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GRAINES OLÉAGINEUSES

La production des huiles de graines a considérablement augmenté, par suite du progrès des sciences et de l'emploi général des machines à vapeur. On extrait aujourd'hui des huiles de toutes sortes de graines, et Ton est souvent tenté de se demander, si ces huiles ne finiront pas par remplacer entièrement l'huile d'olive dans la consommation.

Les huiles de graines, qui ont là plus grande importance commerciale, sont celles de colza, d'œillette ou pavot, de lin, de sésame et d'arachide.

La culture des colzas et des œillettes se fait sur une grande échelle dans nos départements du Nord. Quant aux graines de lin, de sésame et d'arachide, qui forment l'objet d'un commerce très-considérable à Marseille , elles sont importées , savoir : celles de lin et de sésame , de la Turquie , de la Russie , de l'Italie et des Indes Orientales ; et celles d'arachide , du Sénégal et de la Côte Occidentale d'Afrique.

En 1832, l'importation des graines oléagineuses à Marseille se bornait à 250 tonnes venues de la Mer Noire; aujourd'hui, cette importation s'élève à plus de 200,000 tonnes.

Il est très-intéressant de suivre , dans les comptes-f endus publiés par la Chambre de Commerce, depuis une quinzaine d'années, la ftiarche progressive de cette branche si importante du commerce marseillais.

« Le commerce des graines oléagineuses, qui date de vingt-cinq ans à peine, lisons- « nous dans le compte-rendu de 1861, a acquis, dans ce court espace de temps « une grande importance. Le surcroit de consommation des huiles d'olive que rendait « nécessaire le graissage des machines, coïncidant avec le déficit des récoltes, il « fallut forcément chercher, pour la fabrication des savons, des huiles auxiliaires. On « commença par introduire des graines de lin ; les sésames du Levant vinrent ensuite ' « et, peu après, les arachides delà Côte Occidentale d'Afrique et les sésames de « l'Inde fournirent à notre commerce des ressources constantes et inappréciables. »

Les huileries de Marseille, d'abord installées en vue des besoins de la savonnerie, ne tardèrent pas à fournir, à la consommation, des huiles à bouche , des huiles lampantes, dont le produit égale à peu près la valeur des huiles à fabrique.

L'agriculture elle-même a trouvé dans les tourteaux, — résidus des graines

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oléagineuses , — un engrais précieux qui, utilisé pour le blé, les garances, la vigne, a donné à la culture des départements environnants une grande importance.

Le commerce des graines oléagineuses , qui doit à Marseille sa plus vive impulsion, a donc été , pour toutes les branches de l'industrie nationale , une source de progrès et de bénéfices.

Les graines sont affranchies de tout droit pour les provenances directes sous pavillon français ou pavillons assimilés par les traités ; elles paient un droit différentiel, alors seulement qu'elles viennent d'un entrepôt ou qu'elles arrivent sous pavillon étranger. L'assimilation des pavillons est donc le seul moyen qui reste pour développer cette branche d'industrie; mais, on ne peut atteindre ce but que par de larges concessions préalablement octroyées en faveur de la marine marchande. La chambre de Commerce a déjà eu l'occasion d'exprimer ce double vœu.

Les arrivages de graines qui n'avaient pas cessé de progresser depuis 1855 , ont encore augmenté, en 1862, dans une notable proportion. La Chambre de Commerce constate que l'augmentation extraordinaire des importations de cette année n'a troublé ni les transactions, ni les opérations des fabriques. Les prix se sont maintenus en hausse et la consommation a complètement absorbé la production des huileries.

Les importations de graines sont restées les mêmes ou ont très-peu fléchi en 1863, quoique le commerce ait été atteint par deux faits qui devaient en diminuer l'activité. D'une part, la récolte des colzas, qui a été très-abondante, aurait pu nuire à la vente des huiles lampantes; d'autre part, la savonnerie a employé des quantités considérables de saindoux d'Amérique. La place de Marseille a reçu 12 millions de kilogr. de cette graisse, ce qui équivaut à la trituration de 300,000 quintaux métriques de graines oléagineuses environ.

