‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtansChapitre 154 sur 186 · TOURTEAUX DE GRAINES OLÉAGINEUSES · texte numérisé non relu

TOURTEAUX DE GRAINES OLÉAGINEUSES

On appelle Tourteau^ le marc ou résidu des graines oléagineuses, écrasées et soumises à l'action du pressoir afin d'extraire l'huile qu'elles contiennent. Il y a autant d'espèces de tourteaux, qu'il y a d'espèces de graines fournissant de l'huile au moyen du pressoir.

Tous les tourteaux peuvent servir, comme engrais, à l'amélioration du sol ; mais tous ne sont pas aptes à servir de nourriture aux animaux.

TJaurteau de colza. Ce tourteau est mince , assez friable ; sa couleur est chinénoir, rouge et jaune; son odeur rappelle un peu celle de l'huile de colza. — 100 kilogr. de graines produisent de 45 à 50 kilogr. de tourteau. On l'emploie comme engrais et on le donne aussi aux animaux afin de les pousser à la graisse.

Tourteau de lin. Presque tous les tourteaux de lin, qui se fabriquent en France, sont expédiés pour l'Angleterre et la Belgique, où on les emploie à l'alimentation du bétail. 100 kilogr. de bonne graine de lin donnent de 50 à 55 kilogr. de tourteau.

Le tourteau d'arachide , généralement employé comme engrais , est blanchâtre , parce qu'il contient une fécule blanche et fine. Ce tourteau est dur et pesant ; il contient , à l'état normal , 6 0/0 d'azote.

Le tourteau de sésame est employé comme engrais ; mais on s'en sert aussi pour nourrir les animaux domestiques. H contient de 6 à 11 0/0 d'azote. 100 kilogr. de graines fournissent de 50 à 60 kilogr. de tourteau.

Les tourteaux ont été connus, dans le commerce de Marseille, à l'époque où a commencé la trituration des graines oléagineuses. Dans l'origine , le manque d'emploi les rendait sans débouché possible , et par conséquent , sans valeur. Mais , au bout de quelque temps , les tourteaux ont été appréciés ; leur utilité a été reconnue et 'ils sont devenus un article important dans l'industrie de l'huilerie.

Les tourteaux de lin , généralement employés pour la nourriture des bestiaux , sont expédiés en Angleterre.

Les autres qualités : sésames , arachides , cotons , ravisons , copras et palmistes , sont employées comme engrais, par l'agriculture, dans le département des Bouchesdu-Rhône et dans toute la région du Midi.

Le commerce des tourteaux est soumis naturellement aux mêmes conditions que celui des graines oléagineuses. Lorsque les importations des graines sont en progrès, les huileries fonctionnent avec plus d'activité et produisent une plus grande quantité de tourteaux.

^0 HISTOmB DU COMM^OB DB MABffllLLB

Les prix ^ cependant, subissent d'autres influences, et il est intéressant d*en suivre le cours pendant quelques années.

La production totale des tourteaux s'est élevée, en 1861, à 672,677 quintaux métriques. Le tourteau de lin s'est vendu 19 à 19 fi*. 50 c. les 100 kilogr. Les sésames, de 14 i 15 Ir. ; les arachides et les ravisons, 13 /r., et les autres qualités à un prix inférîem*.

Productif totale : 684,966 quintaux métriques.

Sur 257,666 quintaux de tourteaux de sésame, 70,000 quintaux provenant de la trituration de graines qui ont produit 4^ l'huile mangeable , se sont vendus dans de meilleures conditions que les autres , parce qu'ils ont pu être employés & la noarriture des bestiaux ; les autres tourteaux de sésame , dits tourteaux noirs , ont été affectés aux engrais.

£n général , ces diverses qualités ont trouvé un écoulement facile. Les prix se sont maintenus comme en 1861.

Production : 640,500 quintaux.

Les tourteaux de lin ont trouvé un débouché assuré en Angleterre et, cependant, les prix ont baissé de 1 à 2 fr. par 100 kilogrammes.

La même baisse s'est fait sentir pour la vente des autres qualités.

