‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 35 sur 217 · I. Elie · texte numérisé non relu

I. Elie

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dans l'ordre et l'harmonie, en procurant aux élèves le précieux avantage d'une bonne retraite. Il pria donc M. le Supérieur de la Congrégation des Jésuites à Québec, de vouloir bien lui procurer un prédicateur à cette fin. Ce fut le Rév. Père Connilleau qui vint donner ces exercices, lesquels furent faits à la cathédrale, dans la chapelle St-Thomas. Le Père Connilleau, à l'esprit fin, à la parole aisée et vive, aux gestes saccadés et tranchants, savait frapper l'imagination des enfants et fixer leur attention. Il put à la fin de ses travaux, cueillir dans le petit champ qu'il venait de cultiver, des fruits abondants et précieux.

Le mois de novembre s’écoula dans le travail et les réflexions sérieuses que font naître, même dans l’âme des enfants, la chute des feuilles, le départ des oiseaux, le deuil général de la nature. M. Panneton put alors prendre quelques loisirs. Ilen profita pour aller à Nicolet assister à la grande fête de la “ Présentation.” Son but n'était pas seulement de satisfaire sa dévotion.et de rappeler ses impressions de congréganiste ; il voulait surtout montrer aux messieurs du Séminaire de Nicolet que, bien qu’appelé à latête d’une institution rivale, il leur restait attaché de cœur et continuerait à avoir avec eux les mêmes rapports fraternels.

II—LA FÊTE DE MGR CoO0KkE ET NoEr.!

Le mois de décembre apportait avec lui, les cauchemars et les terribles incertitudes de l'examen du premier trimestre ; mais ces impressions désagréables avaient leur contrepoids dans la perspective de deux belles fêtes ; l'une toute religieuse, c'est la grande fête de Noël, l’autre toute collégiale, c'est la fête de Mgr Cooke qui tombe le vingt et un du mois. Pour les écoliers, ces deux fêtes ont un charme particulier, elles laissent des souvenirs et des impressions qui ne s’effacent

jamais.

Mais pour fêter leur pasteur et leur père, les élèves du Collège n’ont encore aucun des éléments nécessaires à pareille démonstration. Ils n’ont ni chœur de chant, ni corps de

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musique, ni aucun de ces accessoires qui, exprimant la joie et l'allégresse, deviennent les compléments obligés de toute belle fête. C’est à peine si les plus habiles d’entre eux savent réunir ensemble quelques phrases et pourtant ils ne peuvent laisser passer inaperçue la fête de N. Thomas, du patron de Mgr Cooke. Ils sentent trop l'affection et la paternelle sollicitude dont les entoure Sa Grandeur, ils savent trop bien apprécier les avantages dont ils bénéficient au sein de la nouvelle institution pour n'avoir pas un mot de remerciement à offrir à Monseigneur, un témoignage de respect et de filial hommage à lui présenter. Done, la veille de la N. Thomas, vers cinq heures du soir, toute la communauté, directeur et professeurs en tête, se rendit à l'évêché où elle fut reçue au salon du premier étage.

Lorsque Monseigneur parut au milieu de ses enfants. l’un d'eux (a) s'avançant au-devant de ses confrères, présenta à Sa Grandeur, une adresse où étaient exprimés, avec candeur et naïveté, les sentiments de respect, d'amour, de reconnaissance et de dévouement de toute cette ardente jeunesse. Il terminait en s'engageant à prier S. Thomas pourqu'il daignât par son intercession, obtenir de longs jours à son Illustre protégé ; puis il priait Mgr de vouloir bénir sa chère famille.

La réponse de Sa Grandeur fut toute paternelle et toute empreinte de cette bonté et de cette dignité qui lui allait si bien. Mgr renouvela ses conseils et ses avis à ses bons enfants. comme il se plaisait à les appeler et après leur avoir donné sa bénédiction, il les congédia en leur accordant un grand congé. Tel fut, à peu près, le programme de la première fête collé-

giale.

Mais en voici venir une autre qui apporte au cœur de l’écolier, des joies encore plus douces, des émotions plus fortes et plus durables, c’est la belle et sainte fête de Noël. Cette fête de Noël, célébrée dans la cathédrale des Trois-Rivières, avec tout l'éclat d’une brillante parure, avec l'harmonie d’un

(a) Si mes souvenirs ne me trompent pas, ce fut Frank Turcotte.

