L DE CHOMEDEY, SIEUR DE MAISONNEUVE
té ; ils allaient Nous voyons 51 la récolte de
fixé par le conseil.
De 1642 à 1654 il y eut vingt-six mariages et soixante naissances.
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EPUIS plusieurs années déjà les habitants du Canada se plaignaient du monopole des Cent-Associés, lorsque, en 1645, le roi crut avoir trouvé le moyen de régler la difficulté en transférant à une nouvelle compagnie, dite
des Habitants, le privilège de la traite des pelleteries, ‘‘à la charge que les dits habitants entretiendront à l'avenir la colonie de la Nouvelle-France et déchargeront la dite Compagnie (des Cent-Associés) des dépenses ordinaires qu'elle faisait ci-devant pour l'entretien et appointements des ecclésiastiques, gouverneur, lieutenants, capitaines, soldats et garnisons dans les forts et habitations du dit pays, et généralement de toutes autres charges dont la Compagnie pourrait être tenue suivant le même édit, et sans que les dits habitants puissent faire aucune cession ou transport de tout ou de partie de la dite traite ainsi à eux cédée.” Un bien petit nombre d'habitants formait la Compagnie des Habitants. C'était toujours le monopole favorisé, imposé par le roi, qui ne pouvait voir d'autre moyen de defrayer les dépenses de la colonie. Nous voyons qu’en 1646 la nouvelle compagnie acheta 325,000 francs valant de castor, sans compter les peaux d'orignal, etc.
En 1647 le roi constitua un conseil qui devait se composer du gouverneur-général, du supérieur des Jésuites et du gouverneur de Montreal, ainsi que des syndics de Québec, Trois-Rivières et Montreal, ces derniers ayant voix delibérative. Ce conseil devait régler la traite, les comptes et les gages des employés. En même temps on permettait aux colons d'acheter des sauvages ou d'échanger les produits de leur terre, à la condition qu'ils portas.
sent leurs fourrures aux magasins de la Compagnie, où ils en recevaient un prix
C'était un commencement de liberté, qui fut encore étendu l’année suivante.
Par un arrêt du 5 mars 1648, il était décrété que le conseil serait composé du
éder de beauprès de deux Pénéral, voulut
gouverneur-général, du dernier gouverneur-général, du supérieur des Jésuites, de deux habitants élus pour trois ans par les colons, des syndics de Québec, Trois-Rivières et Montréal, et des gouverneurs de ces deux dernières villes, et
Monopoles et Commerce.
Destruction des Hurons
Progrès de Montréal.
par un autre arrêt du 3 mai 1648, on reconnaissait à ce conseil le droit de règlementer le commerce comformément aux édits royaux, de juger les différends entre les particuliers et même de décider de la paix ou de la guerre avec les peuplades sauvages.
Permission était accordée en même temps aux habitants qui voudraient escorter les missionnaires chez les Hurons d'y faire la traite, toujours à la condition d'apporter leurs fourrures aux magasins de la compagnie.
Par sa position géographique Montreal était destinée à profiter plus que toute autre colonie de ces concessions. La destruction des Hurons vint anéantir toutes les espérances. ‘‘ Jamais il n'y eut plus de castors dans nos lacs et dans nos rivières, écrivait le supérieur des Jésuites, en 1653, mais jamais il ne s'en est moins vu dans les magasins du pays. . . . . La guerre des Iroquois a fait tarir toutes ces sources. . + + + Le magasin de Montréal n’a pas acheté des sauvages un seul castor depuis un an.”
La rivalité entre Québec et Montréal se manifestait toujours à chaque occasion.
M. de Lauzon étant devenu gouverneurgénéral, il voulut s’attribuer le droit de lever un tribut sur les vivres, les hardes et les munitions arrivant de France en destination de Montréal. Le roi dut intervenir pour mettre fin à cette prétention.
Malgré ces petites misères, Montréal se développait toujours. [En 1658, M. de Maisonneuve amena unecsoixantaine de nouveaux colons, et l’année suivante on porte à 375 la population de la ville. Une quarantaine de maisons avaient déjà été érigées en dehors du fort. On cultivait le blé, le seigle, le sarazin et le lin, et on fabriquait déjà .‘‘ l’étoffe du pays ” et ia toile nécessaire au vêtement des colons. On avait aussi
égale retrai
\ propr cessio
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commencé à planter des pommiers et à faire JÉROME LE ROYER DE LA DA
du sucre d'érable. La colonie ne possédait
pas de chevaux et on ne cultivait pas le foin,
‘‘car les faucheurs et les feneurs sont toujours en danger d'être tués par les Iroquois.” Une journée d'homme se payait de trente à quarante sols et la pension. D’après tous les auteurs du temps Montréal ressemblait à une communauté religieuse; les serrures étaient chose inutile. Permission était accordée aux habitants de faire la pêche et la chasse à certaines distances limitées, mais il leur était strictement défendu de traiter d'armes, de munitions ou d'eau-de-vie avec les sauvages, sous peine de punition corporelle. Il était
* DE LA CHAMBRE DE COMMERCE. 9 lroit de règle- également défendu de tirer du fusil pendant la nuit et de sortir après la 166765. les différends retraite. erre avec les Vers cette époque la Société de Montréal se décidait à céder ses droits de propriété sur l'île de Montreal,au séminaire de Saint-Sulpice, mais l'acte de ui voudraient cession ne fut signé qu'en 1663: ours à la con- Cette année 1663, la Compagnie des Cent-Associés renonça à ses privilèges et à son domaine du Canada. Quelques jours plus tard le roi créait un conseil fiter plus que souverain pour administrer les affaires de la colonie; des cours de justice
royales étaient établies à Québec, Montréal et Trois-Rivières.
