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de la porte d'entrée de cette antichambre est celle d'une grande salle éclairée par deux fenêtres et communiquant par l'angle ouest avec la chambre de la tourelle. Cet appartement fut d'abord à l'usage de M. Lawler, pour son école commerciale, mais dès la seconde année, la première pièce devint partie intégrante de la salle de récréation, la seconde fut employée comme classe. Enfin à droite de l’antichambre, au pied d'un escalier qui monte au second étage, est la porte d’une chambre presque carrée, de vingt-deux pieds sur vingt, éclairée par deux fenêtres au nord-est. Cette chambre avec sa voisine un peu plus petite qui la tient par le côté sud-ouest serviront presque toujours de classes. La première année, les élèves internes y prenaient aussi leur récréation. Dans la seconde de ces deux chambres, 1l y a deux ouvertures à la hauteur ordinaire des châssis, mais l’une de ces ouvertures est fermée par une porte pleine en bois qui rend cette chambre littéralement borgne. Au reste, on ne voit rien là qui puisse justifier une pareille disposition ; il n'y a pas de degrés à l'intérieur, ni d'escalier à l'extérieur pour do: ner accès à cette porte, Pendant les vacances de 1862, on remplaça cette étrange porte par un bon châssis.
En revenant sur nos pas, nous heurtons le pied d’un escalier que nous pourrions prendre pour monter au second étage ; car notre visite au premier est finie. Passons outre cependant et montons au second par l'escalier du vestibule. Cet escalier, comme du reste, tous ceux de cette antique maison, est très-raide. Nous escaladons quelques degrés et nous arrivons sur une plate-forme de six pieds carrés, entourée de portes sur trois de ses côtés. (a)
À gauche et longeant l'escalier même est un petit cabinet destiné à la bibliothèque. A côté dela bibliothèque est la chambre de l'angle est, qui servira tantôt de chambre privée, tantôt de classe. Elle est bien éclairée par deux fenêtres donnant au nord-est. Tout à côté de la porte de cette chambre, est celle de l'escalier qui conduit aux lieux d’ai-
(a) Voir planthe B. Les lignes en points...... marquent les divisions prhnitives; les lignes en barres - - - marquent les divisions modernes.
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sance, à l'usage des prêtres et des professeurs. En face de la porte de la bibliothèque et à angle droit avec la précédente est celle d'une bonne chambre ayant vue sur le fleuve par deux fenêtres. Ce seru ici le logement du directeur et c'est à bon droit ; car c’est, sans contredit, la meilleure chambre de la maison quant à sa position et au confort qu'elle peut offrir après les réparations convenables. Elle a de plus l'avantage d'être attenante à une chambre à coucher, qui occupe l'angle sud et qui est éclairée par une fenêtre au sud-ouest.
En sortant de la chambre du directeur, nous trouvons à gauche la cinquième et dernière porte mentionnée plus haut comme entourant la plate-forme de l'escalier. Elle ouvre sur une salle assez vaste de forme irrégulière et occupant toute la largeur de l'édifice sur une longueur de vingtquatre pieds environ. Cette chambre est éclairée par deux fenêtres au sud-ouest et deux au nord-est. Ce sera ici la salle d'étude qui gardera ces proportions, la première et la seconde année; mais il faudra l'agrandir ensuite de plus de vingt pieds, pour répondre aux besoins des nouveaux élèves.
À côté de la salle d'étude est une pièce presque carrée, dans laquelle arrive l'escalier qui vient du premier et d'où part celui qui monte à la mansarde. Cette pièce n'a que
juste les dimensions nécessaires pour permettre l’abord
aux quatre Cffambres qui entourent l'escalier, la salle d'étude en face, une grande chambre en arrière et deux autres plus petites à droite'de l’escalier. La première de ces deux dernières chambres sera plus tard enclavée dans la salle d'étude, mais en attendant, elle sera réunie à sa voisine pour servir de dortoir ; la seconde ayant son exposition au nord-ouest, du coté de la ville, droit en face de la rue Alexandre est une bonne pièce qui, après avoir servi de dortoir deux ans, sera ensuite successivement classe où chambre privée. M. J. N. Héroux s’y préparera en 1864 un logement assez confortable.
Le dortoir originairement formé par ces deux chambres.
eut sa cellule du surveillant dans la tourelle ouest. Cette dernière servait en même temps de chambre à coucher pour le
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maitre de salle. Plus turd, on en fera une classe on une chambre privée, selon le besoin et les circonstances.
Enfin cette grande chambre que vous voyez derrière l’escalier,qui a une porte très-basse et dont le plancher est de huit pouces au-dessous du niveau du reste de cet étage, sera successivement et quelque fois simultanément classe et chambre privée, dortoir et salle de musique, ete, ete. Elle est éclairée par trois fenêtres, deux grandes au nord-est, et une petite au nord-ouest,
En sortant de cette pièce, nous avons à gauche, l'escalier unique qui conduit à la mansarde. A l'ouverture des classes, la premiere année, nous trouvons cette mansurde divisée en deux grandes chambres à peu près d'égale dimension. la porte de la première se trouve en face de l'escalier, à environ trois pieds de la rampe; on arrive à la seconde par un petit corridor à gauche de l'escalier (a). Les chambrettes des surveillants y furent placées quelques jours après l'entrée des élèves. Quatre lucarnes au nord-est, trois : : sud-ouest et quatre
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deux chambres dont on ne va faire qu’une seule pour servir toujours de dortoir. Son nom sera le grand dortoir ou le dortoir Nt-Joseph.
