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CONCERNANT L’AFFILIATION DES COLLÈGES CLASSIQUES

Arr. I. Pourra être affilié tout collège classique de cette province dont les élèves seront obligés par les directeurs à subir les deux examens prescrits pour l'inscription et le baccalauréat ès-arts, le premier après la rhétorique et le second après la philosophie ; la sanction de cette obligation étant, en règle générale, que les élèves de rhétorique qui n'auront point conservé le tiers de leurs points dans l'examen du mois de juillet, ne seront point admis à entrer en philosophie, à moins qu'ils n'aient repris avec un succès suffisant leur examen après les vacances.

Anr. II. L'examen se fera conformément au règlement concernant les degrés, tel que publié dans l'Annuaire de 1862-63, et ce règlement ne sera désormais modifié, en ce qui concerne l'inscription et le baccalauréat ès-arts, qu'après avoir pris l'avis des collèges affiliés.

Arr. III Le travail écrit des candidats se fera dans chaque collège sous la surveillance de quelqu'un chargé de ce soin par le Recteur ou par le Doyen de la Faculté des Arts, et avec toutes les précautions indiquées soit dans l’art. V. du règlement concernant les degrés, soit dans la Direetion imprimée dans l'annuaire de 1862-63.

Arr. IV. Le surveillant sera toujours une personne étrangère au collège, et

| comme il pourrait être difficile au Recteur de trouver autrement assez de surveillants

pour tous les collèges affiliés, Ie Supérieur de chaque collège affilié enverra, sur la demande du Recteur ou du Doyen de la Faculté des Arts, un des officiers ou professeurs de ce collège, pour surveiller le travail des candidats dans un autre collège. Le Supérieur du collège où se fait l'examen, pourra, s’il le juge à propes, lui adjoindre une où plusieurs personnes du collège, à la condition cependant que ces seconds surveillants ne demeurent point seuls durant les séances et que le premier soit toujours responsable.

Arr. V. Les examens se feront régulièrement les mêmes jours dans tous les col-

lèges affiliés, savoir dans la première semaine de juillet et dans la première semaine de septembre et les questions et les matières seront les mêmes partont.

Arr, VI.:Les jurvs seront nommés pur le lecteur conformément à l'art, XIV Qn

règlement concernant les degrés. Les professeurs et officiers des collèges affiliés qui

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Qu Arr, VII Le privilége accordé aux élèves des collèges de Montréal, de Nicolet

! Q . à ! + LA 4 Q Q H , HR de St, Hyacinthe, de Sainte Thérèse, de Ste, Anne, de Ste, Marie de Montréal et de | l l'Assomption, d'obtenir l'inscription sur un certificat d'études faites avec suce, | cessera au premier janvier 1866. Pour faciliter l'inscription aux él es déjà avancés

dans leurs études au moment où l'affiliation aura lieu, Le Recteur pourra convenir ave

M. le Supérieur de chaque collège en particulier, de l'époque où chaque examen com:

nencera à être obligatoire dans ce collège et du temps pendant lequel, soit avant, soit

| même après le ler janvier 1866, un certificat convenable pourra tenir lieu d'un exa-

men ou même des deux.

Article transitoire du règlement conrernant les degrés.

Jusqu'au premier septembre mil huit cent soixante treize, les professeurs et ofii.

ciers affiliés à. l'Université pourront être promus au grade de Maître s-Arts sans

examen, pourvu qu'ils aient été chargés, pendant toute la durée de huit années scho-

laires, d'un ou de plusieurs des emplois suivants : ceux de Préfet des études, de pro.

fesseur de Philosophie, de professeur de Rhétorique, de professeur de Belles-Lettres, d

Lu professeur des sciences mathématiques et physiques, et de professeur de Chimie.

| À Le projet d'affiliation soumis à la corporation du Collèse | des Trois-Rivières rencontra, sans difficulté, l’assentiment général des membres ; parce qu'ils voyaient, dans l’afliliation un moyen de donner du relief à l'institution, et d'assurer si réputation en montrant au public que les études qu'on y faisait n'étaient en rien inférieures à celles que donnaient les autres institutions classiques. Aussi, l’acceptèrent-ils avec le plus | grand empressement, sans en peser Jes inconvénients, sans en prévoir les dangers. Cependant, comme les études n'étaient pas encore complètes, Monsieur le Directeur stipula que les Fr] élèves de Philosophie ne subiraient le concours, que quand ls études auraient reçu leur complément naturel, dans les col lections de spécimens et d'instruments nécessaires aux classes

de sciences.

| Mgr Cooke, redoutant des difficultés consentit un peu à | contre-cœur à l’affiliation de ses collèges ; mais il refusa d'ail

lier son grand séminaire.

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Au reste, le sentiment général des collèges de la Province fut opposé à l’afliliation, et il n'y en eut que quelques-uns qui l'acceptèrent de bon gré, dans les conditions posées alors. Ce furent le Séminaire de Québec, celui de Nicolet et de Ste- Thérèse, le Collège de KSte-Anne et celui des Trois-Rivières,

Cependant, au Collège des Trois-Rivières, les plus anciens professeurs qui se trouvaient assez en état de juger de la rigueur des conditions imposées et qui étaient moins intéressés que les membres de la corporation à faire de la réclame en faveur de l'institution, étaient aussi très hostiles à l’afliliation. Mais leur opposition ne pouvait influer en rien sur une décision de la corporation qui avait reçu la sanction de l'autorité épiscopale. Ils durent accepter de bonne grâce le fait accompli, et ils s’efforcèrent d'en tirer immédiatement le meilleur parti possible, en secondant de tout leur pouvoir les vues de Mr Panneton.

Le diplôme d'afliliation du Collège des Trois-Rivières porte la date du 12 mai 1863, et ce fut dans sa séance du 14 avril précédent, que le Conseil Universitaire vota cette aflilation, ainsi que celle des Collèges de Nicolet, de Ste-Anne et de Nte-Thérèse.

Aussitôt qu'il eût reçu cet important document, Mr Panueton se hâta de le porter à la connaissance des élèves et de les instruire des obligations nouvelles que leur imposait l’affilation. Il leur donna avis que désormais, à la fin des classes de Rhétorique et de seconde année de Philosophie, ils auraient à subir les épreuves du baccalauréat. Bien qu'il eùût obtenu une exemption pour quelques années, il comptait cependant sur la bonne volonté des rhétoriciens pour le concours de cette année même.

Cependant M. Panneton ne voulut pas agir à l’aveugle et risquer la première épreuve, sans avoir auparavant pris les moyens de s'assurer de la force de ses élèves. Aïnsi donc, sans faire part à ces derniers de ses intentions, il leur fit subir un examen complet, selon les règlements universitaires, puis il envoya tous ces devoirs à M. le Recteur de l'Université en

le priant de les faire apprécier par des jurys de correction, absolument selon le mode usité dans les concours. Au bout de quelques jours, M. le Recteur étant de passage aux Trois- Rivières, fit mander chez M. Panneton nos élèves de Rhétori. que et il se prit à les féliciter chaleureusement de leurs succés 'e fut alors qu'ils apprirent, non sans une extrême surprise, que leurs derniers devoirs avaient été corrigés à Québec !!. Après cette expérience qui laissait entrevoir un succès presque certain pour quelques-uns de ses élèves, notamment pour Magloire McLeod dont la composition surtout avait été grandement remarquée, M. Panneton fut dès lors résolu de mener ses soldats au premier tournoi.

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