‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtChapitre 135 sur 167 · COMMERCE ET FABRICATION DES SUCRES — STATISTIQUE · texte numérisé non relu

COMMERCE ET FABRICATION DES SUCRES — STATISTIQUE

Le chiffre des importations de sucres de nos Colonies à Marseille (78,204,400 kilog.), s'est maintenu à peu près le même que les années précédentes et dans une proportion de 25 0/0 sur l'ensemble des importations de ces mêmes sucres dans tous les pays de France.

Le chifiEre des importations de sucres étrangers à Marseille a été de 71 millions de kilog. et représente 55 0/0 de l'ensemble des importations de ces mêmes sucres.

La totalité des sucres français et étrangers importés à Marseille a atteint le chiffre de 99 millions de kilog., — soit 40 millions de plus que les^ années précédentes — et représente 41 ®/o de la totalité des importations de tous les ports français.

Cette augmentation d'affaire est due à plusieurs causes :

1* Au décret du 24 juin 1861 qui a permis l'importation par tous pavillons et provoqué des arrivages plus considérables de sucres étrangers;

2* Aux ordres très importants qui ont été transmis dans les Colonies étrangères au commencement de 1862, lorsque le gouvernement a annoncé qu'il y aurait une augmentation de droit de 12 fr. par 100 kilog.

Comme en 1860, à l'époque du dégrèvement, le trésor n'avait pas voulu rembourser aux détenteurs de sucre acquitté la différence entre le droit ancien et le droit nouveau, on était autorisé à penser que ceux qui auraient du sucre acquitté avant le jour de l'augmentation bénéficieraient de la différence de 12 fr.

Des ordres considérables transmis dans ce but aux Colonies étrangères, pour arriver avant la fin du mois de juin , ont pu être exécutés au fort des récoltes , et ont grossi le chiffre de nos importations au milieu de l'année.

3* L'avantage qu'ont eu les navires espagnols à importer en France des sucres Havane , affranchis des droits qui frappent les autres pavillons dans cette Colonie , a provoqué de nombreuses expéditions pour Marseille.

Nos importations ont été enfin surexcitées par l'extension du travail de nos raffineries. Il a été acquitté, en effet, 79 millions de kilog. dont 22 millions de sucre français et 57 millions de sucre étranger.

L'exportation des sucres raffinés s'est élevé à 47 millions de kilog. à Marseille et à 77 millions dans toute la France.

Sur 8 millions de kilog. exportés en Angleterre et au Chili , Marseille n'a rien exporté. C'est un commerce spécialement réservé aux ports de l'Océan.

Par contre les États-Romains, la Grèce, l'Egypte et la Turquie ont acheté à Marseille la presque totalité des 25 millions de kilog. qui y ont été exportés.

Sur les 15 millions envoyés en Italie et en Autriche, Marseille figure pour les deux tiers, lès ports de l'Océan pour l'autre tiers.

Le débouché de la Suisse nous a été presque enlevé par les raffinerie? de Paris; cela tient à la réduction des frais de transport.

En résumé , Marseille ne participe en rien aux exportations lointaines pour le Chili

et la Plata. Ce sont nos ports de TOcéan qui en profitent Nous n'avons d'autres débouchés que ceux de la Méditerranée.

Ceci indique tout l'intérêt qu'a Marseille à demander le maintien de la législation actuelle sur le rendement , qui permet de lutter avec les raffineries étrangères.

En effet, tout accroissement dans les exportations des autres pays pour la Méditerranée, entraînera forcément une réduction relative dans le travail de nos usines , parce que le sucre indigène paralyse nos débouchés intérieurs.

