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VII. MArADIE DE Mar. COOKE

Cependant la jeune communauté eut alors à subir une épreuve des plus sérieuses et des plus graves. Mgr Cooke fatigué des travaux de l'administration diocésaine et des offices de la Semaine Sainte, et plus encore peut-être, des tracasseries que lui causait l'embarras de ses finances et des luttes qu'il supportait pour son Collège, tomba malade à la fin, et en quelques jours, il fut réduit à l'extrémité.

Le 17 avril au matin, le mal avait pris des symptômes alarmants qu'on crut prudent de lui administrer les derniers sacrements.

On peut difficilement se faire une idée des craintes et des angoisses que causa cette maladie si subite et si grave de a Grandeur, chez tous ceux qui s’intéressaient au Collège des Trois-Rivières. Evidemment, cette institution n'était pas encore assez solidement assise, elle n'avait pas emcore acquis assez de sympathies pour pouvoir résister devant une épreuve aussi grande. En perdant son unique appui et son seul pro tecteur, elle serait nécessairement emportée dans la première tempête. Mais la Divine Providence qui veillait sur le diocèse et sur notre maison, ne voulut pas briser sitôt la houlette du pasteur et nous priver du patronage et de la direction de notre fondateur. Elle ne permit pas que l'épreuve fut de longue durée, elle ne tarda pas à se laisser toucher par les

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prières et les vœux que faisaient pour Monseigneur tous ses dévoués enfants. Le progrès du mal fut enfin arrêté et au bout de quelques jours, Sa Grandeur fut en pleine convalescence, La joie et le bonheur rentraient de nouveau sous le toit du Collège, avec l'espérance que la guérison de Mgr serait bientôt parlaite.

Le rétablissement de la santé de Mgr Cooke fut un événement heureux, non-seulement pour le Collège, mais aussi pour le diocèse des Trois-Rivières. La mort prématurée de l'évêque dans les circonstances excessivement difficiles où se trouvait alors le diocèse, aurait pu amener des complications fatales à l'existence même de ce dernier. Mgr Cooke se plaisait luimême à reconnaître que la Providence ne lui avait rendu la santé et les forces que pour mettre ordre aux affaires de l'évèché, et lui permettre d’asseoir les institutions diocésaines sur des bases plus solides.

Quant aux élèves du Collège, à la première occasion qui leur fut offerte de rencontrer Sa Grandeur, ils ne manquèr :nt pas de lui faire part des émotions diverses qu’ils éprouvèrent sous le coup de ces événements. Cette occasion ne leur fut donnée que le jour de la distribution solennelle des prix, et voici comment le jeune élève qui ouvrit la séance, traduisit, dans son adresse, ses propres sentiments ainsi que ceux de ses confrères :

‘Monseigneur, notre jeune communauté n’a pas encore ‘eu le bonheur de rencontrer Votre Grandeur depuis la “ maladie qui nous a tous si profondément aflligés; permettez “ que nous saisissions la présente circonstance pourlui expri- “mer, combien nous avons fait pour elle de prières et de “vœux et comme nous sommes aujourd'hui contents et “joyeux de son parfait rétablissement. La ville a déjà eu “plusieurs occasions de vous témoigner, depuis ces jours “tristes, ses sympathies et son affection, nous nous réunissons “à elle, ou plutôt elle-même encore se réunit à nous, pour “vous exprimer les mêmes sentiments et pour vous souhaiter “ de très-longs et bien heureux jours au milieu de nous ”....

Mais reprenons le fil de l’histoire que nous avons abandonné un instant pour suivre les divers incidents de la maladie de Mgr Cooke.

Le mois de mai, qui ramène la vie et l’action au sein de la nature, est aussi un temps excessivement propice à la culture des intelligences. Soit que les conditions de l'atmosphère deviennent alors plus en harmonie avec les besoins de notre être ; soit que notre intelligence trouve, dans le spectacle de la nature, le moyen de se remettre plus aisément de ses fatigues ; soit que tout prenne alors une voix pour nous exhorter au travail, depuis l’humble plante qui se hâte d'ouvrir sa corolle à l’action bienfaisante du soleil jusqu’à l'oiseau qui, dès l’aube du jour, est à l’œuvre pour faire son nid ; c’est un fait que les beaux jours du printemps sont les plus favorables aux travaux de l'intelligence et qu'en général, dans toutes nos maisons d'éducation, c’est dans ce temps que les élèves sont les mieux disposés et font le plus de progrès. Au reste, les fêtes religieuses qui parsèment, ça et là, le cours des mois de mai et de juin, font une très-heureuse diversion à la monotonie des travaux de l'étude et à l’invariable uniformité de la règle ; ces fêtes ne contribuent pas peu à retremper le courage et à soutenir l’ardeur et la bonne volonté.

Durant ces deux mois, nul incident étrange ne vint troubler la paix ou détourner l’attention de la jeune communauté qui s’apprêtait à subir un examen public sur les matières propres à chaque classe. Cependant les élèves de Belles: Lettres, de Versification et de Syntaxe rivalisèrent de zèle et d'efforts pour célébrer convenablement la S. Louis de Gonzague, fète de leurs professeurs respectifs. Ceux des éléments eurent leur tour à la N. Jean-Baptiste.

À l’occasion de cette dernière fête qui fut célébrée en ville avec grande pompe, les académiciens firent, dans la soirée, une séance quasi-publique, laquelle obtint un grand succès. Messieurs les ecclésiastiques L. Pothier et Th. Lottinville qui présidaient cette séance, y prirent successivement la parole, et leurs allocutions furent des mieux goûtées. Après

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