‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtansChapitre 150 sur 186 · I. — INTRODUCTION DE l'uSAOE DU CAFÉ · texte numérisé non relu

I. — INTRODUCTION DE l'uSAOE DU CAFÉ

Le premier breuvage qu'on imagina de préparer avec les grains du caféier, fiit une décoction des fèves et de la pulpe, bouillies ensemble, ou une décoction de la pulpe seulement : c'est ainsi qu'en usent encore les habitants de plusieurs provinces de l'Arabie. Ce n'est que plus tard» qu'on prépara, avec les graines rôties et pulvérisées, la boisson que nous connaissons sous le nom de café.

Vers la fin du xvme siècle ou le commencement du xvimt (entre les années 900 et 910 de l'hégire) , le café fut apporté par quelques derviches de l'Arabie au Caire, où ses qualité^ furent appréciées et son usage propagé avec un tel enthousiasme qu'il devint, dès cette époque, un objet de commerce assez important.

Du Caire, la coutume de boire du café s'introduisit en Syrie, dans l'Asie-Mineure et de là à Constantinople, où il prit des développements excessifs. (1546 ou 1584).

Du Levant, cette boisson se répandit bientôt en Europe. Un médecin allemand, Léonard Rouwolf, qui se trouvait à Constantinople , à la fin du xvime siècle, fut le premier européen qui remarqua le café et le fit connaître dans sa patrie. Peu après, un célèbre médecin et botaniste de Padoue , Prosper Alpin, qui résidait au Caire, vit cet arbrisseau dans le jardin d'Ali-Bey et en donna la description dans son ouvrage sur les plantes de l'Egypte, publié en 1591. Pietro délia Valle , qui voyageait en 1615, le fit connaître à l'Italie, où il le présenta comme le Nepenthès d'Homère.

L'introduction du café en France est due à un négociant de Marseille. « En 1644, « lisons-nous dans une notice publiée par la Revue Orientaley un Marseillais, nommé « Laroque, Introduisit le café en France ; mais, avant d'en répandre le goût dans son

« pays, il en fit longtemps ses délices, avec un certain nombre de personnes qui

« avaient, comme lui, conservé les coutumes de l'Orient. Le premier établissement « public appelé Café^ fut créé à Marseille en 1664 (1), et dès lors, son usage devint « si fréquent dans cette ville que les médecins s'en alarmèrent ; (2) mais, les cafés « n'en furent pas moins firéquentés.

« Le premier Café, à Paris, fut ouvert, sur le quai de l'École, en 1672, par un

(1) Ce café était situé près de la Lofre (Hdtel-de-Ville). Statistique des Bouches-du-Rhône, Tome IV, page 615.

(i) Daos UD ouvrage de Pittoo, médecin d*Aix. i»ur les eaux thermales de cette ville, et imprimé en 1678, on troave une dissertation sur la question de savoir, si les eaux d*Aix sont propres à faire du café. L'auteur conclut que U drogue nouvellement introduite en France et appelée Café ou Cahoué, ne peut qu'être nuisible aux hommes, et surtout ^ ceux qui ont un tempérament nerveux ou sanguin.

« Annénien. Peu de temps après, un sicilien^ nommé Procope^ lui succéda, et rêussit « à y attirer la meilleure compagnie. » (1)

Le café n'était cultivé, à cette époque, qu'en Arabie et l'Ile Bourboui II était importé par les navires de la Compagnie des Indes Orientales et par ceux de MarseiUe, qui allaient l'acheter en Egype, où il était apporté par les caravanes de Moka au Caire.

En 1692, Louis XIV, voulant imposer cette nouvelle consommation, vendit à François Damasse le privilège exclusif de la vente du café dans tout le royaume. Il ne fut permis de l'introduire en France que par Marseille et Rouen.

n. — COMMERCE DU CAFÉ

Le café ne fut cultivé aux Antilles, à la Martinique, à Saint-Domingue, à la Guadeloupe et à Cayenne que vers 1720 ; mais, dès 1732, ces colonies furent en mesure de nous en fournir de grandes quantités. Un arrêt du Conseil d'État, du 27 septembre de cette année, régla , en effet , les conditions de l'importation des cafés et désigna les ports par où elle devait se faire ; c'étaient Marseille, Bordeaux, Bayonne, La Rochelle, Nantes, le Havre, Dunkerque et Saint-Malô.

