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DEUXIEME PARTIE

EXPORTATIONS

A. — Exportation de produits alimentaires et autres produits naturels.

Les produits naturels qui ont le plus d'importance à l'exportation sont les vins, les laines, les soies, le fromage et le beurre, en première ligne; en seconde ligne l'eau-de vie, les peaux et pelleteries brutes, le sucre, les fruits de table, les bois communs, les chevaux et mulets. Ce sont des produits de l'agriculture, produits végétaux et produits animaux.

1° L'exportation des bois communs a beaucoup augmenté depuis un demi-siècle. Voici la moyenne par périodes décennales :

Commerce spécial (millions de francs

En 1909 cette exportation a été de 55 millions. Elle a consisté surtout en perches, étançons, échalas bruts (20 millions de francs), en bois à construire ronds bruts (10.700.000), en liège (4.300.000), en bois feuillards et échalas fabriqués (4.300.000), en merrains de chêne (1.400. 000), en traverses de chemin de fer de chêne ou autres (2.800.000), en bois de chêne à construire (2.300.000). La Belgique, la Grande- Bretagne, l'Espagne sont les principaux acheteurs des bois de France.

En 1869 l'exportation était de 38 millions; elle avait été en 1846 de 9.700.000 '.

2° La valeur des fruits de table exportés a été, année moyenne, par périodes décennales :

Commerce spécial (millions de francs).

L'Allemagne est aujourd'hui un des pays auxquels la France envoie le plus de fruits frais.

1. Le lecteur ne doit pas oublier qu'en 1846 le commerce était calculé par l'administration d'après les valeurs officielles, c'est-à-dire d'après les valeurs de 182" qui étaient pour la plupart supérieures aux valeurs réelles de 1846.

Cette exportation a fait des progrès sensibles depuis quelques années. Elle était de 40 millions en 1904, elle s'est élevée à 62 millions en 1909. Elle consiste principalement en fruits frais divers (15.400.000 fr.), en noix (13.700.000), pruneaux et prunes (10.700.000), cornichons, concombres, olives (2. 200.000), amandes (1.500.000), pommes et poires à cidre (1.200 000). La Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Belgique sont les principaux clients pour ces articles.

En 1869 la valeur exportée avait été de 27 millions.

3° Les vins restent le plus considérable article de l'exportation des produits comestibles, malgré les crises dont a souffert la vigne. L'exportation est loin de contre-balancer aujourd'hui l'importation en quantité ; elle s'en rapproche davantage sous le rapport de la valeur, parce que les vins exportés sont à plus haut prix en général que les vins importés.

C'est en 1880 que, pour la première fois, l'importation, à la suite de la désastreuse récolte de 1879, a dépassé l'exportation. Depuis ce temps l'exportation ne s'est plus élevée jusqu'à 3 millions d'hectolitres comme elle l'avait fait de 1869 à 1879 (maximum : 2.709.000 hectolitres en 1886), et même elle est tombée au-dessous de 2 millions de puis 1892 (1.569.000 hectolitres en 1893).

La valeur des vins exportés a été, année moyenne, par périodes décennales :

Commerce spécial (millions de francs).

En 1909 l'exportation a été de 2. 281. 000 hectolitres ayant une valeur de 214 millions. L'exportalion se soutient péniblement au niveau qu'elle avait sous le second Empire avant le désastre causé par l'oïdium, mais elle reste notablement au-dessous de celui auquel elle était parvenue dans les premières années de la République avant les lois de douane de 1881 et de 1892. Elle se fait surtout en vins de Champagne et autres vins mousseux (208.000 hectolitres en 1908 et 82 millions 1/2 de francs) ' ; en vins de la Gironde en futailles ou en bouteilles (58 millions), en vins d'autre provenance (60 millions), en vins de liqueur (14 millions).

Les principaux acheteurs sont l'Allemagne, la Belgique, la Suisse, la République Argentine, la Grande-Bretagne, les États-Unis, les Pays-Bas, llndo-Chine ■•

1. Ce qui ne met guère la bouteille qu'à 4 francs en moyenne, prix très bas.

2. En 1908 la Russie n'a guère acheté que des vins de Champagne et n'a acheté que 8.940 hectolitres.

En 1869 l'exportation des vins avait été de 261 millions, en 1846 de 45 millions 1/2 seulement.

4° L'exportation des eaux-de-vie, esprits et liqueurs a beaucoup baissé. Les alcools d'industrie leur l'ont une 1res dommageable concurrence. Celle exportation n'est pas aujourd'hui plus considérable qu'au commencement du second Empire et elle reste bien au-dessous du niveau qu'elle avait atteint sous le régime des tarifs conventionnels1.

