‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 238 sur 266 · CB · texte numérisé non relu

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C'est, en effet, le temps où le commerce de la France — ainsi que celui des autres États, comme nous le montrerons — a eu le plus rapide essor. La période 1887-1896 est caractérisée, au contraire, par un affaissement général. Il y a eu reprise de l'essor depuis 1897 et un essor très rapide pendant les deux dernières années. Le mouvement commercial par périodes de l'histoire politique et de l'histoire économique de la France fera apparaître les principales causes de ces variations.

Le commerce de la France par périodes politiques. — 1° Par ce tableau (p. 821) qui comprend sept périodes, on voit — ainsi que nous l'avons montré dans les chapitres consacrés au commerce extérieur — que le commerce, entravé parles troubles civils, parla transformation sociale, par la guerre étrangère, par le blocus continental, a diminué pendant les deux premières périodes, celle de la Révolution et celle du premier Empire. La moyenne annuelle de cette diminution ressort à 4,6 0/0 pendant la période révolutionnaire et à 0,2 pendant la période consulaire et impériale.

Vers la fin du règne de Louis XVI le commerce avait atteint et même dépassé un milliard de livres; il est tombé à un demi-milliard en 1799 et en 1814, quoique le territoire de l'empire français fut beaucoup plus étendu que celui de la France monarchique et quoiqu'il y ait eu à l'extérieur une renaissance de l'activité industrielle. Il faut aller jusque dans la seconde moitié delà période de la Restauration pour retrouver le milliard.

2° Après le rétablissement de la paix européenne, une augmentation s'est produite d'une manière presque continue pendant les trente-six ans des trois périodes de la Restauration, du Gouvernement de juillet et même de la seconde République, malgré la grande crise politique de 1848.

Le taux pour cent de cette augmentation ressort en moyenne annuelle à 6,3 sous la Restauration, à 5,5 sous le règne de Louis-Philippe, à 2,7 sous la seconde République. Mais les chiffres absolus du commerce augmentent davantage. Le total du commerce général a quadruplé ; il a été au début, en 1815, de 621 millions ; il a été de 2.615 millions en 1851.

3° Sous le second Empire (18 ans), qui forme la sixième période, l'augmentation est devenue très rapide : 11,4 0/0 en moyenne annuelle et 5.388 millions d'accroissement total, près de 300 millions par an, soit 296 0/0. Ce très remarquable progrès n'a pas été — comme nous allons le montrer par la comparaison avec les autres Etats — le privilège exclusif de la France.

1. Nous avons donné dans ce tableau les chiffres du commerce général qui représentent la totalité du mouvement des marchandises et qui correspond à peu près i celui que la douane enregistrait jusqu'en 1825.

LES PÉRIODES DE L HISTOIRE Dl COMMERCE EXTÉRIEUR 823

Le second Empire a profité, d'une pari, du rétablissement de la sécurité qui a ramené la confiance dans les affaires, avantage qui lui appartient en propre; d'autre part, il a profilé, comme d'autres Etals, de la transformation des moyens de communication par la vapeur sur terre et sur mer, du grand dévelopemenl du commerce de banque, de l'ardeur de la spéculation et tout particulièrement aussi de l'abondance considérable de l'or qui a influé sur la circulation monétaire et produit une hausse des prix favorable à la spéculation.

4° Le commerce sous la troisième République, septième et dernière période, d'une durée beaucoup plus longue que les précédentes puisqu'elle compte aujourd'hui quarante ans, a passé par des phases diverses de développement et de stagnation.

De 1871 à 1909, période de quarante ans, la statistique constate, d'une extrémité à l'autre, une très forte augmentation du commerce général : 7.231 millions en 1871,15.338 millions en 1909, augmentation de 8.107, soit 112 p. 100 pour la période entière et une augmentation moyenne annuelle de 202 millions, soit 2,1 p. 10C, taux p. 100 qui est inférieur à celui de la Restauration, du règne de Louis-Philippe et du second Empire, mais qui, par le chiffre absolu (202 millions), ne le cède qu'à la période du second Empire ('296 millions).

En somme l'augmentation annuelle la plus forte à tous les égards reste celle du second Empire, la période républicaine vient au second rang.

Le commerce de la France par périodes économiques. — Le troisième tableau que nous donnons (p. 824) contient plus de détails que le premier. 11 comprend le commerce général et le commerce spécial (importation et exportation avec spécification) des principaux groupes de marchandises.

1° L'Assemblée constituante avait donné à la France son premier tarif douanier en mars 1791, tarif très libéral qui limitait les droits d'importation, sauf quelques exceptions, entre 5 et 15 p. 100, mais la guerre déclarée deux ans après rendit ce tarif vain ; la Convention fut induite à prohiber l'entrée en France des marchandises du genre de celles que fabriquait l'Angleterre et à promulguer un acte de navigation 21 septembre 1793) imité de celui qui couvrait la marine anglaise. Nous retrouvons dans ce tableau, comme dans les précédents, le commerce languissant et amoindri pendant les guerres de la Révolution (première période), de l'Empire et du blocus continental (troisième période), toutefois avec un relèvement durant le Consulat et les débuts de l'Empire (deuxième période). Jusqu'en 1808 notre tableau distingue, après la période révolutionnaire 1789-1799), deux périodes durant le Consulat et l'Empire. Jusqu'en 1806 la guerre n'a pas pesé encore lourdement sur le pays ; la troisième coalition a été brisée par

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