SOMMAIRE
Introduction
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Chapitre Premier. — Situation actuelle. — Importance du commerce de Marseille. — Agrandissement de la Ville. — Population. — Travaux publics. — Les nouveaux Ports. — Les Docks. — Le Chemin de fer. — La Télégraphie électrique 7
Chapitre IL — Mouvement général de la navigation. — Commerce extérieur et cabotage. — Équipages. — Pavillons français et étrangers. — Navires à voiles et à vapeur. — Colonies. — Algérie. — Pèche à la morue. — Grand et petit cabotages. — Navigation et mouvement des marchandises. — Effectif de la marine marchande à voiles. — Navigation à vapeur. — Classement, d'après leur tonnage, des navires à voiles et à vapeur. — Classement, d'après la force de leurs chevaux , des bateaux à vapeur 25
Chapitre III. — Mouvement commercial du port de Marseille. — Commerce général. — Commerce spécial. — Comptes relatifs au mouvement des marchandises. — Etat actuel des principales branches du commerce et de l'industrie. —.^Relations commerciales du port de Marseille avec les colonies françaises et les puissances étrangères. — Transit. — Entrepôts 111
Chapitre IV. — Résultats obtenus. — Améliorations proposées. — Progrès réalisés sous l'influence de la liberté commerciale. — Création de nouvelles voies ferrées. — Réduction des tarifs 201
Appendice. — Port de Marseille. — Budget municipal. — Travaux publics. — Monographies des principales branches du commerce et de l'industrie de Marseille. — Statistique. — Documents divers. — Navigation intérieure (le Rhône et le Canal latéral) 211
Table des matières 369
INTRODUCTION
Dans un rapport ptiblié en 1855^ M. Clapier, ancien député, a défini, en ces termes, le but éminemment utile que s'est proposé M. le baron Félix de Beaujour, en instituant le prix quinquennal qui porte son nom :
« Il existe, dans le commerce, une pratique que la prudence a introduite , dont la loi fait une obligation , que tout commerçant soigneux observe religieusement, c'est de dresser annuellement l'inventaire de sa situation; ce n'est pas seulement un règlement indispensable à toute bonne organisation commerciale , c'est un utile retour vers le passé , une appréciation exacte des progrès ou de la décadence de l'entreprise dirigée. Le livre d'inventaire est le conseiller le plus sûr, l'ami le plus véridique, l'indicateur le plus intelligent qu'un négociant puisse consulter.
« Une grande ville de commerce doit aussi, de temps à autre, faire son inventaire. — Le tableau des faits accomplis, reproduisant, avec une inexorable véracité, les alternatives de malaise ou de prospérité qui se sont manifestées dans les diverses sources de la richesse publique^ conduit à rechercher les causes de ces variations, à porter remède aux industries en souffrance, à développer les industries fécondes, à chercher les moyens de lutter contre les nations rivales, et préparer les succès de l'avenir, par une appréciation exacte du passé.
« Depuis quelques années, toutes les nations commerçantes, appréciant les avantages de semblable^ recherches, publient annuellement un tableau de leur commerce et de leur navigation.
INTRODUCTION
<c Ces renseignements, puisés aux sources administratives, sont d'un haut intérêt pour la science, qui peut se contenter de résultats généraux, de faits groupés par grandes masses, et d'appréciations faites, pour ainsi dire, à vol d'oiseau.
« Mais leur utilité pratique n'est complète qu'autant que chaque ville, chaque industrie, dégage de ces grands résumés d'ensemble les résultats spéciaux qui l'intéressent, pour se rendre un compte exact de la part qu'elle prend au mouvement général , et y puiser les enseignements propres à éclairer sa marche.
a Ce travail n'est pas sans difficultés d'exécution ; il exige des soins attentifs, de laborieuses recherches, une certaine habitude de décomposer et de classer les faits généraux. Il ne peut être bien fait, qu'en comparant sans cesse les renseignements administratifs à ceux que fournit la pratique des affaires ; en les contrôlant et les complétant les uns par les autres (*). »
Ces observations expliquent et complètent, de la manière la plus heureuse, le programme inséré dans l'acte de fondation du prix Beaujour (*). Je m'en suis inspiré et j'ai essayé de m'y conformer, dans la rédaction du Mémoire sur le Commerce de Marseille , que je soumets aujourd'hui au concours.
Il m'a paru, en effet, que pour remplir exactement les conditions de ce programme, il fallait :
(4) Prix fondé par M. le baron Félix de Beaujour. Rapport fait par Af, A. Clapier, au nom du jury d'examen, sur le concours de l'année Î855. — Marseille, 4857.
(2) Cet acte, qui porte la date du 20 janvier 4831, est ainsi conçu : < M. le baron Félix de Beaujour a déclaré vouloir fonder, en faveur de la ville et du commerce de Marseille^ un prix quinquennal, qui sera décerné à Fauteur du meilleur ouvrage sur le commerce de Marseille. Cet ouvrage pourra paraître sous tel titro que Fauteur voudra lui donner, sous celui do Tableau^ d'Essai, ou même simplement de Mémoire sur le Commerce de MarsHlle ; il devra renfermer le Tableau sommaire de la navigation et du tonnage du port de Marseille, ainsi que celui des importations et des exportations faites pendant les cinq années précédentes, et indiquer les moyens les plus propres à accroître les unes et les autres, ou à écarter les obstacles qui s*opposcraient à cet accroissement , le tout sous le rapport combiné de l'intérôt du commerce de Marseille en particulier et de celui de la France en général. »
(Acte reçu par M* Gabriol-Roch Barthélémy, notaire.)