La valeur des eaux-de-vie, esprits et liqueurs exportés a été, année moyenne, par périodes décennales:

Commerce spécial (millions de francs).

En 1909 la valeur de cette exportation a été de 46 millions de francs 2, à savoir 14 millions 1/2 d'eau-de-vie de vin en bouteilles et 13 millions en fûts, 62 millions d'autres eaux-de-vie et de rhum, 7.900 000 de liqueurs, 3.800 000 d'esprits de toute sorte Les expéditions ont eu lieu principalement pour la Grande-Bretagne, l'Algérie, la Belgique, les Etats Unis, la République Argentine.

En 1869 l'exportation avait été de 56 millions ; en 1846 de 9.300.000.

5° L'exportation du sucre raffiné est aujourd'hui supérieure à l'importation.

La valeur a été, année moyenne, par périodes décennales :

Commerce spécial (millions de francs).

Il y a eu, en outre, 40 millions de sucre brut en 1887-1896, exportation qui n'a commencé que sous l'Empire.

En 1909 l'exportation des sucres raffinés et vergeoises a été de 56.700.000 francs, dont 53 pour les sucres 2 et 3.700.000 pour les vergeoises.L'Algérie elle Maroc en première ligne, la Grande-Bretagne et

1. La production totale n'es alcools de toute nature n'a pas diminué en France. Depuis 1886 elle a presque toujours dépassé 2 millions d'hectolitres d'alcool pur ; le chiffre de 1908 (2.538.000 hectolitres) est même un des plus élevés que l'Administration ait enregistrés jusqu'ici ; mais l'alcool de vin n'y figure que pour un dixième (211.000 hectolitres).

2. En 1909 la France a produit 2.427.000 hectolitres d'alcool à 100 degrés; elle a importé 182.000 hectolitres, exporté 298.500 hectolitres.

3. Ce sont surtout des sucres raffinés que la France exporte.

la Suisse en seconde ligne, la Turquie et les pays d'Asie, la Tunisie, le Sénégal et les États Unis en troisième ligne, ont été les principaux acheteurs.

En 1869 l'exportation avait été de 31 millions, en 1846 de 10 millions 1/2.

L'exportation des sucres bruis a été en outre, de 26 millions en 1909. Elle avait été de 15 millions en 1869.

6° Les chevaux, mulets, ânes figurent à l'exportation en 1909 pour 36 millions, dont 27 millions pour les chevaux, 8.700.000 francs pour les mulets. La valeur de celte exportation a augmenté quelque peu sous la troisième République, surtout depuis 1887.

Voici la valeur des exportations, année moyenne, par périodes décennales :

Commerce spécial (millions de francs).

Les principaux acheteurs pour les chevaux sont la Suisse, l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique, et pour les mulets l'Espagne.

En 1869 l'exportation avait été de 53 millions (y compris les bestiaux) ; en 1846 de 11 millions.

A cette catégorie on peut rattacher les besliaux dont l'exportation a été de 24 millions en 1909,à destination de la Suisse, de la Belgique, de l'Italie.

7° L'exportation des fromages et beurres en 1909 s'est élevée à 90 millions, tandis que dans les cinq années précédentes, elle n'avait atteint qu'une fois 80 millions.

La valeur des fromages et beurres exportés a été, année moyenne, par périodes décennales :

Commerce spécial (millions de francs).

Les fromages en 1909 figurent pour 23 millions 1/2 ; le beurre frais ou salé pour 66 millions 1/2. L'Algérie, la Belgique, les États-Unis, l'Allemagne, l'Angleterre sont les principaux acheteurs de fromages ; l'Angleterre est de beaucoup la plus grande consommatrice de beurre français ; après elle, le Brésil, l'Algérie, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique.

7G0 LIVRE Vil. — CHAPITRE V

En 1869 l'exportation avait été de 78 millions ; en 1846 de 3.500.000 (pour le beurre seulement).

B. — Exportation de matières premières.

Les principales matières premières de l'exportation française sont la soie et la laine qui figurent au premier rang par l'importance de leur valeur, les peaux et pelleteries brutes, le caoutchouc et la gutta-percha, le coton ; ces deux derniers articles sont des réexportations.

1° La valeur des peaux et pelleteries brutes exportées a été, année moyenne, par périodes décennales :

Commerce spécial (millions de francs).

C'est un commerce qui a beaucoup augmenté ; en 1909 il s'est élevé à 141 millions 1/2. Les grandes peaux figurent dans le total pour 58 millions, les peaux de veau pour 29 millions, les peaux de chèvre pour 20 millions 1/2,, les petites peaux (moutons et agneaux) pour 16 millions 1/2, les pelleteries (peaux de lapin et autres) pour 11 millions. Ce commerce s'est fait surtout avec l'Allemagne, les Etats-Unis, la Belgique, la Grande-Bretagne.

