‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 167 sur 266 · C. — En Océanie · texte numérisé non relu

C. — En Océanie

La Nouvelle-Calédonie était un lieu de déportation. Depuis la loi du

30 mai 1854 tout individu condamné en France à moins de huit ans de travaux forcés devait, après sa libération, séjourner dans une colonie pénitentiaire un temps égal à la durée de sa peine et tout individu condamné à huit ans et plus devait y passer le reste de sa vie. S'il se conduisait bien, il pouvait être admis à travailler comme engagé chez un colon ou obtenir une concession de terre et même recouvrer une partie de ses droits civils ; si sa conduite n'était pas satisfaisante, il était simplement libéré à l'expiration de sa peine ; au recensement de 1887 il s'est trouvé 2.515 libérés astreints à la résidence et 7.471 condamnés en cours de peine1.

Les colons libres qui étaient alors au nombre de 5.585 ont réclamé longtemps contre l'immixtion de cet élément malsain et, depuis 1896, la Nouvelle-Calédonie a cessé d'être un lieu de déportation. Les colons peuvent obtenir des concessions à titre gratuit ou par achat (arrêté du 22 mars 1898) de 10 à 25 hectares. Les Français immigrent peu en Nouvelle-Calédonie ; mais il vient des Javanais, des Tonkinois, des Indiens, des indigènes des Nouvelles-Hébrides. Cependant la population blanche était en 1906 de 22.006 âmes, presque la moitié de la population totale.

Le cantonnement des indigènes a suscité une grande insurrection en 1878. L'arrêté du 23 novembre 1897, qui a mis de nouvelles terres à la disposition de la colonisation, a été exécuté sans difficultés de la part des indigènes.

La colonie est administrée par un gouverneur assisté d'un conseil privé ; elle a un conseil général. Nouméa, chef-lieu de File et port principal, est une municipalité.

La Nouvelle-Calédonie avait en 1907 un budget de 3.200.000 fr. alimenté surtout par les droits d'entrée et par les contributions directes ; les principales dépenses consistaient dans les postes et télégraphes, le service des dettes et la gendarmerie.

1. En l'»oti cette population n'était plus que de ".030 individus.

Il y a un chemin de fer, encore inachevé, de Nouméa à Bourail et un service côtier de baleaux à vapeur.

De la Nouvelle-Calédonie dépendent l'Ile des Pins, l'archipel Wallis placé sous le protectorat de la France en 1885, les îles Loyalty, les îles Huon, les îles Foutouna et Alofi placées en 1887 sous le protectorat de la France.

La colonie et Nouméa avaient emprunté, en 1899, 12 millions; elles en avaient déjà remboursé 10 en 1909.

Les lies Hébrides, qui avaient été d'abord considérées comme une dépendance de la Nouvelle-Calédonie, furent revendiquées par l'Angleterre. Des arrangements conclus en 1878 et en 1883 établirent un condominium qui ne résolut pas la question. L'envoi parla France de troupes en 1896 pour venger des meurtres commis par les indigènes amena une troisième convention (20 octobre 1887). Enfin une dernière convention de février 1906, ratifiée en octobre, a réglé l'administration par un commissaire britannique et un commissaire français.

Le mouvement maritime a été partagé à peu près par moitié entre le pavillon français et les pavillons étrangers en 1907, comme les années précédentes; à l'entrée 94 navires français jaugeant 139.000 tonneaux (ce sont surtout les paquebots de la Compagnie des Messageries maritimes qui font le service du courrier) et 119 bâtiments étrangers jaugeant 172.000 tonneaux.

Le commerce de la Nouvelle-Calédonie et dépendances a été (d'après les Statistiques du commerce publiées par le ministère des colonies) en 1871 de 4 millions 1/2, en 1875 il a atteint 14 millions 1/2. En 1885 ce commerce a été de 13 millions (8 1/2 à l'importation dans la colonie et 4 1/2 à l'exportation), en 1890 de 18,2 millions (11,1 à l'importation et 7,1 à l'exportation), en 1900 de 21 millions (12,1 à l'importation, 8,8 à l'exportation), en 1908 de 19 millions 1/2 (9,3 à l'importation et 10,1 à l'exportation).

(Millions de francs.)