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La moyenne générale équivalait donc à la note Trés-bien, c'était là un succès beaucoup plus grand qu'on n'eût jamais osé l’espérer, et les professeurs n'eurent qu'à se féliciter d'un résultat qui venait couronner si glorieusement leurs eforts. Naturellement, l'heureuse issue de l'examen devait exciter les courages et provoquer l'émulation ; on se remit donc à l'ouvrage avec un entrain et une ardeur nouvelle, A part quelques défaillances et quelques petites misères, la communauté continua à donner une grande satisfaction au Directeur

IV, UNE visite DE M. P. O0, CHAUVEAU.

Le six février, M. Chauveau, allant de Montréal à Québec. voulut à son passage aux Trois-Rivières, visiter le nouveau ('ollège. Mais, comme il désirait voir la communauté sous son vrai jour, et entièrement dépouillée de ces apparences plus ou moins trompeuses qu’amènent presqu'infailliblement les ré: ceptions officielles, il résolut de la surprendre et de se présenter ainsi à l’improviste, sans se faire annoncer. Arrivé tard dans l'après-midi, il s'informa vaguement à son hôtel de l'endroit où se trouvait le Collège, et il s’en vint frapper à l: porte du Château-bleu, pensant que ce pouvait être là la résidence du directeur. Comme on l’a déjà vu, ce bâtiment servait de classe, et les ecclésiastiques en avaient aussi fait leur salle de récréation et d'étude. M. Rheault se trouvait là par hasard quand on vint frapper, et il ne fut pas peu surpris de voir entrer, à cinq heures et demie du soir, un voyageur inconnu. portant un paletot de fourrure et demandant à voir le directeur du Collège.

Malheureusement M. Panneton se trouvait absent de la maison dans ce moment-là, et M. Rheault avait à peine fait connaître cette regrettable circonstance à son étrange visiteur. que celui-ci déclinant son nom, se fit connaître pour le Sur tendant de l’Instruction Publique, M. P. O. Chauveau. Les premiers mouvements de surprise qu'avait d'abord éprouvés M. Rheault, firent place alors à un embarras assez sérieux. Il s'agissait pour lui de faire les honneurs de la réception à un

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personnage officiel, et il n’était rien moins que préparé à pareille démonstration. Cependant il s'exécuta de bonne grâce ; il exprima à son honorable visiteur combien il était regrettable que M. le Directeur fût absent ; il s'excusa de se voir obligé de le recevoir dans'une pauvre classe. Il donna ensuite à M. Chauveau tout les détails d'information que celui-ci désirait recueillir sur la nouvelle institution; puis, il lui proposa de voir les élèves qui se trouvaient alors à l'étude.

La visite d'un étranger à la salle d'étude pendant que les élèves y étudiuient, était chose assez ordinaire. Il ne se passait guère de semaine, sans que quelqu'importun ne vint ouvrir la porte, demander quelqu'information ou appeler quelqu'élève.

Monsieur Richard qui se trouvait alors à l'étude comme surveillant, voyant la porte s'ouvrir toute grande, crut d'abord à la répétition de quelqu'une de ces scènes plus ou moins comiques qui se passaient assez souvent. Cependant, il ne tarda pas à remarquer que son personnage se présentait avec beaucoup d'aisance et de bonne grâce, et il allait le prier poliment de se retirer, quand il aperçut M. Rheault qui suivait et qui évidemment conduisait lui-même le visiteur. Alors, descendant de la tribune, il vintau-devant de monsieur Chauveau qui lui fut présenté par M. Rheault.

M. le Surintendant adressa quelques paroles aux élèves et surtout il les encouragea à bien s'appliquer et à bien étudier. Il termina en leur disant: ‘ Pour vous montrer combien je désire que vous employiez bien votre temps, je ne vous dérangerai pas davantage dans votre étude. Je vous souhaite courage, persévérance et succès.” Quittant aussitôt la salle d’étude, il salua M. Rheault qui le remercia, au nom de M. le Directeur, de sa bonne et très-honorable visite ; et il regagna aussitôt son hôtel.

Telle fut la première visite du Surintendant de l’Instruction Publique au Collège des Trois-Rivières. N’ayant eu aucun caractère officiel et ayant été dépouillée de tout l'appareil qui se déploie en pareille circonstance, cette visite n’a laissé que

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peu d'impression sur l'esprit des élèves. Elle est restée seule. ment comme un des petits incidents de la première année.

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