Le !•' janvier 1862 le prix de sucres bruts était pour les 50 kilogrammes :

La bonne 4"^ Antilles, à l'entrepôt F. 34 »

id. 4«« Réunion 38 60

La Havane n<» 12 36 »

Le Brésil n* 10 36 »

Et pour les 50 kilogr. de sucre raffiné :

A l'entrepôt F. 43 »

A la consommation 62 50

L'abondante récolte de sucres de betteraves fournie par la campagne 1862-1863, l'énorme exportation de 1862 avaient jeté sur les divers marchés une quantité de sucres bruts bien au-dessus des besoins de la consommation et de l'exportation , la place de Marseille s'est trouvée, en conséquence, au commencement de 1863, avec des stocks dépassant de beaucoup ceux existant à pareille époque les années précédentes, soit 25 millions de kilogr. au lieu de 9 millions en 1862.

Les importations ont été moins considérables en 1863; elles n'ont atteint que 87 millions de kilogr. au lieu de 99 millions.

Les exportations des sucres raffinés se sont élevées de 47 millions en 1862 à 58 millions en 1863.

Cette augmentation est très importante , et cependant elle n'est pas en rapport avec celle qui s'est produite dans l'ensemble des exportations pour toute la France.

En 1862, les exportations des sucres raffinés par le port de Marseille avaient été de 52 0/0^ sur la totalité des exportations, et en 1863 cette proportion n'est plus que de 56 0/0.

La Chambre de commerce suppose que l'augmentation des autres ports a porté

principalement sur les envois dirigés vers les Républiques Argentine et de l'Uruguay, avec lesquelles nos communications directes ont diminué sensiblement depuis quelques années.

L'établissement de la ligne de bateaux à vapeur devant desservir le Brésil, donnera certainement une grande impulsion à notre exportation de raffinés dans ces contrées.

Malgré l'activité des affaires qui ne paraît pas s'être ralentie, la Chambre de Commerce manifeste des craintes pour l'avenir qu'elle croit menacé par la concurrence des sucres indigènes.

« Les chiffres que nous venons de citer, — dit-elle au Ministre — indiquent l'importance des intérêts engagés dans le commerce des sucres, des efforts tentés jusqu'ici par l'armement, par rimportation,comme par nos raffineries pour subvenir aux besoins du pays, pour résister sur les marchés de consommation à la concurrence étrangère, et pour essayer delà vaincre; ils expliquent les inquiétudes causées par le nouveau principe qu'établit le projet de loi soumis aux Chambres, en admettant la sucrerie indigène au bénéfice du Drawbach.

« Jusqu'ici ce bénéfice avait été réservé aux sucres qui naviguaient ; il va être étendu à la betterave.

« Notre commerce comprend trop bien que la lutte ne sera plus égale, si on ne lui accorde pas des avantages qui puissent compenser ceux dont jouit la sucrerie indigène ; placée comme elle l'est, au centre de la consommation, n'ayant pas à supporter les frais et à courir les chances de la navigation, possédant tous les instruments possibles de crédit, sans cesse secondée par les progrès de la science, l'industrie betteravière a vu se développer sa production à un tel point qu'elle a pu fournir les 3i4 de la consommation de la France.

« A quel chiffre n'arrivera-t-elle pas, quand ses débouchés seront sans limites et qu'elle jouira du bénéfice résultant du Drawbach ?

a L'expérience du passé ne permet-elle pas de craindre que cette industrie n'envahisse les marchés étrangers, fondant ainsi sa prospérité sur la ruine de notre marine, de nos colonies, de notre commerce d'exportation et de nos usines.

« Sous l'empire de ces tristes préoccupations, la Chambre a appelé l'attention de votre Excellence sur cette importante question.

Les craintes manifestées par la Chambre de Commerce ne se sont pas. réalisées pendant cette année, malgré l'admission des sucres indigènes au Drawbach qui a été prononcée par une loi du 7 mai (1864).

Le chiffre total du raffinage à Marseille en 1864, s'est élevé, en effet, à 83 millions de kilogr, et les exportations de ces sucres, qui avaiait été de 58 millions en 1863, n'ont baissé que de 2 millions.