Cette année n'a pas été aussi satisfaisante pour le commerce des graines oléagineuses.

La culture du coton a exercé dans le Levant une certaine influence sur la culture des graines. — Les importations de sésames de cette contrée ont été réduites de plus de la moitié. Les arrivages de sésames de l'Inde se sont maintenus à peu près au

chiffre moyen des années précédentes. Dans les vastes territoh^es de l'Inde, la substitution d'une culture à l'autre a été moins rapide peut-être, mais les importations de 1864 proviennent de la récolte de 1863.

La concurrence des huiles de pétrole a nui, en outre, à la vente des huiles de graines. Il est hors de doute que les pétroles pénètrent peu à peu dans notre consommation et qu'ils porteront un grave préjudice au commerce des graines oléagineuses. Déjà, malgré la mauvaise récolte de colzas, les huiles lampantes de touta^ sortes ont éprouvé une baisse sensible qui , bien certainement, n'a eu d'autre cause que l'introduction des huiles de pétrole dans la consommation.

Les craintes manifestées par les fabricants d'huile ne se sont pas réalisées. L'année 1865 a vu augmenter, de 215,000 tonnes , le chiffre des importations de graines oléagineuses.

Cependant, l'Egypte a cessé ses envois ; l'Asie-Mineure et les Indes les ont de beaucoup réduits, mais l'extension de la culture du coton dans le bassin de la Méditerranée a donné lieu à une active importation et à largement compensé ces diminutions.

Diminution de 307,830 quintaux métriques sur le chiffre des importations de l'année précédente.

Ce déficit ne saurait être attribué à une condition moins favorable du marché. Les ventes ont été aussi faciles que par le passé, les prix se sont bien maintenus et ont môme haussé pour certaines qualités, surtout pour les graines pouvant produire des huiles à bouche surfines, fines et mi-fines.

La diminution signalée a particulièrement porté sur les graines de lin, de ravison, de Colza et de coton. La rareté des arrivages de ces graines a eu pour cause le peu d'abondance des récoltes dans la Russie méridionale et les achats que les Anglais ont faits de ces produits à des prix supérieurs aux nôtres.

Sur le marché d'Alexandrie, le commerce Marseillais a également rencontré, pour les graines de coton, la concurrence des Anglais qui ont enlevé la plus grande partie de la production de ce pays.

Il s'est produit, en outre, une légère diminution sur les importations du Levant, où la culture du coton a remplacé celle du sésame.

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La môme cause a déterminé les mêmes effets à Tégard des importatioDS de l'Inde.

Par contre, les sésames de Calcutta semblent devoir jouer un rôle très-important sur notre marché. Déjà, plusieurs cargaisons ont été vendues à livrer, et diverses nouvelles expéditions sont annoncées.

Il est regrettable que les navires qui apporteront ces graines à Marseille ou qui devront aller les chercher, ne puissent pas trouver, dans notre port, un fret de sortie pour cette destination.

Les importations s'élèvent à 1,403,200 quintaux métriques, soit une augmei^ tation de 334,000 quintaux, sur Tannée 1866.

La Chambre de Commerce signale comme* un symptôme satisfaisant pour notre industrie, l'emploi de cet excédant, soit par les fabriques, soit par la consommation, sans qu'il ait amené ni accumulation de stock , ni dépréciation sensible dans les cours.

L'importance croissante des huileries de Marseille tient en grande partie à l'excellence de leurs produits ; mais elle a aussi pour cause la diminution progressive des importations d'huile d'olive.

Nouvelle augmentation dans les arrivages. Les importations s'élèvent à 1,701,000 quintaux métriques.

Toutes les huileries sont en pleine activité, elles ont ensemble 830 presses. Avant quelques mois, trois nouvelles usines seront terminées et le nombre total des presses sera de 975, ce qui permettra de triturer annuellement 1,785,000 quintaux métriques, en comptant sur une moyenne de 300 jours de travail, et de 600 kilogr. de graines par presse et par jour.

