèwe le jour de la Toussaint, et depuis on a continué à user de ce privilège jusqu'à la fin de l'occupation des casernes.
Les élèves du Collège voulant montrer à leur digne supérieur, combien ils appréciaient ses mérites et les avantages qu'ils tiraient de son intelligente et prudente direction, préparèrent une grande démonstration pour la St-Charles. Celleel tombant le samedi, il fallut partager le programine de la fête. Vendredi soir, il y eut présentation d'adresses avec chant de circonstance et quelques airs de bande; mais le reste ‘du programme fut remis au lundi suivant. Or, voici comment le journal du 9 novembre rend compte de cette dernière partie de la.-fête : ‘Lundi dernier grande réjouissance au Collège ; “on fêtait Mr le grand vicaire Caron, supérieur de l’institu- “tion. Le soir il y avait représentation. Aussi S. G. Mgr des “ Trois-Rivières, les prêtres de l'évêché, plusieurs curés des “campagnes environnantes, bon nombre d'éminents citoyens “ de cette ville, les parents des élèves et les élèves eux-mêmes “se pressaient-ils dans la salle des réunions. La salle était “remplie.
La belle tragédie, tombée de la plume de Silvio Pellico * Thomas Morus, tragédie bien connue mais toujours très gou-
‘* tée, fut donnée à l’admiration des assistants par des acteurs ‘“ de mérite, choisis parmi les élèves du Collège
# M. Chs Caron a exécuté le rôle de Morus avec un natu- ‘“rel soutenu. En somme, les acteurs ont très-bien rempli “leurs rôles. M. Arth. Pichette représentait Henri VIII: ‘# Aug. Beaudry, /e duc de Norfolk ; Jos. Genest, William fils de ‘“ Morus ; Lucien Lassalle, Cromwell, Joseph Jacques A/fred.
‘ Après cette tragédie, fut représentée une comédie en un acte, intitulée Les Prunes. Décidément, M. Chs Caron qui représentait le docteur Gil et M. EF. X. Lessard qui représentait Lafleur, le domestique, sont des acteurs comiques consommés. L’aisance de leurs mouvements était complète, le naturel parfait. Impossible de dire que les spectateurs n'ont pus 11 !
“ Acteurs tragiques et comiques ont lieu de se féliciter ; d'ailleurs, les applaudissements répétés et sincères de l’assistance, son attention soutenue, les ont justement récompen-
sés.
‘ Deux beaux morceaux de chant et plusieurs airs de ‘ bande méêlèrent une aimable variété à la partie théâtrale. ‘