La Compagnie des Habitants conservait Nouveau
. , Monopole.
le monopole de la traite. Il était cependant permis aux marchands de France d'apporter des articles et de les vendre pour leur compte, en payant un droit de dix pour cent. Cet état de chose ne dura que deux ans. En 1665 le Canada fut de nouveau concédé à une compagnie de marchands, dite cette fois | la Compagnie des Indes Occidentales. La Compagnie des Habitants s'arrangea avec les nouveaux seigneurs pour garder la traite des pelleteries avec les sauvages en leur payant le quart des castors et le dixième des orignaux. Afin de prévenir toute fraude, il était défendu aux capitaines de navires partant pour l’Europe de recevoir à leurs bords aucune pelleterie, sans permission par écrit de la compagnie, et les barques descendant de Montréal à Québec devaient faire, en arrivant, une déclaration de la qualité et quantité de castors et d’orignaux qu'elles portaient. Un système d'inspection sévère était établi. C'était la douane de l’époque.
Mais la sollicitude des gouvernants Rfiements s'étendait encore plus loin. Le prix des °"merce marchandises et des peaux était fixé par un ROME LE ROYER DE LA DAUVERSIÈRE. tarif, établi par le conseil souverain. En
1665, M. de Tracy décrétait le tarif suivant pour la traite des sauvages :
tués par les Une couverture blanche de Normandie............. six castors. ite sols et la UNS een een dt een SIN it à une com- Un grand capot... ................ a était accordée URREUR CARAtE Rr biar ui erore roma un # ices limitées, Un moyen capot.................. STE 2 vs. deux ‘ munitions ou Deux livres de poudre......,.........,,,,,.,,.,., un ét
elle. Il était Quatre livres de plomb...... ........... Minis une ="
10 SOUVENIR DE LA CHAMBRE 1665 Huit couteaux à manches de bois,.,..,.......,.,,. un castors. expor Donements Dix fourchettes.......... RTS TA PAT Le un « en Fr Commerce, Vingt-cinq alènes.......... RAT NL OT TS ET E un #s 1
Douze fers de flèches.........,..,,,,,....,,,,... un h qui jc Une couverte à l'Iroquoise............ totem trois ‘* de ba | Une couverte de ratine.............. rentree quatre ‘* I Une barrique de blé d'inde.......... AAA TT crois IR et po Deux épées....... Ne FLOU UM Ver LEON vosere JUN NL monr Deux haches....,......... here PP EL. LL huit « En même temps il était déclaré que la barrique de vin devait se vendre cinquante-une livres PEAR
à Québec et soixante-une livres à Montréal, la barrique d’eau-de-vie, cent quarante livres à Québec
et cent soixante-huit livres à Montréal, le serge de nn Poitou, l’aune, quatre livres cinq sols à Québec et y, | cinq livres trois sols à Montréal. Il en était de 17) même pour tous les articles. Lorsqu'un prix k spécifique n'était pas établi pour certaines marchandises, il était décrété généralement qu’elles devaient être vendues à Québec à soixante-cir:q pour cent d'augmentation sur le coût en France.
En 1664, le conseil souverain donne ordre aux marchands d'exposer leurs marchandises et de n'en point vendre en gros pendant un mois plus du dixième. Avec de pareils règlements la spéculation n’était pas facile.