Le 29 mai 1736, intervint un autre arrêt du Conseil d'État qui, tout en déclarant libre et franche de tous droits l'entrée à Marseille des cafés , soit du Levant , soit de l'Amérique , en prohiba l'introduction dans le royaume. Le transit seul était permis.

Sur les réclamations du commerce, cette interdiction fut levée l'année suivante, mais sous la condition de faire passer les cafés à l'entrepôt, où ils subissaient une vérification , avant de les livrer à la consommation.

En 1775 , l'importation du café de nos Colonies s'élevait , pour le port de Marseille , à 2,682,978 livres, réparties ainsi qu'il suit :

Martinique , 1,189,285 livres.

Ile Bourbon 1,032,491 id.

Guadeloupe 454,734 id.

Cayenne 6,468 id.

Total égal 2,682,978 livres.

A cette époque , la valeur totale des importations du café en Europe était estimée à 100 millions de livres. Aujourd'hui , la France seule en importe pour 147 millions defirancs.

(1} Notice 8ur la culture et le commeree du café Mok<i. (Extrait de la Revue Orientale)» Paris 185a,

Imp. Tlmnot

En ce qui concerne spécialement le port de Marseille , les importations de café ont augmenté , depuis vingt ans , dans une assez large proportion. Elles se sont élevées de 13 millions de tonnes (valeurs réelles 19 millions de francs) en 1855, à 20 millions de tonnes (46 millions de francs) en 1874.

Mais, cette augmentation de 7 millions de tonnes ( 51 0/0 ) qui s'était produite dès 1860, ne s'est pas toujours maintenue, et ce n'est qu'après une diminution persistante que le chiffre de 20 millions de tonnes a été atteint de nouveau en 1873 et 1874.

Voici , d'après les indications fournies par la Chambre de Commerce , quelles ont été les causes de la diminution survenue en 1861 , après une rapide' augmentation.

Les Italiens ont déployé une grande activité pour attirer à eux les importations directes des cafés , et les Anglais exploitant avec fruit ces dispositions, ont trouvé en Italie beaucoup d'acheteurs pour leurs cargaisons flottantes.

Lé Levant a fait de même pour les cafés du Brésil et , de ce côté , Marseille a perdu en grande partie les principaux débouchés de Constantinople , Smyme et Syra.

Le débouché de la Suisse diminue de jour en jour, à cause des frais de transport qui sont plus élevés à Marseille que dans les autres marchés de France.

Il est peu d'articles qui aient plus souffert des tarifs de chemin de fer que les cafés. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple: de Marseille à Bâle, cette denrée paie par tonne près de 10 fr. de plus, qu'elle ne paie du Havre à la même destination.

La Chambre de Commerce insiste , en conséquence , afin que le gouvernement use de son influence pour obtenir de l'Administration du chemin de fer qu'elle fasse de son plein gré , ce que la concurrence des moyens de transport procure au commerce sur d'autres marchés. Elle demande , en outre , que le port de Marseille reçoive au plus tôt la part qui lui revient dans le service maritime du Brésil.

Les arrivages de café, en 1862, ont été un peu au-dessous de ceux de 1861 et bien inférieurs à ceux de 1860.

La Chambre de Commerce soumet , à cette occasion , les observations suivantes au Ministre :

Le rayon de nos débouchés s'est considérablement restreint, et Marseille est devenue tributaire de Barcelone , de Bordeaux , du Havre et de Londres.

La marchandise prise dans les entrepôts de ces villes, a été naturellement grevée d'un surcroît de frais et l'écoulement en a été d'autant plus difficile que, sur plusieurs points, le commerce marseillais a rencontré la concurrence des marchés mêmes sur lesquels il s'était approvisionné.

La concurrence de Londres et de la Hollande , provoquée par rabaissement de droits consenti en faveur des provenances des entrepôts d'Europe , a commencé à se faire sentir sérieusement sur notre place.