Importations en Nouvelle-Calédonie de France des colonies de l 'étranger

Exportations de la Nouvelle-Calédonie de France de l'étranger des coloniei

Total général

Dans ce commerce, la part de la France a été en 1890 de 11.9 millions (4,8 à l'importation dans la colonie, 7,1 à l'exportalion) ; en 1900 de 11,2 millions (5,8 à l'importation, 5,4 à l'exportation), en 1908 de 8,2 millions (5,1 à l'importation, 3,1 à l'exportation). Le commerce avec la France n'augmente pas1. La France reçoit des coquillages nacrés, du minerai de nickel, de la vanille ; elle envoie des vins, des tissus de coton, des outils.

1 . L;i Statistique de l'administration des douanes en France donne des chiffres quelque peu différents, mais qui n'indiquent pas non plus un progrès sensible : 10.7 millions (commerce spécial) en 1890, 11 en 1900, 14,7 en 1907.

L'archipel de la Société, comprenant les Iles sous le Vent (Raiatea, Tahaa, Houahine et Bora-Bora et dépendances) et les Iles du Vent (Tahiti et Moorea) sont le principal groupe des établissements français de l'Océanie. Pomaré V qui en 1877 avait succédé à la reine Pomaré, sa mère, céda par acte du 29 juin 1880 ses Etals à la France, c... Déclarons mettre complètement et pour toujours entre les mains de la France le gouvernement et l'administration de nos Etals, commeaussi tous nos droits el pouvoirs sur les îles de la Société et dépendances. Mais nous demandons à ce grand pays de continuer à gouverner notre peuple en tenant compte des lois et coutumes tahïtiennes ». La loi française du 30 décembre 1880 a ratifié cette cession et déclaré l'île de Tahiti et les archipels qui en dépendent colonie française.

Quand la reine Pomaré avait accepté le protectorat, elle avait déclaré que les Iles sous le Vent étaient entièrement indépendantes, quoiqu'en réalité elles fussent subordonnées à Tahïli par un certain lien de vassalité. En 1847 une convention conclue avec l'Angleterre avait stipulé qu'aucune des deux puissances ne prendrait possession de ces îles. Cependant en avril 1880 le régent de Raialea-Tahaa avait consenti un traité par lequel il acceplait le protectorat français. Des décrets des 16, 17 et 19 mars 1888 annexèrent ces îles à la France, qui prit les chefs sous sa haute tutelle. Plusieurs de ces chefs ayant manifesté des sentiments hostiles, il fallut envoyer une frégate en 1890 pour réduire parla force Houahine et faire une démonstration à Bora- Bora, puis en 1896 mettre en élat de siège Raiatea et Tahaa. Une loi du 19 mars 1898 a déclaré les lies sous le Vent partie intégrante du domaine de la France.

Les autres établissements, disséminés dans l'Océan, sont les Marquises, les Gambier annexées en 1882, les Toubouaï et Râpa, occupées les unes comme une dépendance de Tahiti, les autres en vertu d'un protectorat établi en 1889, puis d'une annexion (1900).

Les établissements français de l'Océanie, dont la superficie est d'environ 3.000 kilomètres carrés et la population de 30.C00 âmes, sont administrés par un gouverneur assisté d'un conseil privé et d'un conseil d'administration.

Les établissements de l'Océanie ont un budget de 1 million 1/2 et même 2 millions (en 1907) alimenté surtout par les droits perçus sur les liquidations et les contributions sur rôles. Les postes et télégraphes et les travaux publics constituent les principales dépenses.

La France est presque complètement absente dans le mouvement maritime des établissements de l'Océanie. En 1907 elle a été représentée par 4 bâtiments jaugeant 380 tonneaux ; le pavillon étranger l'a été par 29 bâtiments jaugeant 59.237 tonneaux. Le service postal est fait par un bateau à vapeur de San Francisco subventionné par la France, qui part environ toutes les cinq semaines. Il y a un autre service à n 35

vapeur mensuel de la Nouvelle-Zélande qui dessert Papeele, capitale de Tahiti, les Marquises et les-Touamotou.

Il y a en Australasie un parti qui vise l'annexion future des îles de la Polynésie méridionale.

Le commerce spécial de la France avec les Etablissements français en Océanie a été, année moyenne, d'après les relevés de l'administration des douanes, à l'importation en France, de 1,3 million en 1877- 1886, et, à l'exportation de France, de 4,8 millions et 5,9. En 1909 il a été (commerce spécial) de 1,4 million à l'importation et de 1 million à l'exportation.