Les raffineries de Marseille ont acheté à Paris et au Havre de fortes quantités de sucres exotiques et indigènes. Ces achats qui se sont élevés à 21 millions de kilogr. ont été motivés non seulement par le peu d'importance du stock'des sucres à Marseille, mais encore par l'admission des sucres indigènes au Drawbach.

« L'assimilation du sucre indigène au sucre exotique, — lisons-nous dans le compte-rendu publié par la Chambre de Commerce — permettra désormais à la raffinerie de Marseille de faire des achats réguliers de suore indigène. »

L'importation des sucres s'est élevé à 115 millions de kilogr., sur lesquels 86 millions ont été raffinés.

L'exportation a été de 71 millions de kilogr., soit 14 millions de plus qu'en 1864.

Au mois de septembre de cette année , la pacification des États-Unis a produit une hausse assez forte dans les cours des sucres sur tous les marchés. Cette circonstance fit acheter à Marseille quelques lots importants pour l'Angleterre et pour Paris, et motiva aussi sur notre place une légère élévation des prix.

Dès ce moment , on devait compter sur une vente plus régulière et plus avantageuse des sucres qui formaient le stock. Cependant, en présence d'une très-forte récolte de sucres de betterave, les raffineurs ont trouvé plus de convenance à l'approvisionnement de ces sucres à Paris. C'est ce qui explique comment, malgré l'absence presque complète d'arrivages en sucres exotiques , le stock de Marseille s'élevait encore à la fin de décembre 1865 , à 27 millions de kilogr.

L'importation des sucres coloniaux et étrangers n'a atteint que 40 millions de kilogr. , tandis qu'en 1865 elle s'était élevée à 97 millions.

Les sucres indigènes ont fourni, au contraire, un contingent supérieur; il en a été reçu 26 millions de kilogr. au lieu de 18 millions.

L'exportation des sucres raffinés qui avait été de 71 millions de kilogr. en 1865, s'est réduite à 58 millions en 1866,

Le mouvement de l'importation des sucres bruts à Marseille, soit par terre soit par mer, s'est élevé à 65 millions de kilogr., dont 21 millions de sucres indigènes.

L'exportation des sucres raffinés qui avait été de 58 millions de kilogr. en 1866 ne s'est élevé qu'à 45 millions en 1867.

Cette différence porte principalement sur l'Italie et l'Autriche.

a L'Autriche , — dit le rapport de la Chambre de Commerce , produisant aujourd'hui plus de 100 millions de kilogr. de sucre de betteraves , non-seulement ne doit plus nous demander une partie de son approvisionnement ; mais nous fait , dans les provinces du bas Danube , une concurrence redoutable. Nous constatons avec regret, en ce qui concerne l'Italie , qui présentait dans ses exportations pour ce pays , un chifiEre de 18 millions de kilogr. avr-dessous du nôtre en 1865, voit ce chiffre s'élever aujourd'hui à 12 millions au-dessus de nos exportations.

« n est incontestable que depuis le traité international, la Hollande a, sur nous, de grands avantages : par la nature si riche des sucres de Java qu'elle travaille presque exclusivement, par la manière dont sont appliquées ses dispositions douanières, par les prix élevés qu'elle obtient de ses mélasses, article chez elle de grande consommation , et enfm par les conditions dans lesquelles sont placées ses usines. »

Augmentation de 512,000 kilogr. sur les importations des sucres coloniaux, de 12 millions sur les sucres exotiques étrangers, et diminution de 15 millions sur l'importation des sucres de betteraves.

La Chambre de Commerce ne regrette pas cette diminution dans les arrivages des sucres de betteraves, parce qu'elle a été compensée dans une grande mesure par une importation plus considérable de sucres exotiques, et ce fait est heureux, car les raffineries de Marseille se trouvent placées dans une situation d'infériorité trèsregrettable vis à vis des raffineries du Nord , lorsqu'elles sont réduites à s'alimenter avec des sucres indigènes dont le transport à Marseille augmente le prix dans une proportion très-onéreuse.

