DÉSIGNATION
AUGMENTATION
DlIlNimON
Vins ordinaires en futailles
hect. lit.
hect. Ht.
hect. Ut.
hect. lit.
Id. en bouteilles
Tins et lioueurs en futailles
Id. en bouteilles.
Eau-de-vie de vin
Totaux
340 HISTOIBB DU COMMBRCE DE MARSEILLE
La consommation intérieure des vins a doublé en vingt ans. Il résulte, en effet , des •onstatations du service de l'Octroi, que les entrées qui s'élevaient en 1855, à 217,861 hectolitres de vins en cercles et en bouteilles, ont atteint, en 1874, le chiffre considérable de 449,812 hectolitres ; ce qui donne plus d'un hectolitre par habitant. (La population actuelle de Marseille est de 312,864 âmes).
Voici, d'après les renseignements fournis par la Chambre de Commerce, qu'elles ont été, pendant la dernière période décennale, les causes des augmentations ou des diminutions survenues dans les importations et les exportations.
La récolte s'est présentée dans des conditions d'abondance exceptionnelle. Malheureusement , les qualités n'ont pas répondu à l'attente générale, et cette récolte doit être classée parmi les plus ordinaires. «
Cette infériorité de qualité a fait regretter la suppression de la faculté du vinage en franchise de droits, faculté qui aurait permis de conserver beaucoup de vins, auxquels l'épreuve des chaleurs de l'été sera fatale.
A ce sujet, la Chambre de Commerce signale le dommage qui résulte, pour les vignobles de Provence, des dispositions de la dernièrejoi sur les vinaigres. La faculté laissée aux propriétaires distillateurs de brûler une partie de leurs vins , et de viner leur récolte en franchise, nous place dans une situation d'infériorité très-grande par rapport au Languedoc.
En effet, dans nos contrées, la propriété est morcelée à l'infini; nos propriétaires ne sont pas dans le cas de distiller une partie de leur récolte pour viner le reste de leur production.
Dans le Languedoc, au contraire, un nombre considérable de grands propriétaires, récoltant des quantités énormes , ont joint des distilleries à leurs exploitations agricoles et peuvent , seuls , offrir des vins vinés et survinés au titre demandé par les acheteurs; de sorte que tous les inconvénients et les abus des survinages, qui avaient justifié; dans une certaine mesure, la modification de la loi, ont reparu, tandis que la Provence a perdu , en fait , la faculté de viner ses vins en franchise dans la proportion nécessaire pour les conserver.
Le chiffre des exportations s'est accru de 50,000 hectolitres environ ; mais , cette augmentation n'a pas été entièrement au profit du commerce de Marseille.
L'Algérie, fnalgré Textension de la culture de la vigne sur son territoire, a demandé à notre marché 18,063 hectolitres de vin , contre 9,018 hectolitres en 1867.
Le chiflBre des expoi1;ations aux Colonies françaises s'est accru de 22 0/0; les vins formant le principal aliment de nos armements pour les frets de sortie , cet accroissement a un double intérêt pour le commerce de notre port.
Il n'en est, malheureusement, pas de même pour les alcools. La comparaison de nos exportations de cet article, pendant les trois dernières années, témoigne, en effet , d'un ralentissement d'affaires: fort regrettable , et qui ne s'explique que trop par la concurrence que nous font de plus en plus les eaux-de-vie communes, provenant des alcools de grains produits et expédiés directement par l'Allemagne ou les États-Unis , sur les marchés que nous alimentions autrefois exclusivement avec nos alcools de vins.
Depuis que les alcools de betterave et de grains ont supplanté , dans une si grande mesure, la consommation des alcools de vins, Marseille a dû compter avec une redoutable concurrence pour la fabrication et l'exportation des eaux-de-vie communes.
Il ne s'est produit aucun fait digne d'attention de 1869 à 1874.
Nous résumons ci-après , dans un tableau récapitulatif , les importations et les exportations effectuées pendant les dix dernières anrÉes, soit de 1865 à 1874.