Pour le commerce général de ces Etablissements voici les chiffres des années 1907 et 1908 (en millions de francs) :

impoi talions dans les Etablissements Exportalùns des Etablissements

de France des colonies de l'étranger en France aux colonies à l'étranger

D. — En Amérique

Saint-Pierre et Miquelon et les pêcheries de Terre-Neuve. — La pèche sur le French Shore, partie de la côte de Terre-Neuve réservée aux Français par les traités de 1713 et de 1783, était toujours l'objet d'empiétements de la part des Terre-Neuviens qui s'établissaient dans cette région et de contestations internationales. Elles donnèrent lieu à plusieurs conventions, en 1874, en 1884, en 1885, entre la France et l'Angleterre. Le parlement de Terre-Neuve refusa de les ratifier et interdit, sans grand succès il est vrai, la vente de la « boette » aux pêcheurs français, Comme le texte du traité d'Utrecht ne mentionnait que la « pêche », les Terre-Neuviens, par une subtilité peu loyale^ prétendirent que ce texte ne s'appliquait pas aux crustacés que l'on ne « pêche » pas, mais qu'on « prend ». Le gouvernement français soutenait, avec bon sens, qu'il n'y avait pas à faire de distinction. Le débat ne s'est terminé qu'en 1904 par une convention du 8 avril conclue entre la France et l'Angleterre, en vertu de laquelle la France a renoncé au droit de pêche exclusive et de sécherie qu'elle tenait des traités, mais a conservé le droit de pêcher dans les eaux de Terre- Neuve, depuis le cap Si-Jean jusqu'au Cap Raye (traité de 1783), toutes sortes de poissons, y compris les crustacés, sans avoir toutefois le droit d'acheter la boëlte sur la côte méridionale de Terre-Neuve.

Saint-Pierre et Miquelon ont depuis 1906, au lieu d'un gouverneur, un administrateur assisté d'un conseil administratif.

La colonie n'est pas florissante. La population a diminué : 6.000 habitants environ en 1888, 4.768 en 1906.

Le budget est d'environ un demi-million (561.000 fr. en 1907; 489.000 fr., prévision pour 1909). La colonie el ses municipalités ont une detle de 573.000 francs.

La pêche de la morue se maintient, sans pourtant se développer. En 1873 elle occupait 648 bâtiments et 14.000 hommes; la douane enregistrait une exportation de 9 millions de kilogrammes de morue. En 1885 elle occupait 1.018 bâtiments et 13.500 hommes ; l'exportation des morues était de 19 millions 1/2 de kilogrammes ; le progrès était sensible. Eu 1895 elle occupait 1.136 bâtiments et 17.600 hommes, l'exportation était de 16 millions dekil...Maisen 1 907 i 1 y avail876bâtiments et 13.341 hommes ; le tonnage des bâtiments avait augmenté, mais la quantité de morues exportées n'était que de 13.7 millions de kilogrammes'.

Tout le produit de la pêche sur le banc de Terre-Neuve et sur la côte de l'île ne passe pas par Saint-Pierre et Miquelon. Pour Saint- Pierre et Miquelon, le mouvement maritime en 1907 a été, à l'entrée, de 105.000 tonneaux, sur lesquels la part du pavillon français . a été 75.000 tonneaux. Saint-Pierre est relié à Halifax et à Boston par un service de paquebots.

Pour Saint-Pierre et Miquelon les résultats (d'après les statistiques coloniales) sont : 1° à l'importation 7 à 9 millions 1/2 de 1871 à 1883 ; de 5 1/2 millions à 15 (en 1885) ; de 1884 à 1895 ; de 5 à 11, 9 de 1896 à 1906 ; 2° à l'exportation.de 10 à 12.3 de 1871 à 1883 ; de 8,5 à 20,2 de 1884 à 1895 ; de 7 à 16 de 1896 à 1906.

Voici les résultats généraux pour 1907 et 1908 (en millions de francs) :

Importations à Saint-Pierre el Miquelon Exportations de Saint-Pierre et Miquelon Total de France des colonies de l'étranger en France aux colonies à l'étranger général

Les principaux articles de l'importation (en 1908) sont les tissus, les boissons, les produits chimiques, les produits du règne animal, les farineux alimentaires.

Ceux de l'exportation sont les produits de la pêche (5,4 millions) et les denrées coloniales.

