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VI--ANNIVERSAIRE DE LA FÊTE ‘“ AU SUCRE

Le souvenir des agréments goûtés, l’année précédente, dans la grande fête au sucre était encore trop vivace dans l'esprit des élèves pourqu'ils ne fussent pas tentés d’en faire l'anniversaire. Le temps était propice, mais des sucriers l'étaient moins. Ceux-ci posaient des conditions qu'il n'était pas possible d'accepter. Cependant M. Panneton qui tenait à temoigner sa satisfaction de la bonne conduite des élèves, proposa un moyen terme qui fut adopté sans opposition. Il fat décidé qu'on ferait une bonne provision de sucre et qu'on irait la manger chez M. Rivard à Nte-Marguerite. Ce moneur serait chargé de préparer la /rempette et la tire selon le mode habituel des plus habiles confiseurs. Donc le 15 avril jour de congé, le soleil se lève plus radieux que de coutume, la brise est fraîche, le temps est beau, les cœurs sont joyeux, c'est la fête ‘‘ au sucre ”’. Aussitôt après le déjeuner, la communauté sort de la ville en rangs pressés. Les bras sont chargés de paniers pleins des provisions qui doivent faire le menu du dîner. Après une demi-heure de marche le long du coteau, la communauté fait halte sous une allée de petits pins bordant la cote dans un endroit d’où la vue embrasse, dans un même panorama, la magnifique plaine de la banlieue en face, les mille toits de la ville à gauche, l'immense horizon qui s'étend sur le lac St-Pierre à droite : c’est le lieu choisi pour y passer la journée. À deux pas de là, est la demeure de M. Rivard, et la fameuse cambuse où devra être préparée la bonne trempette pétille déjà en face de la maison.

La journée fut magnifique et le programme de la fête put être rempli jusque dans ses plus minutieux détails, car nul nmcident désagréable ne vint troubler les douces jouissances de ce jour. Quand le soir arriva, il sembla aux jeunes élèves que le soleil s'était hâté plus que de coutume, de descendre derrière les grands arbres qui bordaient l'horizon à l'occident.

agréments du congé et parfaitement reposée des travaux d l'étude.

Le lundi suivant, 20 avril, la communauté était réveillé en sursaut à trois heures du matin, par le son toujours lugu: bre du tocsin sonnant aux trois cloches de l’église paroissia. le ; et, en même temps, une lueur sinistre venait éclairer, comme en plein jour, tout le dortoir St-Joseph : un incendis venait d'éclater dans le voisinage du Collège, sur la rue du Platon, dans une maison occupée par un M. Harrison, ferblan. tier et trafiquant de vieux chiffons.

Impossible de retenir au dortoir les élèves qui, en den minutes, furent tous sur pied. Au reste, le vent donnait du côté du Collège et tout l’espace qui le séparait du foyer d l'incendie était garni d’une grande quantité de bois de chant fage sur lequel tombait déjà des tisons enflammés ; ce qui pouvait fournir un nouvel aliment au feu, et l’amener, par mn large chemin, jusqu’au Collège. Les élèves descendirent dan la cour et pendant que les uns éloignaient le bois, d’autres plus forts venaient à la rescousse des pompiers qui n'avaient alors à leur disposition gue des pompes à bras.

Bientôt, de la maison où il s'était allumé, le feu pass dans les vieux hangars qui se trouvaient adossés au Platon, et qui étaient remplis de ballots de guenilles. Du moment que le feu fut pris dans cet amas de vieux linge, il ne fut plus possible de l’éteindre et, pendant plusieurs jours, les élèves eurent à souffrir de l’odeur infecte qui s’exhalait de ce foyer toujours fumant. Une des compagnies de pompier avait laissé sa pompe sur le Platon, et comme la neige alor fondante fournissait de l’eau en abondance, les élèves employèrent plusieurs récréations à pomper sur ces ballots sous lesquels couvait toujours un feu caché, et ils finirent pu les inonder entièrement.

La communauté rentra au Collège, entièrement satisfaite dus

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