Le développement du commerce des graines à Marseille est des plus remarquables ; mais les débouchés de ce marché augmenteraient encore et seraient presque sans limites, si une importation plus considérable permettait à l'industrie de produire à plus bas prix.

<t Sous ce rapport, — ajoute le compte-rendu annuel de la Chambre de Commence, « auquel nous avons emprunté les détails qui précèdent^ >^ sous ce rapport, il est à « présumer que l'assimilation des pavillons, qui doit avoir lieu en 1869, favorisera de

« plus en plus le transport des graines dans nos ports. Nous espérons que nos agri- « culteurs, appréciant de plus en plus les avantages de l'emploi des tourteaux , « augmenteront progressivement leur consommation, et nous pourrons alors oser « prédire, sans crainte, un avenir encore plus prospère à cette branche de notre com- « merce et de nouveaux développements à l'industrie de nos huileries ».

Bien que les importations de 1 869 aient été un peu au-dessous de celles de Tannée 1 868 , les huileries ont trituré 1,736,190 quintaux métriques de graines, soit en moyenne 144,682 quintaux par mois. C'est une augmentation de 253,830 quintaux sur l'exercice 1868.

Malgré l'abondance d'huile de toutes sortes , on peut dire que les débouchés du commerce de Marseille ont été en rapport avec la production des usines , puisque le stock en huile, à la fin de l'année, est à peu près le même que celui de 1868.

La Chambre de Commerce a confiance dans l'avenir de l'industrie locale de l'huilerie, car le percement du Canal de Suez ne peut manquer d'augmenter considérablement les relations du marché de Marseille avec l'Inde et lui assurer, par suite, de plus fortes importations de graines. Les côtes orientale et occidentale de l'Afrique en promettent aussi de grandes quantités , et la production du Levant augmentera à mesure que la culturQ du coton offrira moins d'avantages.

Les importations de graines ont atteint un chiffre inconnu jusqu'alors sur le marché de Marseille. Elles se sont élevées à 1,849,860 quintaux métriques. Il est certain que ce chiffré aurait été dépassé , sans les événements désastreux dont la France a été le théâtre, et qui ont eu pour résultat de paralyser toutes les affaires pendant le second semestre de l'année 1870.

L'année 1871 se présente sous des auspices peu favorables aux huileries. Les avis de récoltes réduites à la côte de Coromandel, à Calcutta, au Sénégal et dans le Levant, font supposer que les importations de 1871 présenteront un grand déficit sur .1870.

Les arrivages donnent, en effet, sur ceux, de l'année précédente, une diminution de 117,430 quintaux métriques.

Cette diminution porte principalement sur les sésames des Indes et d'Afrique.

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L'importaticNfi des arachides s'est maintenue dans les chiffres les plus élevés que cette qualité ait jamais fournis.

Le stock de graines en fabrique ou en magasin a augmenté de 75^000 quintaux métriques.

Cette augmentation est due, en partie, au projet d'impôt sur les matières premières, dont l'adoption ne peut être que très-préjudiciable pour l'huilerie marseillaise. Les droits dont il est question pour les graines oléagineuses , n'arrêteraient pas seulement le développement de cette industrie, mais pourraient entraîner sa ruine; car, en même temps qu'ils porteraient à la savonnerie , dont le sort est lié à celui de l'huilerie, des atteintes non moins graves qu'à la navigation, au commerce d'exportation et à beaucoup d'autres intérêts commerciaux, ils favoriseraient l'Italie, qui nous offrait naguère de larges débouchés et où commencent à se créer maintenant de grandes huileries.

Nouvelle diminution dans le chiffre des importations.

Les arrivages des sésames de l'Inde et des graines de lin de la Bussie ont sensiblement diminué.

Ce déficit a été heureusement atténué par une augmentation dans les envois des graines de colza , de ravison et de coton.

L'huilerie a trouvé d'ailleurs un aliment pour son travail dans les fortes réserves qui existaient en magasin à la fin de 1871, et qui y avait fait accumuler l'espoir de bénéficier des droits de douane dont étaient menacées les graines oléagineuses, droits

qui ont été votés en juillet dernier.