INTRODUCTION
1** Établir la situation, ou pour me servir de l'expression de M. Clapier, l'inventaire du commerce de Marseille, à l'heure actuelle, en faisant con-^ naître les progrès réalisés depuis vingt ans, c'est-à-dire depuis la publication des renseignements fournis par le dernier concours ;
2* Résumer, dans des monographies, l'histoire de chaque branche du commerce et de l'industrie de notre ville, en rappelant les causes qui en ont retardé ou favorisé le développement ;
3** Signaler les souffrances ou les besoins du commerce ; proposer les mesures les plus efficaces pour y porter remède , et signaler les améliorations qui paraîtraient de nature à donner une impulsion plus vive aux transactions commerciales.
Ma tâche a été singulièrement facilitée par la publication d'un recueil précieux, qui a commencé à paraître en 1862, sous ce titre : Compte^ rendu de la situation commerciale et indVfStrielle de la circonscription de Marseille.
Ce document annuel, r^nblié par la Chambre de commerce, avec le concours des représentants les plus autorisés de toutes les branches du commerce et de l'industrie de notre ville, n'est pas autre chose que cet Inventaire du Commerce de Marseille, dont M. Clapier a si bien démontré l'utilité dans le rapport que je viens d'analyser.
J'ai puis^ dans ce recueil et dans le Tableau du Commerce de la France^ publié par l'Administration dos Douanes, les principaux éléments de mon travail. Je ne pouvais avoir de meilleurs guides.
J'ai eu recours aussi, et bien souvent, aux lumières des commerçants les plus expérimentés; aux communications obligeantes et empressées de toutes les administrations locales, et notamment du bureau de statistique de la Chambre de commerce, où une main intelligente, a su réunir les plus précieux documents, intéressant notre commerce et nos industries.
J'ai consulté avec fruit les nombreuses et utiles publications de la Société pour le développement et la défense du commerce et de Vindustrie de Marseille.
Enfin, j'ai épuisé tous les moyens d'investigations et d'étude que nous
INTRODUCTION
fournissent les bibliothèques publiques, les dépôts des archives, les annales du commerce extérieur et les statistiques des nations maritimes.
Je dois expliquer ici les motifs qui m'ont dcteraiiné à comprendre, dans cette étude sur le commerce de Marseille, une période de x>ingt ans^ tandis que le programme du concours semblait vouloir limiter ce travail à une période quinquennale.
L'acte de fondation du prix Félix Beaujour n'exige, en effet, que le tableau des exportations et des importations faites « pendant les cinq années précédentes. »
Il ne pouvait en ùtre autrement, puisqu'il s'agissait d'un prix quinquennal, renouvelé tous les cinq ans; mais le concours n'ayant pas eu lieu depuis vingt ans, et là somme allouée ayant été doublée en raison de cette circonstance, j'ai pensé qu'il convenait d'étendre ce travail de statistique, à toute la période comprise entre la date du dernier concours (1855) et l'année 1875, en m arrêtant au 31 décembre 1874, pour former exactement les quatre périodes quinquennales.
C'était quadrupler l'importance de l'œuvre , déjà si ardue et si compliquée, imposée aux concurrents; mais, comment se soustraire à l'intention évidente du fondateur, qui, bien certainement^ n'a pas voulu laisser de lacune dans l'histoire du commerce de Marseille ?
Telle a été , dans tous les cas , la pensée de la Commission municipale , quand elle a pris, conformément s^u rapport de M. Urbain F'abre, sa délibération du 15 juin 1874, qui ouvre le concoure actuel .
Le rapporteur s'exprimait ainsi : « Je partage donc, Messieurs, l'opinion de mes honorables prédécesseurs , et je dis avec eux que le programme de M. de Beaujour ne peut donner matière, tous les cinq ans, à un bon ouvrage. Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui : les tableaux de MM. Bousquet et Sapet s'arrêtent en 1854 ; vingt ans se sont écoulés depuis ; vingt ans, pendant lesquels le génie humain, la science et la réunion des capitaux ont fait faire au commerce un pas immense. »
Je me suis inspiré de cette pensée, en faisant remonter au l^*" janvier 1855 la statistique commerciale et industrielle qui fait l'objet principal de mon
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travail. Il n'y aura plus, des lors, aucune interruption dans les annales de notre commerce. Il eût été regrettable, en effet, de laisser dans loubli la période comprise entre les années 1855 et 1870; période pendant laquelle la ville de Marseille a pris un développement exceptionnel, sous T influencer du prolongement de la ligne ferrée jusqu'à Paris (*), de Tagrandissement des ports, de la construction des Docks , du percement de l'isthme de Suez et de l'établissement du câble électrique , qui l'a mise en communication directe avec toutes les parties du monde.
(1) Le chemin de fer s'arrôlail ù Avignon; il n'a été prolongé jusqu'çi Paris que vers la fin do 1854