Le commerce de Marseille voit donc avec regret lui échapper le débouché considérable qu'il trouvait dans l'intérieur de la France, et notamment à Paris, surtout pour les cafés Moka , qu'il lui fournissait presque exclusivement. Aujourd'hui , c'est de l'Angleterre que s'expédient à Paris par le Havre, et dans l'intérieur par Bordeaux, de grandes quantités de ces sortes de cafés.

n serait , cependant , facile de rendre à la place de Marseille une grande partie de cet important débouché. Il faudrait pour cela , — puisque l'Egypte est très-souvent le lieu d'embarquement des cafés Moka , — admettre ceux de ces cafés qui en proviendraient, non plus comme arrivant des entrepôts, mais comme provenant des lieux de production, et de les affranchir ainsi d'une différence de droit dont l'énormité est patente- (5 fr. par 100 kilogr.).

L'importation des cafés, de diverses provenances, présente un total de 13,200 tonnes, et accuse une diminution de 7,689 tonnes, comparée à 1860.

En 1860, le port de Marseille avait participé pour les 14/24 à ^importation générale des cafés du Brésil dans les divers ports de la France; en 1863 , il n'y figure plus que pour 7/24.

Une diminution moins forte et cependant très -sensible s'est produite dans l'ensemble des importations. Tous les ports réunis , qui avaient reçu du Brésil 30,000 tonnes en 1861 , n'en ont plus reçu que 24,000 en 1863.

Ce que la France a perdu a été gagné par le commerce étranger. Londres et Hambourg ont vendu leurs cargaisons flottantes pour Gènes, Trieste, Syra, Smyme ou C!onstantinople.

Parmi les moyens qui peuvent améliorer cette situation , la Chambre de Commerce n'en connaît pas, dont les conséquences puissent exercer sur le commerce et l'industrie de Marseille j comme sur l'écoulement des produits agricoles du Midi , des effets plus salutaires, que la création du service transatlantique du Brésil, service qu'une loi a concédé à la ville de Marseille , mais dont le gouvernement s'est vu obligé d'ajourner la mise en activité.

Les importations de cette année présentent une augmentation de 1,700 tonnes sur celles de 1863.

Les importations de Maracaîbo et de la Guayra se sont maintenues dans la moyenne des dernières années; ce qui fait espérer que le marché de Marseille pourra conserver quelque importance pour cette sorte de café.

Par contre , les arrivages d'Haïti ont sensiblement diminué et sont descendus aux chiffres de 1861 et 1862. L'Italie, qui est le seul pays étranger de la Méditerranée où se consomme cette sorte de café , a été en grande partie approvisionnée par les cargaisons flottantes.

Les importations de Santiago de Cuba, qui diminuaient chaque année, ont fini par cesser tout à fait.

Les cafés de Porto-Ricco, très appréciés tant par les consommateurs de l'intérieur que par ceux de l'Italie, nous sont venus directement en grande partie. L'Espagne ne nous en a livré qu'une faible quantité. Toutefois , pour les qualités vertes vraiment . supérieures de Santiago et de Ceylan-Plantation , le commerce de Marseille a dû recourir aux marchés de Bordeaux et de Londres.

Marseille a reçu par l'Egypte des quantités considérables de café Moka, mais il ne lui est rien venu des excellentes qualités d'Aden qui prennent ordinairement la voie de Zanzibar, et dont notre ville avait cru , un moment , posséder le monopole.

Rien ou presque rien n'est venu des Indes Orientales.

Quant aux cafés du Brésil, l'importation de 1864 a dépassé de 3,754 tonnes celle de 1863. Cette augmentation a suffi pour combler le déficit résultant de la diminution des arrivages des autres provenances et pour élever l'ensemble de nos importations de cafés à un chiffre , déjà signalé, excédant de 1,700 tonnes celui de 1863.