L'intérêt du commerce maritime de notre place est, en cela , parfaitement d'accord avec celui de nos raffineries ; car de l'importation des sucres exotiques résulte un mouvement d'affaires et d'échange avec les pays étrangers bien autrement intéressant pour Marseille , et même pour la France , que celui auquel donne lieu l'emploi des sucres indigènes.

Jmporto^MW.— Augmentation de 1,700,000 kilogr. de sucre colonial, de 10,500,000 kilogr. de sucre étranger et de 1,200,000 kilogr. de sucre de betteraves.

Cet accroissement de 13 millions et demi de kilogr. a permis aux raffineries de Marseille de développer leur production. Le commerce d'exportation a trouvé également dans un marché mieux approvisionné des éléments d'affaires en sucres bruts plus importants avec les divers marchés du bassin de la Méditerranée.

Examinons maintenant ces importations au point de vue de la part prise par notre pavillon dans le transport des sucres; nous trouvons que les chiffres justifient les appréhensions déjà manifestées par la Chambre de Commerce sur les conséquences, pour notre marine, de la loi d'assimilation , mise en vigueur depuis le 12 juin 1869.

En effet, pour la première fois, le pavillon étranger intervient dans l'importation du sucre colonial et s'empare du 10 0/0 des transports.

En 1868 la part du pavillon français dans les transports avait été de 31,87 0/0, et en 1869 cette part est tombée à 23 0/0.

L'exportation des sucres raffinés a augmenté de 5 millions de kilogr. en 1869, comparativement à l'année antérieure; mais elle est encore bien inférieure aux chiffres de 1865. et 1866. Ce résultat peu satisfaisant n'a pas d'autre cause que. l'altération des types officiels de la douane française contre laquelle nos industriels ne cessent de réclamer. Il est aujourd'hui avéré qu'en l'état de ces types, l'application de la convention internationale fait subir à nos raffineurs des pertes considérables.

Les intéressés qui se sont rendus en Hollande ont pu se convaincre que les types usités par la douane hollandaise, soigneusement renouvelés chaque année, sont sensiblement plus élevés que les nôtres, et que la différence dans les classements, qui en résulte, permet aux raffineurs hollandais de disputer de plus en plus aux raffineries de Marseille les débouchés qui sont à nos portes, notamment les marchés de l'Italie.

Nous avions autrefois le monopole de l'approvisionnement de ces marchés. Aujourd'hui notre part dans les importations des raffinés en Italie, n'atteint pas le tiers des quantités qui y sont importées.

« De tels faits — lisons-nous dans le* Rapport de la Chambre de Commerce — appellent toute la sollicitude du gouvernement français, qui ne saurait trop tôt aviser au moyen de rétablir les conditions d'égalité entre les raffineurs fitançais et leurs concurrents étrangers,, par la confection de types de douane absolument conformes à ceux dont se sert la Hollande. »

L'importation s'est élevée à 84 millions de kilogr.,soît à 8 millions de plus qu'en 1869.

Cette année n'a pas été seulement signalée par un plus grand mouvement d'affaires» elle l'a été surtout par des fluctuations très considérables dans les prix des sucres, à partir du jour où la guerre avec la Prusse a éclaté ; c'est-à-dire à partir du mois de Juillet.

L'importance de nos stocks, au début de la guerre, et l'incertitude de l'avenir, commandèrent aux armateurs, comme aux raffineries, une très-grande prudence.

Les armateurs annulèrent presque tous les ordres d'achat sur les lieux de production, et les contre ordres furent tels, que les arrivages dans nos ports descendirent à à un chiffre insignifiant.

Mais, après l'investissement de Paris, il s'est produit à Marseille , comme dans les autres ports de France, Bordeaux, Nantes et le Havre, une très-vive demande de' sucre raffiné pour tous les départements non occupés par les armées ennemies.