D'après l'administration des douanes françaises, le commerce spécial de Saint-Pierre et Miquelon avec la France (y compris la pêche) a donné : 1° à l'importation en France :24,4 millions en 1867-1876, 27,6 en 1877-1886, 28,6 en 1887-1896 ; 2° à l'exportation : 6,5 millions, 4,6, 4,7. En 1909 le commerce spécial a été de 35 raillions 1/2 à l'importation, consistant presque exclusivement en morues (33 millions) et

1. Il est vrai qu'elle s'était élevée jusqu'à 31 millions de kil. en 1901.

huile de morue el, à l'exportation, de près de 4 millions consistant surtout en sel et en vins.

Les Antilles françaises. — Sous la troisième République,les Antilles françaises se sont accrues de l'île de Saint-Barthélémy qui avait appartenu à la France de 1648 à 1784 et que la Suède a rétrocédée par traité du 10 août 1877.

Malgré les difficultés que l'abolition de l'esclavage et l'accroissement de la production du sucre debetlerave avaient créées au commerce de la Guadeloupe el de la Martinique, ce commerce avait beaucoup augmenté pendant le second Empire. 11 augmenta encore sous la République jusqu'à la crise de 1882. 11 a beaucoup baissé depuis un quart de siècle.

L'application du tarif douanier de 1892 a été préjudiciable aux colonies sucrières. Le régime douanier des sucres, tant de fois remanié, l'a été encore. Le tarif de 1892 a imposé au sucre des colonies françaises à peu près le même régime qu'à celui des pays étrangers. Tou- " tefois la loi du 7 avril 1897 lui a accordé une détaxe en même temps qu'elle relevait la surtaxe des sucres étrangers. Mais, en vertu de la convention de Bruxelles du 5 mars 1902, tous les avantages directs et indirects accordés à la production et à l'exportation du sucre ont été supprimés, à l'exception de la détaxe de distance. Les colonies sucrières ne jouissent donc plus d'aucun privilège pour leur importation en France, tandis que les importations de marchandises étrangères dans les colonies sont entravées et renchéries au profit des manufacturiers de France.

Leur état général en outre est troublé par le conflit des races ; il est loin d'être florissant. La production a diminué, quoique la population augmentât un peu.

Les deux colonies delà Martinique et de la Guadeloupe, auxquelles l'Empire avait donné, ainsi qu'à la Réunion, une large autonomie, sont, sous. le rapport du commerce extérieur, assujetties depuis 1892 au tarif de la métropole ; leurs relations avec l'étranger en souffrent. Sous le rapport administratif elles sont sous le régime des décrets de l'Empire et de la loi de 1901, et elles se plaignent d'un régime dont elles ont les inconvénients et n'ont plus les avantages. Par l'organe de leurs principaux avocats elles réclament l'assimilalion complète aux départements de la métropole ; ce qui mettrait probablement une partie de leurs dépenses à la charge de cette métropole.

Le budget de la Guadeloupe était de 5.048.040 francs en 1907 ; la prévision pour 1909 a été de 4.656.000 francs fournis principalement par les droits sur l'alcool et les droits d'entrée ; le service de la dette, les douanes, la gendarmerie sont les principales dépenses.

Le budget de la Martinique était de 6.898.000 francs en 1901 et de

0.644.000 en 1909. Les droits sur l'alcool (1.980.000 fr.), les droits de sortie et les droits perçus sur les liquidations de la douane (1 million) étaient les principales ressources; les ponts et chaussées, les travaux publics, la gendarmerie étaient les principaux chapitres de la dépense.

La Guadeloupe a une dette de 8 millions 1/2 sur lesquels 2 millions étaient remboursés en 1909 ; la Martinique une dette de 6 millions 1/2 sur lesquels 2 millions 1/2 ont été remboursés. Les municipalités de la Martinique ont emprunté 7 millions et remboursé 4 millions 1/2.

La Guadeloupe et la Martinique ont chacune une banque fondée en 1875 au capital de 3 millions, dont les opérations consistent en partie en prêts sur récoltes et en prêts aux communes. En juin 1908 elle avait près de 7 millions 1/2 de billets en circulation.

L'éruption de la montagne Pelée a entièrement détruit, en janvier 1902, la ville de Saint-Pierre, le principal port de commerce de la Martinique. L'île a 224 kilomètres de voies ferrées.

La Guadeloupe, comme la Martinique, est administrée par un gouverneur assisté d'un secrétaire général et d'un conseil privé.