Marseille a le plus grand intérêt à voir grandir ses relations commerciales avec le Brésil. Le café est , comme le sucre , la monnaie avec laquelle on paie presque exclusivement, dans le Brésil, les produits de notre sol ou de notre industrie nationale, et cette même monnaie nous sert une seconde fois pour payer, dans le Levant où les sucres sont exportés, les riches cargaisons de soies, de cotons, laines, huiles et blés que nous en recevons. »

La Chambre de Commerce insiste de nouveau, pour obtenir la création du service transatlantique du Brésil qui lui a été promis, a Si ce service a été jugé utile en 1857, a ajoute-t-elle, on peut dire hardiment qu'il est aujourd'hui d'une nécessité absolue, « car il peut seul rendre l'activité aux relations du port de Marseille avec la Plata , a qui sont, depuis quelques années, languissantes, et donner un plus grand essor « au développement de ses affaires avec le Brésil. Ce service transatlantique ferait» « en outre , de Marseille , la grande station du commerce de la Méditerranée et de « ses nombreux émigrants vers les vastes contrées de l'Amérique du Sud. »

La Chambre de Commerce constate avec plaisir une augmentation de 2,000 tonnes dans Timportation des cafés. Cette augmentation lui paraît d'autant plus remarquable, que divers motifs lui avaient fait présager, Tannée précédente, un ralentissement considérable dans les transactions de café.

En effet, l'impulsion donnée aux expéditions dans le Levant et les ports de l'Italie, la cessation de la guerre des Etats-Unis , — qui permettait à cette puissance de reprendre son ancienne activité commerciale et de demander au Brésil des quantités de cafés, qui semblaient devoir amener une diminution dans les envois pour l'Europe, et surtout pour la Méditerranée ; — enfin, le retard apporté dans l'organisation du service transatlantique destiné à mettre notre place en communication directe avec le Brésil, étaient bien de nature à justifier sur ce point les appréhensions générales.

<c La position favorable de notre marché, ajoute la Chambre de Commerce, l'énergie « et l'esprit d'initiative de nos commerçants, ont heureusement conjuré le danger qui « semblait nous menacer, et, chose digne de remarque, nos arrivages du Brésil ne « sont pas restés au-dessous de ceux de l'année 1864. »

Les espérances qu'avait fait naître la marche ascendante de l'importation des cafés, pendant les deux dernières années, ne se sont pas réalises en 1866.

La principale cause de la diminution qui se produit de nouveau dans le chiffre de cette importation est, sans contredit, la tendance chaque jour plus marquée des consommateurs à se mettre en relations directes avec les pays producteurs, et à se passer ainsi d'intermédiaires.

Les cafés du Brésil, par exemple, dont le marché de Marseille approvisionnait ritalîe et le Levant, sont aujourd'hui directement adressés à ces deux pays consommateurs, qui ont môme créé pour faciliter les importations directes, 'des comptoirs à Rio-Santo, et cet exemple suivi de proche en proche , fait peu à peu déserter notre marché qui était encore, pour cet article, il y a quelques années, l'entrepôt général de la Méditerranée.

D'autre part, les relations directes et régulières établies par les services transatlantiques entre le Brésil et les ports du Havre, de Bordeaux et la ville de Londres, expliquent les nombreux approvisionnements de cafés qu'on trouve sur ces divers marchés, où la concurrence, amenée par l'abondance des produits , facilite les achats à des conditions favorables aux consommateurs et donne lieu aux cargaisons flottantes qui sont dirigées des marchés anglais et d'Allemagne dans la Méditerranée , et viennent offrir aux acheteurs presque autant d'avantages que les importations directes.

(c Tout porte à croire, cependant, lisons-nous dans le compte-rendu de la situation

TT

« commerciale publié par la Chambre, que, lorsque notre place sera reliée au Brésil « par des services réguliers et plus nombreux, nous verrons notre marché reprendre « son ancienne importance ».

Enfin , un service régulier de bateaux à vapeur sur le Brésil et la Plata , vient d'être créé, et le mouvement commercial de cette année s'est accru dans une large proportion. L'importation des cafés du Brésil a atteint le chiffre de 15,549 tonnes, soit le double de celui de l'année précédente.

D'un autre côté , les efforts tentés par le Commerce marseillais pour attirer à lui des demandes plus nombreuses , soit du Levant , soit de toutes les autres contrées méditerranéennes, ont amené un mouvement d'exportation en rapport avec les arrivages.