Il a fallu satisfaire, pour tous les points de la France en même temps, à des demandes immédiates, à des besoins urgents, et il s'en est suivi alors une hausse très-considérable et anormale dans les prix des sucres.

Et comme nos arttiateurs et nos raffineries avaient encore de très-fortes quantités de sucres lorsque cette hausse s'est produite, notre commerce général a gagné dans l'année 1870.

Le commerce des sucres à subi a Marseille une très-forte réduction pendant l'année 1871.

L'importation des sucres bruts qui avait été de 84 millions de kilogr. en 1870, est descendue à 52 millions, et l'exportation des sucres raffinés qui s'était élevée à 44 millions de kilogr., s'est trouvée réduite à 30 millions en 1871.

Par suite de la situation politique en France, le change sur France s'était considérablement élevé dans les Colonies ; on ne trouvait môme plus à négocier les traites sur Paris, et les négociants étrangers préféraient expédier leurs sucres ailleurs que sur les marchés français.

La confiance n'est pas revenue immédiatement après le triomphe de nos armées sur la Commune. Les ordres d'achats sont arrivés tardivement sur les lieux de production notamment de l'Inde Orientale, et les arrivages ont continué à être très-faibles jusqu'à la fin de l'année.

La Chambre de Commerce signale xine situation nouvelle pour le conmierce des sucres qui mérite d'être sérieusement examinée. Nous copions textuellement le rapport adressé au Ministre par les représentants autorisés de notre commerce :

« L'importation des sucres s'est élevée jusqu'à 87 millions de kilogr. Mais il faut observer que, si de ce chiffre, on déduit celui des importations par terre, le chiffre des importations n'est plus que de 58 millions, et reste bien au-dessous de celui des années qui ont précédé 1871.

« La comparaison des importations de 1872 avec celles des années antérieures , révèle et fait apparaître un fait d'une grande gravité.

(( Les importations par mer diminuent; les importations par terre augmentent. C'est-à-dire que le sucre indigène envahit notre marché; que notre commerce maritime souffre , et que nos raffineries dépendent de plus en plus des fabriques du nord de la France , si rapprochées de Paris et si éloignées de Marseille.

« L'examen des chiffres indique encore que l'exportation du sucre brut par notre port devient chaque année plus importante , et cependant , depuis la guerre d'Italie , Marseille a cessé d'être l'entrepôt de la Méditerranée.

« Aussi, doit-on remarquer que les sucres exportés sont, pour la plupart, des sucres blancs indigènes importés par nos gares.

« Une exportation plus considérable de ces sucres se fait par la voie plus courte et plus avantageuse qui a été ouverte à l'Italie, en 1872, par la Savoie et le Piémont , à travers le mont Cenis.

« En résumé, bien que nos importations totales se soient élevées, en 1872, à 87 millions dé kilogr., il faut, de l'examen des chiffres , conclure :

« 1** Que nos importations par mer diminuent ;

« 2° Que notre commerce souffre;

(( y Que les sucres blancs indigènes disputent à nos raffineries les marchés italiens, sans que cependant Marseille puisse espérer de conserver longtemps le transit de ces sucres. »

Les opérations effectuées pendant cette année sont venues confirmer les appréhensions manifestées par la Chambre de Commerce.

Le chiffre des importations a diminué de 8 millions de kilogr. , et dans l'ensemble

des importations, celles effectuées par mer ont diminué de 11 millions de kilog., tandis que les importations par terre augmentaient de 3 millions de kilogr.

« Notre commerce maritime — dit la Chambre de Commerce — souffre de plus en plus, et nos raffineurs sont forcés d'aller chercher, sur les autres marchés, près de la moitié du sucre nécessaire à leurs usines. »

Les raffineries de Marseille ont fait les plus grands efforts pour soutenir leur industrie et lutter contre la concurrence étrangère., malgré la situation défavorable qui leur est faite par la diminution constante des exportations directes.

Le résultat qui a été atteint dans une large mesure est dû principalement à l'amélioration des produits fabriqués.