Cette menace depuis si longtemps suspendue sur les graines a surexcité le mouvement d'importation, et le travail de l'huilerie, à la production de laquelle n'ont plus correspondu les besoins de la consommation. Aussi , en est-il résulté une baisse sur les prix qui a été, pour la plupart des graines, de 8 ^ 10 0/0.

Augmentation de 236,820 quintaux métriques sur les arrivages de 1872.

La Chambre de Commerce fait, à cette occasion , Tobservation suivante :

Dans les deux plus fortes années d'importation, 1870-1873, les excédants n'ont pas été fournis par les mêmes provenances ; l'augmentation était produite, en 1870,

HI8T0IBB DU GOlfMEBGB DB liARBBILLIS

par les graines riches — sésames de l'Inde et de l'Afrique ; — en 1873 , par les graines de moindre rendement, — colzas du Danube — et par les graines les plus pauvres, — les cotons.

Depuis quelques années, on constate une tendance d'augmentation sur les quantités d'arachides, de cotons, de colzas et de ravisons, et, par contre, une tendance de diminution sur les graines de sésame de l'Inde et les graines de lin.

Cette décroissance s'explique, pour les* sésames de l'Inde, par les mauvaises récoltes successives de Calcutta et de la côte de Malabar ; mais , on peut espérer que , ces deux points reprenant leur importance moyenne de production , nous verrons , à l'avenir, les arrivages de l'Inde fournir un contingent plus élevé.

Quant aux lins de Russie, nos maisons d'importation sont portées à diriger de préférence leurs chargements sur les marchés anglais , sans doute plus avantageux et où notamment les tourteaux de lin , employés pour la nourriture des bestiaux , ont une plus value telle que ceux môme fabriqués à Marseille sont à peu près tous expédiés en Angleterre.

* Par le développement général qui se remarque dans la production des graines oléagineuses, l'approvisionnement de nos huileries semble, d'ailleurs, largement assuré. n faut s'en féliciter, car l'abondance des matières premières et leurs bas prix, peuvent seuls permettre aux produits de notre industrie locale, de lutter sans trop de désavantages contre leurs similaires.

Les importations de graines oléagineuses ont atteint le chiffre de deux millions de quintaux métriques.

Les arrivages de sésames ont augmenté dans une assez grande proportion.

Une autre augmentation signalée est celle des arachides en coques, à la suite de récoltes exceptionnellement bonnes sur tous les points producteur de la côte d'Afrique ; aussi , l'importation de ces graines, la plus considérable qui ait été jamais constatée, dépasse-t-elle de près de 200,000 quintaux métriques le chiffre d'arrivage moyens des sept dernières années.

Les quantités de graines de toutes sortes, importées en 1874, représentent en huiles, environ 660,000 quintaux métriques; en tourteaux, 1,410,630 quintaux métriques, soit approximativement un rendement moyen d'huile de 31,87 0/0.

Eh ce qui concerne l'industrie de l'huilerie, il est hors de doute , aujourd'hui, que les débouchés de nos huiles ont grandi dans une proportion au moins égalé à

APPBNDICB — aBAINES Ol£aGINBU8B8

raocroissement de notre importation, ce qui peut être attribué aux meilleures conditions dans lesquelles nous arrivent les graines de qualité supérieure , dont le transport rapide par bateaux à vapeur prend, chaque année, plus de développement, et aussi aux perfectionnements que s'efforce d'apporter l'huilerie à la fabrication de sesproduits.

C'est une voie dans laquelle elle doit persévérer pour conserver sa position vis à vis de la concurrence étra^ngère, qui n'a pas à supporter les lourdes charges fiscales dont sont malheureusement grevés notre commerce et notre industrie.

Une statistique, relevée avec un soin exceptionnel par MM. les courtiers, nous permet de donner, ci-après, un tableau récapitulatif fort exact, faisant connaître les progrès successifs de l'importation des graines oléagineuses depuis 1855 jusqu'à la fin de l'année 1874.

MOUVEMENT COMPABATn' DBS AREIVAOES DE 1855 A 1874

ANNÉES

SÉSAMES

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