11 y a un conseil général élu par les citoyens dont les attributions ont été fixées par le sénatus-consulte du 4 juillet 1866.

Le mouvement maritime de la Guadeloupe en 1907 a été de 419 bâtiments jaugeant 348.000 tonneaux, dont 144.000 sous pavillon'français. Celui de la Martinique a été de 224 bâtiments jaugeant 339.000 tonneaux, dont 140.000 sous pavillon français. Deux compagnies de paquebots fiançais relient les deux îles à la France.

Le commerce général de la France avec la Guadeloupe a été, année moyenne (d'après les relevés de la douane) : à l'importation en France de 20,2 millions en 1867-1876, de 20 en 1877-1886, de 17,9 en 1887- 1896, de 7.9 en 1897- 1906 ; à l'exportation de France de 12,3 millions,de 11,4, de 11,7 et de 15,3. En 1909 le commerce spécial avec la France a été d'environ 20 millions à l'importation consistant surtout en sucre (12; et en rhum (6,3) et de 11 millions 1/2 à l'exportation en tissus de coton, poissons secs, peaux et pelleteries ouvrées.

Les résultats du commerce total de la Guadeloupe avec tous les pays ont été les suivants : l'importation à la Guadeloupe s'est élevée jusqu'à 28,6 millions en 1879 et a baissé jusqu'à 12,8 en 1906 ; elle n'est guère aujourd'hui que la moitié de ce qu'elle était dans les premières années de la République; l'exportation de la Guadeloupe abaissé aussi : 41,8 millions en 1882, 12,1 en 1895. Voici les chiffres des années 1907 et 1908 (en millions de francs) :

Importations à la Guadeloupe Exportations de la Gnadeloupe

de France des colonies de l'étranger en France aux colonies à l'étranger

Les principaux articles à l'importation à la Guadeloupe sont les farineux alimentaires (3 millions), les tissus (1,7), les ouvrages en métaux, les produits et dépouilles d'animaux, les produits de la pêche ; à l'exportation les denrées coloniales (14,5 millions), les boissons (2,1).

Le commerce spécial de la France avec la Martinique a été année moyenne (d'après les relevés de l'administration des douanes) : à l'importation en France de 21,7 millions en 1867-1876, 21,7 en 1877-1886, de 20,8 en 1887-1896, et,à l'exportation de France, de 14,7 millions, 12,6 et 13,1. En 1909 le commerce spécial a été à l'importation de 20 millions consistant en sucre (12) et rhum (6,3), et à l'exportation de 11 1/2 millions consistant en tissus de colon, poissons secs, peaux et pelleteries ouvrées, vins.

Les résultats du commerce général de la Martinique avec tous les pays ont été les suivants : l'importation s'est élevée jusqu'à 33,6 millions en 1891 et a baissé jusqu'à 14,7 en 1905 ; l'exportation de la Martinique s'est élevée à 39 millions en 1882 et a baissé jusqu'à 12,6 en 1904. Voici les chiffres des années 1907 et 1908 (en millions de francs) :

Importations à. la Martinique Exportations d e la Martinique

de France des colonies de l'étranger en France aux colonies à l'étranger

Les principaux articles sont : à l'importation, les farineux alimentaires (2,1 millions), les produits chimiques, les tissus, les produits de pèche ; à l'exportation, les denrées coloniales (12 millions) et les boissons (6,4) '.

LaJBanque de la Martinique avait, en juin 1908, 5 millions de billets en circulation.

La Guyane. — La Guyane est administrée par un gouverneur assisté d'un conseil privé. La population en 1906 était de 30.000 individus*, population très mélangée qui comprend environ 6.000 déportés ou relégués. La culture est très peu pratiquée, quoiqu'il y ait beaucoup de terres fertiles, l'extraction de l'or est la plus attrayante industrie.

Les frontières de la Guyane étaient restées indécises depuis le traité d'Utrecht.

Une sentence arbitrale rendue par l'empereur de Russie (25 mai 1891) a tranché le différend avec les Pays-Bas en fixant la rivière Aoua comme limite.

Un autre arbitrage a terminé la contestation (1er décembre 1900)

1. Malgré l'affaiblissement de leur commerce, la Guadeloupe et la Martinique restent dans la catégorie des petites Antilles qui font le plus de commerce (plus de 55.000 francs par 1.000 habitants).

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