Importation des sucres bruts: 71,104,000 kilogrammes

Exportation id, ...... 6,315,000 id.

Id. des sucres raffinés .... 56,077,000 id.

Cette situation , au point de vue de l'importance des transactions , est en progrès sur celle des années précédentes ; cependant la Chambre de Commerce constate avec regret que la diminution des sucres coloniaux et étrangers s'accentue chaque jour davantage.

a Ces sucres, dit-elle, abandonnent notre marché qui n'est pas rémunérateur, pour aller dans des proportions plus ou moins grandes : ceux de Maurice et de la Réunion , en Australie , à Bombay , au Cap ; ceux des Antilles françaises et espagnoles ; aux États-Unis ; ceux du Brésil , aux États-Unis et en Angleterre , où depuis l'abolition des droits sur lies sucres , les qualités basses trouvent, dans la fabrication de la bière, un débouché considérable. »

Dans l'intérêt de notre commerce on ne saurait trop déplorer cette (îiminution de l'importation des sucres bruts, que l'envahissement de plus en plus grand de la betterave rend facile à comprendre.

JLes poudres blanches , dont l'importation augmente d'année en année , viennent heureusement faciliter le travail de nos raffineries, en leur procurant des sucres convenables au clairçage dans de bonnes conditions.

Les exportations générales en sucres raffinés de la France , se sont élevés en 1874 à 185 millions de kilogr. C'est le chiffre le plus élevé qu'elles aient jamais atteint.

Dans ce chiffre, Marseille figure pour 56 millions de kilogr.

Notre ville a donc eu sa large part daiis l'augmentation générale.

Cette augmentation pour Marseille porte sur les expéditions en Russie et en Italie.

Les expéditions pour l'Uruguay, la Plata , l'Algérie, l'Egypte, la Grèce et la Suisse sont restées stationnaires.

Les demandes pour la Perse en pains de 3 kilogr. augmentent tous les ans , et les expéditions ont ^ussi lieu par la Turquie d'Asie ; c'est ce qui explique l'augmentation signalée sur ce point.

L'augmentation pour l'Italie a été provoquée par des envois effectués dans divers ports francs de cette péninsule , pour échapper à l'aggravation des droits que doit amener un changement de régime commercial au premier janvier 1875.

Ilest à craindre, au contraire, que cette année nous n'ayons à signaler une réduction dans nos envois , des raffineries ayant été créées en Italie , et l'Egypte y ayant donné beaucoup de sucres blancs en poudre.

Là ne se bornent pas les craintes du Commerce marseillais. Un changement dans notre législation est imminent, changement qui compromettrait très-sérieusement notre commerce et notre industrie, s'il se produisait tel qu'il a été voté en 1874, par l'Assemblée nationale pour être appliqué en août de cette année, s'il n'était pas modifié conformément aux conclusions du Conseil supérieur de Commerce.

c< L'exercice appliqué seulement en France arrêterait toute exportation; nos usines, en effet, quelque bien outillées et placées qu'elles fussent, ne pourraient lutter avec

des concurrents hollandais, belges, autrichiens, italiens et même américains, qui recevraient à' la sortie de leurs produits des primes importantes sous forme de drawback.

« Nos législateurs se convaincront sans doute que l'exercice des raffineries en France, sans qu'il soit appliqué ailleurs et dans les mêmes conditions, compromettrait des intérêts d'une importance extrême. »

Ces craintes si justement exprimées par la Chambre de Commerce, ne se sont pas

réalisées. Le gouvernement a d'abord ajourné au !•' mars 1876 , l'exécution de la

mesure projetée, et en a subordonné l'application au consentement de la Hollande,

qui n'a point voulu adhérer à l'exercice. En sorte » que le danger signalé par les

^représentants de notre commerce paraît être définitivement conjuré.

Les tableaux que nous publions ci-après font connaître très exactement le mouvement à l'entrée et à la sortie de ce commerce important.

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