Pour compléter la visite de la maison, il faudrait faire une descente à la cave. Il est réellement fort intéressant de visiter cette partie du bâtiment; car, ce n’est pas une cave ordinaire, uniquement destinée à recevoir des légumes ou à varder des provisions de bouche; c’est une vérital TisOn.
Personne n'ignore que chacun de “ax du moyen âge avait son cachot. Comme dernier et de son + tique origine, la vieille résidence des anciens g. uverneurs des Trois- Rivières a, elle aussi, sa prison. Et quelle prison? Il fant voir ces murs solides et épais, élevés en pierres brutes, qui séparent chacune des loges dans lesquelles séjournèrent peutêtre autrefois quelques grands criminels. Ce qu'il y a de bien
(a) Voir planche C. Les lignes différenciées en points et barres ont la même signification que dans les planches précédentes,
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certain, c'est qu'au temps du séjour des soldats anglais, plus d'un délinquant y alla expier, dans le silence et la méditation, ses fredaines ou ses manquements à la discipline. On lit encore, en plusieurs endroits, sur les parois des murs, avec la date de leur entrée et celle de leur sortie, les noms de quelques-uns de ces malheureux que la rigueur des lois militaires condamnait ainsi à la détention.
Qui sait, si parmi les nouveaux habitants du vieux manoir, il ne s’en trouvera pas quelques-uns qui mériteront d'y aller passer quelques heures de retenue ? Afin de les pénétrer d'une crainte salutaire, je les invite à me suivre dans ces sombres souterrains. Pour cette fois, nous allons nous munir d'une bonne lanterne qui dissipera l'obscurité de ces lieux.
Nous descendons à la cave par une rampe extérieure placée au côté sud de l'édifice. Cette rampe est fermée pur une porte en deux volets. Au pied de la rampe s'ouvre également en deux volets, la porte de cette fameuse cave qui a une hauteur de neuf pieds et est partagée dans toute sa longueur par un fort muren cailloux bruts. Ce mur est croisé par deux murs transversaux qui partagent le côté droit de la cave en trois compartiments. Le premier ayant environ vingt pieds, le second trente, le troisième vingt. Le côté gauche est partagé en cinq cellules, séparées entre elles par de gros murs. Trois de ces cellules seulement recevaient un rayon de lumière arrivant par de petits soupiraux de six pouces de large sur douze pouces de haut.
Toutes ces cellules sont fermées par d'énormes portes, munies de forts verroux auxquels viennent s'adapter de gros cadenas. Pour arriver aux dernières cellules, il faut ouvrir trois de ces portes ainsi verrouillées et barrées.
Mais voyons donc l'usage qu'ont pu faire, de cette cave, les autorités collégiales. Rien de plus commode et de mieux adapté aux besoins multiples et variés d’un pensionnat.
Le premier compartiment à l'entrée fut destiné à servir de dépôt général pour les provisions de bouche. La première ‘llule à gauche fut convertie en cellier, la seconde servit de
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glacière. Quant aux autres cellules, les unes furent employées pour les bagages, les autres pour les légumes, etc, etc.
Telle était la maison dans laquelle on allait placer le berceau de l’intéressante communauté du Collège des Trois-Rivières. Telles étaient les casernes quand, en 1860, la nouvelle famille vint s’y installer.
Mais il n’y avait pas à se le dissimuler, cet édifice malgré ses proportions assez grandes et ses divisions assez nombreuses, était loin d'offrir le confort désirable et les dispositions rigoureusement propres à répondre aux besoins d’une communauté d'une centaine d'élèves, telle qu’elle fut composée, dès la première année.
Ce ne fut donc pas sans une certaine répugnance, et sans faire violence à l’amour-propre, que les premiers directeurs et professeurs durent renoncer au séjour si agréable de la cure des Trois-Rivières et du Séminaire de Nicolet, pour venir se renfermer dans cette vieille baraque, comme on l’appelait alors dans les documents officiels du gouvernement. Les élèves euxmêmes durent faire acte d’abrégation et de sacrifice, pour
quitter les splendides maisons de Nicolet et des Jésuites à Montréal, etc, ete, pour venir y prendre logement.
Cependent, en dépit de la grossièreté de son architecture, de l’apparence excessivement rustique de ses murs, de ses plafonds, de ses cloisons, etc ; malgré les sacrifices qu'ont dû faire, dans leur goût et leur bien-être, les nouveaux habitants de ce triste séjour, tous en ont gardé un bon souvenir ; tous lui sont restés attachés de cœur.
On :ne pardonnera donc, je l'espère, le soin si minutieux avec lequel j'ai voulu faire la visite du vieux château des arciens gouverneurs des Trois-Rivières, devenu, par une disposition toute providentielle, le berceau du (ollège des Trois- Rivières. J'ai voulu laisser aux nombreux élèves qui l'ont fréquenté, durant les quatorze années que la communauté y passé, un souvenir des moindres détails de son intérieur. J'ai voulu, en quelque sorte, conserver à l’histoire, chacune des
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