On attribue cette dépréciation à une sorte de malaise qu'éprouve l'agriculture et prkieipalement celle de Vaucluse, dont les produits en garance se sont fort mal vendus.

Production : 725,000 quintaux métriques.

Les tourteaux de lin ont été vendus en Angleterre, pour la nourriture des bestiaux, de 16 à 18 fr. 50 c. les 100 kilogrammes.

Les tourteaux de sésame du Levant , employés pour la nourriture des bestiaux dans les Bouches-du-Bhône et les départements environnants , vendus 13 à 14 francs.

Les sésames de l'Inde et les autres qualités de tourteaux affectées aux engrais, ont vu encore baisser leurs prix.

Sésames de l'Inde F. 10 » à 13 »

Arachides 8 50 A 9 i^

APPBNDICB — TOUBTBAUX DB ORAINB8 OLixOINBUBBS 281

Ravisons et cotons F. 8 »à 9 »

Palmistes 4 »à 5 »

L'infériorité des prix est attribuée, comme Tannée précédente, à la continuation du malaise dont l'agriculture est frappée dans les départements du Midi.

Production : 849,000 quintaux métriques.

Les prix des tourteaux ont été, en général, inférieurs à ceux de 1864. Cette déprèdation a porté un grand préjudice à la fabrication. La Chambre de Commerce demande que les chemins de fer veuillent bien diminuer les prix de transport des tourteaux, pour permettre à l'industrie marseillaise d'étendre le rayon de ses débouchés. Cette mesure serait, ep même temps, très avantageuse pour l'agriculture qui pourrait se procurer des engrais à de meilleures conditions.

Production : 717,000 quintaux métriques.

Les importations de tourteaux, .à peu près nulles jusqu'en 186B et qui avaient été, cette année, de 12,000 quintaux, se sont élevées, en 1866, à 54,000 quintaux. L'Egypte a expédié 13,000 quintaux de tourteaux de coton; le Portugal, 39,000 quintaux de tourteaux de ricin, et l'Italie, 2,000 quintaux de diverses graines.

Le chiffre des exportations a été aussi beaucoup plus considérable que les années précédentes; il s'est élevé à 240,008 quintaux, dont 8,000 expédiés à la Guadeloupe, à la Martinique et le reste en Angleterre.

Sur la demande de la Chambre de Commerce, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée a réduit le prix des transports des tourteaux ; mais cet abaissement de tarif, par suite des conditions auxquelles il est soumis, n'a pu produire tous les avantages que l'industrie des huileries en espérait.

Le tarif différentiel établi par la Compagnie est beaucoup plus favorable aux usines de la Bourgogne qu'à celles de Marseille, en ce qui concerne les expéditions de tourteaux pour le département de Vaucluse, qui est le plus grand centre de consommation de cet article. Les usines de Bourgogne, d'après ce tarif différentiel, ont la facultt d'expédier leurs tourteaux aux prix les plus réduits, soit à 4 centimes par tonne et par kilomètre, tandis que la distance de 120 kilomèti*es seulement qui sépare Marseille du département de Vaucluse, ne nous permet pas de faire jouir nos expéditions de ce même avantage. Les fabricants demandent un tarif unique de 4 centimes par tonne et par kilomètre, pour le transport des tourteaux, quelle que soit la distance parcourue.

Productioq : 897,000 quintaux métriques.

Les importations ont diminué de la moitié, mais les exportations se sont élevées de 240,000 à 355,000 quintaux métriques.

Sur cette quantité, 349,500 quintaux métriques ont été expédiés en Angleterre, principalement en tourteaux de lin, d'arachide, de sésame et de coton.

Les cours des tourteaux, par suite de ce mouvement considérable d'exportation, se sont maintenus au-dessus des prix moyens.

Production : 1,060,000 quintaux métriques, soit une augmentation de 263,000 quintaux métriques sur l'année 1867.

