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IX—LE PREMIER CONCOURS

Le mois de juillet était arrivé, et l’on touchait à l'époque de la première grande épreuve du baccalauréat. Le petit Collège des Trois-Rivières avait préparé, pro formä, son contingent de candidats pour le redoutable concours. Lis séances eurent lieu le 6, 8 et 9 juillet, sous la surveillance de Monsieur l’abbé L,. J. Piché, prêtre du Collège de NSte-Thérèse.

Avec le Séminaire de Québec, il y eut le Collège de Ste- Anne et celui des Trois-Rivières qui entrèrent en lice. Il n'y eut en tout que trente concurrents pour la classe de Rhétorique. Sur ce nombre, il y'eut sept bacheliers, tous du NSéminaire de Québec. Le premier des Trois-Rivières, Mag. McLeod arriva au dixième rang avec une somme de 89.9 points ; il venait immédiatement après le premier du Collège de Nte- Anne, Le second de nos candidats, Lucien Turcotte obtint 18.0 points et se trouva classé au 17e rang ; le troisième À. X. Turcotte occupait le 20e rang avec 76.7. Notre quatrième concurrent Nap. Caron, obtint une inscription honorable.

Mais ce dernier élève s'était trouvé dans des conditions exceptionnellement défavorables pour entreprendre un pareil concours. D'abord, il avait fait toutes ses classes de grammaire et de littérature sous un maître privé, et par conséquent, il n'avait pas la pratique de ces examens sérieux à faire dans un temps donné. Ensuite, entré au Collège pour y faire sa rhétorique, il y avait à peine quelques semaines qu'il suivait les cours réguliers de cette classe, quand il se vit contraint par une maladie très grave de s’absenter pendant plusieurs mois. Ainsi, pendant que deux de ses confrères plus capables que lui et qui n'avaient pas ses excuses,

n'osaient tenter les redoutables épreuves, lui s'avançait brave. ment au combat, et uniquement pour faire plaisir à son Diruc. teur, il entreprenait une lutte tout à fait inégale d’où il sortit fort honorablement comme nous venons de voir.

Le résultat de cette première épreuve, considéré dans son ensemble et eu égard au peu de temps que les élèves avaient en pour se préparer à cet examen extraordinaire, était des plus satisfaisants. Même, en considérant les succès particulien obtenus sur certaines matières, par exemple sur la compo sition littéraire, matière prinipale du concours, il y avai presque lieu de s'enorgueillir. Ils: trouvait en effet que su cette matière, Mag. MeL:od arrivait au 4e rang et Luciu Turcotte au 6e : sur l'histoire universelle, MeLeod obtenai également le 4e rang. Or, un pareil résultat était non

. seulement très encourageant, mais il donnait la preuve pu blique la plus évidente que notre cours d'étude n'était en rien inferieur à celui des autres grandes maisons classiques dont plusieurs n'avaient pas osé tenter cette première épreuve, en s'appuyant sur la raison, bien plausible du reste, que le temp compris entre la date d'affiliation et celle des examens avai été trop court. Mais le Coliège des Trois-Rivières s'étai trouvé absolument dans les mêmes conditions d'infériorite relativement au Séminaire de Québec, et ceci pouvait expli quer facilement la faiblesse des élèves sur certaines matières

notamment sur le grec.

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