L'importation des cafés a un peu diminué , mais elle est restée au-dessus du chiffre des importations de 1866. Les relations avec le Brésil sont encore très-actives.

Les arrivages de café Moka, par la voie de Zanzibar, ont été nuls en 1868, mais les importations de ces mêmes qualités de café, par la voie de l'Egypte, continuent à être très-suivies; ce qui fait supposer que les cafés de Moka n'emprunteront plus désormais d'autre voie que celle de l'Isthme de Suez.

La moyenne du prix des cafés, en 1868, s'établit de la manière suivante :

Moka (par l'Egypte) F. 100 à 115 » les 50 kilogrammes.

Porto-Ricco » 90 à 95 » id.

Maracaïbo » 60 à 65 » id.

Guayra (gragé) » 75 à 80 » id.

Id. (non gragé) » 65 à 67 50 id.

Haïti » 50 à 58 » id.

Ceylan (par Londres). , • . . » 90 à 100 » id.

Martinique ( Guadeloupe ) . . . » 130 à 135 » id.

Le chiffre des importations s'est élevé à 18,688 tonnes, c'est-à-dire 2,800 tonnes de plus qu'en 1868.

Les relations de Marseille avec le Brésil continuent à s'accroître et les arrivages de cafés de cette provenance se développent de plus en plus; ils ont représenté , en 1869, plus des trois quarts de l'importation générale.

APPENDICE — CAFKK 5^65.

Le chiffre des importations est descendu à 15,427 tonnes. C'est une forte diminution sur 1869; mais, si on compare ce chiffre avec celui de 1866 (12,300 tonnes), on constate encore une augmentation de 3,000 tonnes.

La Chambre de Commerce signale, avec satisfaction, l'augmentation toujoui« croisss^nte de l'importation des cafés des Indes anglaises d'où le marché de Marseille n'en recevait presque pas , il y a quelques années.

Ainsi , de 24 tonnes en 1866 , l'importation des cafés de cette provenance s'est élevée à 1,045 tonnes en 1870.

Le commerce des cafés a présenté un intérêt exceptionnel pendant l'année 1871. Les qualités du Brésil, qui forment l'aliment principal de notre marché, ont éprouvé une hausse de 40 0/0 environ. Les prix qui étaient à 66 fr. au mois de mars, s'élevaient à 88 fr. 94 c. en décembre.

La position des cafés dits de bon goût , a suivi le mouvement général ; mais la hausse est moins considérable que sur les Rio. Les qualités de Moka, seules , par une exception singulière , sont restées à peu près aux mêmes prix.

La moyenne des prix des cafés bun goût , pendant l'année 1871 , s'établit de la manière suivante :

Moka-Aden F. 121 à 122

Moka-Alexandrie » 108 à 109

Porto-Rico » 85 à 86

Maracaïbo » 77 à 78

Haïti » 77 à 78

. Indes anglaises » 82 à 83

La hausse des cafés en 1872 n'a pas été tout à fait le résultat de la spéculation ; elle a été plutôt la conséquence des petites récoltes dans le Brésil et les autres pays de production , et des besoins toujours croissants de la consommation, tant en Europe qu'aux États-Unis.

Dans ce dernier pays surtout, le débouché augmente chaque année, et la réduction des droits mise en vigueur à partir du 1»' juillet 1872 ne peut que lui donner une importance plus grande. Aujourd'hui, la place de New-York tend à devenir le plus grand marché régulateur des cafés. La campagne nouvelle s'ouvre donc avec de hauts prix et sans grande probabilité de les voir fléchir bientôt.

Les importations directes des cafés bon goût ne s'élèvent qu'à 3,000 tonnes environ , et il est regrettable que , depuis l'ouverture du Canal de Suez , nos relations avec les Indes n'aient pas pris plus d'extension. Cela est dû principalement à l'insuffisance des transports. L'année dernière, plusieurs parties de cafés achetées pour Marseille, ont dû recevoir une autre destination, les expéditeurs ne trouvant pas de bateaux à vapeur sous charge pour notre port.

Le mouvement des cafés pendant l'année 1873 a dépassé toutes les prévisions ; la cause, en première ligne, est dans l'accroissement général de la consommation, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis.

