VIII--LES YÊTES DU MOIS DE MARS
Cependant le mois de mars approchait. C'était le mois consacré à honorer N. Joseph, c'était aussi durant ce mois que revenait la fête de N. Thomas d'Aquin, patron de l'académie Les académiciens chôomerent leur fête patronale 16 12 par une séance publique à laquelle furent priés d'assister M. l'administrateur, les messieurs de l'évêché et ceux du Collège Ce fut M. le supérieur qui ouvrit la séance par l4 lecture de la lettre vénérée du Nouverain Pontife, reçue depuis quelques jours seulement,
Puis M. le président, D. Houde donna le panégyrique de N. Thomas. Le discours de M. Houde, écrit dans un style riche et pompeux convenait parfaitement à la orandeur du sujet.
Il s’est appliqué surtout à faire ressortir dans son héros la grandeur du sant et il fut avec une religieuse attention et fréquemment applaudi.
le génie du savant. écouté
Après ce discours qui formait la partie principale de la séance, deux nouveaux membres académiciens MM. G. Lame the et J.M. MeDougall vinrent prendre leurs sièges et adresser quelques mots de remerciements pour leur admission dans la soclété.
Alors, M. le supérieur reprenant la parole, exalta Thomas d'Aquin, le proclamant l'Aïgle de la science et en disant que ses nombreux éerits sur tcutes les questions les plus
ardues de la Théologie et de la Philosophie étaient immaculés de toute erreur. La fanfare s'était chargée de la partie musicale de la fête et elle s'acquitta fort bien de sa tâche. Avant qu'on levâät la séance, M. le curé émit une proposition qui ne pouvait déplaire aux jeunes écoliers. Il proposa que le prochain petit congé fut converti en un grand, en l'honneur de N. Thomas et de ses fervents disciples, messieurs les académiciens ; M. le supérieur ayant jugé bon de seconder la motion, elle ne rencontra pas, comme bien on le pense, d'opposition chez les élèves !
Le 19 mars, reprenant les vieilles traditions du passé, les élèves s’unirent aux membres de l’Union St-Joseph pour la célébration d'une messe solennelle à Ia cathédrale, en l'honneur de leur commun Patron. Le chœur des élèves, sous la direction de M. Nap. Rivière Eccl., exécuta avec succès une messe complète en quatre parties. Le sermon de circonstance fut donné par M. l’Administrateur qui s'appliqua à développer les motifs de confiance que nous devons avoir en la protection de N. Joseph. Le 25 mars, ce fu. à l'académie, nouvelle séance publique à l’occasion de la fête du Collège. M. l'Administrateur du diocèse, M. le curé des Trois-Rivières, tous les prêtres de l'évêché et ceux du Collège assistaient à cette fête intime
La séance fut ouverte vers 8 heures P. M. par an morceau de musique exécuté par la fanfare du Collège, puis Mr Jacques exposa le programme de la séance, en annonçant une joute oratoire où l’on devait faire l'éloge des quatre derniers siècles du moyen âge. Mr P. Cloutier parut d’abord à la tribune comme avocat du 11e siècle, Mr O. Pleau l'y suivit comme défenseur du 12e siècle, Mr Aug. Beaudry vint ensuite faire l'éloge du 13e siècle, enfin Mr J. Harnois fit l'apologie du 14e siècle. La lutte fut des plus intéressantes et la p:lme du triomphe chaudement disputée.
Mr Alexandre Dugré, tant en son propre nom qu’au nom des autres juges ses collègues, résuma la discussion, en critiquant avec délicatesse les rares défauts des orateurs et en donnant à chacun sa part d'éloges et de félicitations bien
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mérités. Voici en quels termes il a formulé son jugement : * Mr Cloutier a plus de mérite que ses collègues sous le rapport des recherches historiques ; Mr Pleau au contraire l’emporte sur tous par la grandeur, la justesse et l'harmonie de son plan ; tandis que Mr Beaudry domine ses adversaires par l'élégante facilité de son élocution et la synthèse toujours
juste de ses idées. Le mérite particulier de Mr Harnois se
trouve dans l'habilité supérieure avec laquelle il a fait ressortir un siècle en apparence inférieur aux trois autres. ”
Les discours des orateurs furent entremêlés de morceaux de musique vocale et instrumentale, et cette séance à laquelle tous les auditeurs parurent prendre le plus grand intérêt ne fut levée que sur les dix heures.
Un mois plus tard, le 24 avril, Mgr Lalflèche arrivait de Rome, après avoir accompli un voyage des plus heureux sous tous les rapports, ainsi qu'il le dit lui-même dans sa réponse à l'adresse de bienvenue qui lui fut présentée par Mr le maire J. N. Bureau, an nom des citoyens des Trois-Rivières. Le retour de Na Grandeur, après une absence de quatre mois, donna lieu à une série de démonstrations d'autant plus sympathiques qu’elles étaient plus spontanées. D'abord à Montréal, bien que le convoi qui amenait l’illustre voyageur et ses compagnons arrivât tard dans la soirée, une foule considérable Les attendait à la gare Bonaventure pour leur souhaiter la bienvenue. Les ovations dont Mgr Laflèche fut l'objet à St- Jean, à St-Henri des Tanneries et à Montéral furent sans doute plus éclatantes et plus grandioses, mais ne furent pas plus chaleureuses ni plus sincères que celles qui lui furent faites à chaque endroit de son diocèse, traversé par le chemin de fer et surtout à son arrivée dans sa ville épiscopale. Toute la population était accourue sur son passage pour l’acclamer, recevoir sa bénédiction et lui faire un cortège triomphal jusqu'à l'église paroissiale où fut lue l'adresse des citoyens et où fut chanté le Te Deum solennel d'action de grâces. Cependant la population triflauvienne subissait dans ce moment-là même. la dure épreuve d’une inondation qui couvrait la moitié de la ville et qui menaçait de devenir aussi considérable et aussi
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désastreuse que celle de 1865. Cotte circonstance avait Jets
un voile detristesse sur la joie de la démonstration de cu jour. Aussi, dans sa réponse, Na Grandeur ne put s'empéche de rappeler ce malheur dont souffrait sa ville épiscopale e1 exprimer l'espoir que les leçons que la Providence nous donnait, en nous envoyant ces fléaux, seraient enfin comprises et qu'on s'eflorcerait de fléchir la colère du Bon Dieu par un: conduite plus chrétienne et un emploi plus juste et plus modéré des biens de Ja terre,
Monseigneur parut particulièrement heureux de se retrou: ver au milieu de ses enfants du Colléese des Trois-Rivières ut dès le lendemain de son arrivée, 1l venait dire la messe de communauté et visiter nos classes,