Ces règlements du reste étaient appliqués ré avec rigueur. Lorsqu'il y avait violation, les marchands étaient condamnés à restituer ce ou'ils avaient chargé au-dessus du tarif et à payer tous les frais du procès. Un jour, un nommé Rousseau est condamné à cent livres d'amende pour avoir vendu certaine marchandise sans donner à l'acheteur un billet constatant le prix coûtant de l'article vendu. Un autre jour plusieurs marchands sont condamnés à cinq cents livres d'amendes pour avoir enfreint de semblables règlements. À SSS
En fixant avec tant de soin le prix des mar- ; chandises, le roi avait un double but; 1 © Protéger JEANNE MANCE les colons contre la rapacité des commerçants et
2 © faciliter la transaction des affaires sans numéraire. l'avai
* + * + + de cd
N effet les espèces monnayées encore relativement rares à cette époque Lang dans le monde entier, l'étaient surtout au Canada. Tous les secours une
envoyés de France et le capital des colons, arrivaient sous forme de mar- le le chandise. Personne ne se souciait d'exposer inutilement aux périls de la mer l'inte les précieux métaux. Du reste, les importations excédant généralement les colo
te DE LA CHAMBRE DE COMMERCE.
astors. exportations, le peu de numéraire qui était apporté au pays retor "nait bientôt 166470. LI en France pour compenser la différence. “ Tout le commerce de la colonie pivotant sur les opérations de la compagnie de, qui jouissait du r’onopole, les ‘‘ bons ” de celle-ci remplissaient le rôle des billets st de banque de nos jours.
re ‘* La rareté de numéraire n'en constituait pas moins un sérieux inconvénient, rende ” et pour en garder autant que possible dans la colonie on augmenta la valeur des ts monnaies. Vers 1670, nous voyons que six cent livres cours de France valaient ft huit cent livres au Canada. Les menues monnaies étant les plus nécessaires
pour le commerce quotidien, quelques particuliers en tirèrent une quantité de France dans l'espoir de faire une heureuse spéculation, mais par un arrêt “ Ms \ du 17 avril 1664, le conseil souverain réduisit la ) Lo valeur tictive que l'effet de la demande avait donnée à ces pièces. Par arrêt du conseil d'Etat du 18 novembre 1672, il fut déclaré que les espèces particulières émises par la Compagnie des Indes Occidentales auraient cours dans les colonies, la pièce de quinze sols à vingt sols et la pièce de cinq sols à six sols et huit deniers. Ces mesures illusoires, auxquelles les gouvernants de cette époque avaient souvent recours pour augmenter temporairement leurs ressources, n’eurent pour effet que de préparer de graves difficultés au Canada.
Le numéraire resta rare, et il fallut donner un cours forcé aux marchandises. Ainsi en 1664, Simon Baston est condamné à payer ce qu'il doit à Jacques de la Mothe le tiers en blé, le tiers en castor et le tiers en peaux d’orignal. En 1670, Guillaume Fenion est condamné à recevoir le paiement de ce qui lui est dû par Paul Maheu moitié en castor et moitié en orignal. L'année suivante le conseil souverain adopte une ordonnance qui taxe le prix du castor gras à six francs la livre, celui d'été à soixante-neuf sols et l’orignal à vingt sols, et qui déclare que ces pelleteries devront être reçues en jugement à ce prix.
JEANNE MANCE Le joug de la Compagnie des Indes Occiden- Demandes des tales n’était pas plus doux pour les colons que ne l'avait été celui des Cent-Associés. C'était toujours le monopole et il s'élevait de continuelles protestations de la part des habitants. En 1667, Mathurin
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cette époque Langevin, syndic des habitants de l'île de Montréal, envoie au conseil souverain is les secours une requête suppliant qu’il leur soit permis de traiter avec les sauvages, depuis forme de mar- le lever du soleil jusqu’à son coucher. Le conseil souverain, de son côté priait rils de la mer l’intendant Talon d'écrire au roi pour le prier de remettre tout le commerce des
iéralement les colonies à une compagnie des habitants
; 1668 L'année suivante le conseil revenait à la charge dans une lettre où il était et ca ÿ Demandes des dit : vero ÿ H&Sitants 2 pt ‘* Les habitants du Canada redemandant avec instance la liberté du com- quil à merce appuyés sur des raisons apparentes, nous n'avons pas cru pouvoir nous leur dispenser de vous en faire l'ouverture, estimant que si il continuait en la seule ner .
b € n LA MAISON DE ROBERT DE LA SALLE, SL Érigée en 1670.
+ main de la compagnie, comme il a presque été cette année, le pays pourrait est a aussi continuer d'être exposé aux grands manquements qu’il souffre aujourd’hui, Cari, É tout le monde recherchant avec empressement des denrées nécessaires qui ne se son | ñ trouvent pas dans les magasins de la compagnie. . . . . Siles habitants prés.
ee | n'ont pas liberté de faire venir ce qui leur fait besoin, tant pour leur subsistances ce p:
R DE LA CHAMBRE DE COMMERCE. 11 ttre où il était et celle de leur famille que pour leur commerce avec les sauvages, ils ne se trou- 1668:
veront pas si fort en état d'entretenir bon nombre de valets et de travaillants CDs den erté du com- qui leur sont absolument nécessaires pour faire valoir et cultiver les terres qui | pouvoir nous leur ont été concédées ; joint à cela qu'il arriverait infailliblement que ce pays ait en la seule ne recevrait aucun accroissement par de nouveaux colons. L'exemple de ce qui