Les importations de café bon goût ont considérablement augmenté pendant cette année. Elles s'élèvent à 7,500 tonnes contre 3,000 tonnes en 1872.

Cette augmentation porte principalement sur les provenances de l'Inde, dont l'importation s'est élevée de 733 tonnes à 1,878.

La Chambre de Commerce fait remarquer que l'insuffisance des transports par vapeur avec les Indes , d'un côté , et les tarifs élevés des chemins de fer, de l'autre , mettent obstacle à un plus grand développement de notre commerce avec ce pays producteur.

La Chambre de Commerce, en signalant une nouvelle augmentation dans les arrivages de cafés des Indes, qui se sont élevés de 2,000 tonnes à 4,417 tonnes, constate avec regret l'insuffisance des moyens de transport.

« Nous n'avons , dit-elle , sur la ligne des Indes qu'une seule compagnie française, « celle des Messageries , et les moyens mis par elle au service du commerce ont « été plus qu'insuffisants. Des marchandises achetées en destination de notre place « et chargées sur les vapeurs des Messageries, ont dû subir des séjours beaucoup « trop prolongés dans les lieux de transbordement, et il en est résulté des pertes « très-sérieuses. Ce fâcheux état de choses a mis souvent nos importateurs dans « la nécessité de recourir à l'affrètement direct de bateaux étrangers et aux lignes « régulières des compagnies italiennes. Les Messageries ont reconnu , par l'organe « de leurs administrateurs, l'avantage qu'il y aurait à organiser sur de nouvelles « bases leurs services sur les Indes, et il faut espérer qu'à l'avenir, elles pourront « satisfaire , dans une plus large mesure , aux besoins de notre commerce. »

Il s'est produit , dans le courant de cette année , un fait qui est constaté avec satisfaction par la Chambre de Commerce; c'est l'établissement d'une ligne télégra-

APPENDICE — CAFKS

phique entre TEurope et le Brésil. Cette rapidité de communication permet actuellement au commerce de Marseille , après avoir télégraphié sa demande , de recevoir des marchandises du Brésil en trente jours, alors que deux mois suflîsaient à peine pour la môme opération.

L'analyse des rapports de la Chambre de Commerce, que nous venons de placer sous les yeux du lecteur, lui a fait connaître les différentes phases du commerce des cafés à Marseille, depuis une quinzaine d'années. Nous complétons ces utiles renseignements, en résumant dans un tableau, ci-annexé, le mouvement des importations de cette denrée exotique, avec l'indication des pays de provenance, depuis 1855 jusqu'au 31 décembre 1874.

PROVENANCES

Moka (Zanzibar)

id. (Ejfyplc)

Cuba et Porto-Rico*

Sa".'" I Ven«ueU

HaïU

Brésil

Indes anglaises et boUandaises — Réunion, Guadelouqc et Martinique Diverses provenances

Totaux

tonnes

SI

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

CAFÉS — IMPORTATIONS (SUitc)

PROVENANCES

Moka (Zanzibar)

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes 1

id. (EcvDte)

Cuba et Porto-Rico

70sl

Maracaibo \ veoezucla

Gaayra.... t '«^«"^^«w*

Haïti

Brésil

lo.oiol

Indes anglaises et boUandaises

Réunion, Guadeloupe et Martinique.

Diverses orovenances

Totaux

CACAOS

Les importations des Cacaos à Marseille n'ont pas cessé de décroître depuis vingt ans.

Le tableau que nous transcrivons ci-après, fait connaître, en effet, que le chiffre de ces importations est descendu de 730 tonnes en 18&5 à 494 tonnes en 1865 et à 307 tonnes en 1874.

Paris et quelques grandes usines qui s'approvisionnent dans les ports de l'Océan, ont, en quelque sorte le monopole de la fabrication du chocolat ; ce qui réduit de jour en jour la part que prennent à la consommation des cacaos les fabriques des villes du Midi.

PROVENANCES

Brésil (Para et Bahia)

Haïti

Venezuela

Possessions anglaises ,

îd. françaises ,

Autres pays

Totaux.

tonnes

tonnes

tonnes

tonnes

APPENDICK — POIVRES

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