Les exportations ont atteint le chiffre de 450,000 quintaux métriques, presque ai totalité à destination de l'Angleterre, dépassant ainsi de 100,000 quintaux métriques celles de 1867. ^

Les prix ont varié , pour les tourteaux de lin, de 17 fr. 50 à 22 fr., pour les sésames du Levant, de 12 fr. à 16 fr. 50 et pour les autres espèces de tourteaux, de 10 à 14 fr. etde4à7fr.50

Production : 1,029,000 quintaux métriques.

Les prix élevés pendant le premier semestre, par suite d'achats importants pour compte de l'Angleterre, ont faibli dès que la demande de ce pays s'est ralentie, et ils n'ont pas pu se. relever, malgré le débouché important qu'offre l'Agriculture dans les Bouches- du-Rhône et les départements voisins.

Production : 1,156,000 quintaux métriques.

n a été exporté 317,000 quintaux métriques, dont 297,000 pour l'Angleterre. L'agriculture dans les départements du Midi en a consommé plus de 800,000 quintaux.

Production : 1,116,000 quintaux métriques.

Le chiffre des exportations ne s'est élevé qu'à 280,000 quintaux répartis ainsi qu'il suit :

APPBNDICB — TOURTEAUX DE GRAINES OLEAGINEUSES 383

Angleterre 180,000 quintaux métriques.

Italie et Colonies 45,000 »

Intérieur et Nord de la France 55,000 »

Les départements en ont consommé . . 780,000 »

Stock 56,000 »

Total 1,116,000 quintaux métriques.

Production : 1,163,000 quintaux métriques.

Les exportations ont considérablement diminué, notamment en ce qui concerne l'Angleterre (140,000 quintaux métriques en 1872, au lieu de 400,000 en 1868).

La consommation dans les départements du Midi s'est élevée à 800,000 quintaux métriques.

Production : 1,229,000 quintaux métriques.

Il a été exporté 185,000 quintaux métriques de tourteaux en Angleterre, 80,000 en Italie ou en Espagne et 60,000 dans l'intérieur de France.

Le département des Bouches-du-Rhône et la région méridionale de la France en ont consonmié 842,000 quintaux métriques.

L'extension de l'emploi des tourteaux par l'agriculture dans la région du Midi, et surtout dans le Languedoc, pour la fumure des vignes , a exercé une influence favorable sur les prix, qui ont offert, pendant l'année, les variation suivantes :

Tourteaux de lin F. 19 » à 21 »

Id. de sésame du Levant 13 50 à 16 50

Id. de sésame de l'Inde 13 » à 16 »

Id. d'arachides en coques 9 25 à 13 »

Id. d'arachides décortiquées 14 » à 15 50

Id. de colza 13 » à 15 50

Id. de ravison 10 » à 13 »

Id. de coton d'Alexandrie non cotonneux. . . 9 25 à 11 »

Id. de coton d'Alexandrie cotonneux 6 25 à 8 50

Id. de copra 16 » à 18 »

Id. de palmiste 7 »à 9 »

Id. de Niger 11 » à 13 »

Id. de pavot. . .* 13 » à 14 50

HISTOIBB OU COMICEBCB DB MABSBItLB

Production : 1 ,277,000 quintaux métriques.

Les exportations de tourteaux pour l'Angleterre se sont relevées ; elles ont atteint le chiffre de 344,000 quintaux métriques.

n en a été exporté 400,000 quintaux métriques dans les Cîolonies et en Italie et 85,000 dans le Centre et le Nord de la France. La consommation de l'agriculture dans nos départements du Midi ne s'est élevée qu'à 678,000 quintaux métriques.

Il y a eu de grandes variations dans les cours que la spéculation a exagérés à certains moments de l'année. La surélévation des prix a eu cela de fâcheux qu'elle a détourné de l'emploi des tourteaux, certains agriculteurs des contrées méridionales et les a portés à faire l'essai des engrais chimiques.

Les tourteaux de lin ont été vendus jusqu'à 24 fr. 25 c; les sésames du Levant et de l'Inde ont atteint le prix de 19 fr. 50 c; les arachides 18 fr., et les palmistes euxmêmes ont été payés 1 1 francs.

Le tableau transcrit ci-après fait connaître les progrès successifs de la production des tourteaux depuis 1861 jusqu'au 31 décembre 1874.

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