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LE BHÔNE ET LE CANAL LATÉRAL

La cherté des frais de transport , justement attribuée au monopole des chemins de fer, est une des causes principales , qui s'opposent au développement commercial du port de Marseille. Or, pour obtenir une diminution sensible de ces frais , il faudrait contraindre la Compagnie de Paris à la Méditerranée à abaisser ses tarifs , en lui suscitant une concurrence sérieuse , soit par la création d'une Compagnie rivale , soit par l'amélioration des voies navigables, qui existent déjà dans l'intérieur de la France , et qu'il conviendrait d'amener jusqu'au port de la Joliette , de manière à mettre, en quelque sorte, notre place en relation directe avec les ports de l'Océan (1).

Tel est le problème qui préoccupe les défenseurs de nos intérêts commerciaux , et pour la solution duquel divers projets ont été proposés.

Deux opinions bien distinctes se sont trouvées en présence , et ont été longuement et savamment discutées de part et d'autre. Les uns voulaient améliorer la navigation du Rhône (2) et créer un grand établissement commercial à Port de Bouc ; les autres proposaient de construire un canal latéral au Rhône , reliant directement la ville de Marseille au Havre (3).

Le Gouvernement s'est prononcé en faveur du premier projet, qui consiste à améliorer le cours du Rhône (4) ; mais il a décidé , sur les instances de la Chambre de

(1) c n n*e8t plus contesté que la seule concurrence eflScace li opposer au monopole des chemins de fer, est ceUe des voies navigables ou maritimes, et c'est aujourd'hui un fait acquis, universellement reconnu, que si les voyageurs cherchent la vitesse, les marchandises recherchent l'économie.» Lettre adressée à M, le Ministre du commerce par M. Charles Goukelle, p. 13.

(2) < Les ingénieurs du Rhône, dit M. H. Peut, dans sa réAitation du projet de construction du Canal Krantz, ont la ^ conviction , basée du reste sur la pratique et l'effet des travaux en cours d'exécution , d'obtenir, avec 40 millions au maximun, un tirant constant d'eau de 1 m. 60 c. Ils aflarment, en outre, qu'une somme de 8 k 10 millions suflirait pour assurer, en moins de deux ans, un tirant d'eau constant, de 1 m. 20 c, amélioration considérable et décisive , surtout avec le nouveau matériel de navigation U faible mouillage, récemment étudié , et dont la construction doit suivre immédiatement le vote de la loi présentée aux chambres pour l'amélioration du Rhône Abaissement prochain des prix de

transport, de 3 centimes 1/2 la tonne kilométrique k 2 1/2 et môme à 2 centimes, au moyen des nouveaux types de bateaux projetés et complètement étudiés, bateaux k forts tonnages et k faible tirant d'eau. »

(8) c faut, de toute nécessité, disait M. Krantz, avoir recours k un canal latéral, si coûteux et si difficile établis- \

sèment qu*U puisse paraître , ou renoncer k avoir, dans la vallée du Rhône , une voie navigable qui réponde aux besoins l

du pays. La commission d'enquête sur les chemins de fer et les moyens de transports, a admis l'absolue nécessité d'un

canal latéral La commission pense également qu'il est absolument nécessaire de relier Marseille au canal d'Arles k 'î

Bouc , et par lui aux autres lignes du reste de la France. — Sous toutes réserves, la commission a inséré le montant présumé de ce canaU parmi les dépentes urgentes. • (Rapport fait à l'Assemblée nationale, dans sa séance du 13 juin } 1874, par M. Krantz.)

(4) Loi du 18 mars 1878. \

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