En 1869 l'exportation avait été de 24 millions; en 1846 de 1 million seulement.

2° L'exportation de la soie s'élève à peu près à la moitié de l'importation.

La valeur moyenne des soies exportées a été, année moyenne, par périodes décennales :

En 1909 cette exportation a été de 164 millions, dont 84 millions de soies grèges, 45 millions 1/2 de soies ouvrées ou moulinées, 23 millions 1/2 de bourre de soie, 2 millions de soies en cocons. C'est surtout en Italie et en Suisse que les soies sont exportées ; elles le sont aussi quelque peu en Grande-Bretagne et en Allemagne.

En 1869 l'exportation avait été de 156 millions ; en 1846 de 6 millions 1/2.

3° La valeur des laines en masse, laines peignées, laines teintes et déchets exportés a été, année moyenne, par périodes décennales :

Commerce spécial (millions de francs).

En 1909 l'exportation a été de 1.329.000 quintaux valant 337 millions. C'est l'article qui tient le premier rang dans l'exportation de cette année, il consistait en laines cardées ou peignées (153 millions), en laines en masse (136 millions), en déchets de bourre de laine (47 millions 1/2), en laines peignées ou cardées teintes (600.000 francs). Ces laines ont été achetées par la Belgique et la Grande-Bretagne en première ligne, et en seconde ligne par l'Allemagne et l'Italie.

En 1869 cette exportation a été de 45 millions ; en 1846 d'un demimillion.

4° Le caoutchouc et la gutla-percha.W a été importé pour 209 millions de francs en 1909 et exporté 72.545 quintaux valant 130 millions. En 1869 l'importation n'était encore que de 1 million 1/2, venant d'Allemagne et d'Angleterre.

La Grande-Bretagne, les États-Unis, l'Allemagne sont les principaux acheteurs de celte substance.

5° Du colon en laine que la France a importé en 1909 pour la somme de 495 millions il a été réexporté une valeur de 95 millions. Cette exportation était à destination de l'Allemagne, de la Belgique, de l'Italie, de la Russie et de la Grande-Bretagne.

En 1869 lexportation était de 75 millions.

6° Enumérons encore brièvement dix autres articles, denrées alimentaires ou matières premières.

L'exportation des plumes de parure en 1909 avait une valeur de 69 millions contre 4 millions 1 2 en 1869. Elle était à destination de la Grande-Bretagne, de 1 Allemagne, de l'Italie, de la Belgique.

L'exportation des pommes de terre et légumes secs a été de 50 millions en 1909, à destination de la Grande-Bretagne, de l'Algérie, du Portugal et de l'Espagne.

Celle des légumes frais ou conservés a été en 1909 de 31 millions, à destination de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, de la Suisse, des États-Unis.

Celle des huiles fixes autres que l'huile d'olive a été de 48 millions en 1909, à destination surtout de l'Algérie.

Celle des poissons a été de 40 millions en 1909, à destination de l'Ita-

lie, de l'Espagne, de la Belgique, de l'Algérie, de la Martinique, de la Guadeloupe.

Celle des viandes fraîches ou conservées a élé de 35 millions en 1909, à destination de la Grande-Bretagne de l'Italie, de la Suisse, de l'Algérie.

Celle des tourteaux a élé en 1869 de 14 millions, et en 1909 de 30 millions, à destination de l'Allemagne, de la Belgique, de la Suède, de la Suisse.

Celle des graissés a été en 1869 de 17 millions et en 1909 de 29 millions, à destination de la Belgique, de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne, de l'Espagne.

Celle de la résine et des gommes a été en 1909 de 19 millions, à destination de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, de la Belgique, de la Russie.

Celle du lin et du chanvre a été de 19 millions en 1909, presque entièrement à destination de la Belgique.

Celle des fourrages a été de 17 millions en 1909, à destination de la Suisse, de la Belgique, de l'Allemagne, de l'Espagne.

Celle des graines à ensemencer a été de 43 millions en 1909 à destination de l'Allemagne, delà Grande-Bretagne, de la Belgique.

Celle des céréales, y compris le mais, 69 millions en 1869,29 en 1909, à destination de la Belgique, de la Tunisie, de l'Algérie.

Celle du cuivre, 34 millions en 1909, et du zinc, 31 millions en 1909, à destination de la Suisse, de la Grande-Bretagne, de la Belgique, de l'Espagne.

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